Face à l’extension du trafic de stupéfiants sur l’ensemble du territoire, le gouvernement a dévoilé, vendredi 19 juin, une campagne nationale de sensibilisation baptisée « On paie tous le prix de la drogue ». Objectif : alerter sur les conséquences humaines, sanitaires et économiques du narcotrafic et mobiliser l’ensemble de la société.

Un phénomène qui s’étend à tous les territoires
Longtemps associé aux grandes agglomérations, le narcotrafic touche désormais l’ensemble du pays, des centres urbains aux communes rurales. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), six Français sur dix estiment qu’un trafic de stupéfiants existe à proximité de leur lieu de vie, et un tiers en sont convaincus.
L’ampleur du phénomène se traduit également par plusieurs chiffres marquants. Le marché de la drogue représenterait près de 6,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France. Environ 200 000 personnes seraient impliquées dans ces réseaux criminels, parmi lesquelles 10 000 mineurs recrutés comme guetteurs, revendeurs ou passeurs.
Les saisies de cocaïne témoignent de l’intensification du trafic : 42 tonnes ont été interceptées au cours du premier semestre 2025, contre 37,5 tonnes sur l’ensemble de l’année 2024. Par ailleurs, 367 assassinats et tentatives d’assassinat liés aux violences du narcotrafic ont été recensés en 2024.
Un coût humain et sanitaire considérable
Au-delà des réseaux criminels, les conséquences du trafic de drogue affectent l’ensemble de la société. L’OFDT estime à 1,4 million le nombre d’usagers réguliers de cannabis en France. Un million de personnes auraient aussi consommé de la cocaïne au moins une fois en 2023.
Cette consommation a entraîné, en 2024, plus de 10 000 hospitalisations liées à la cocaïne ainsi que 130 décès. Sur le plan social, le narcotrafic contribue à la dégradation des quartiers, fragilise les commerces et nourrit une économie parallèle reposant sur l’intimidation, l’extorsion et le blanchiment d’argent.
Une « mobilisation générale » voulue par l’exécutif
Pour le Premier ministre, Sébastien Lecornu, la situation impose une réponse forte. Lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, le 17 décembre 2025, il déclarait : « Ma conviction est qu’il faut une rupture. Et cette rupture ne peut prendre que deux formes : soit la dépénalisation, soit la mobilisation générale. Le Gouvernement refuse la première et vous propose la mobilisation générale. »
Cette stratégie se veut globale et interministérielle. Elle repose sur quatre axes majeurs : la prévention pour protéger les individus, la répression afin de responsabiliser les consommateurs, le démantèlement des réseaux criminels et le renforcement de la protection des agents publics engagés dans cette lutte.
Une campagne pour rappeler que « tout le monde paie »
À travers plusieurs vidéos et témoignages de familles confrontées à l’addiction, la campagne « On paie tous le prix de la drogue » entend souligner que les conséquences du narcotrafic dépassent largement le cadre des seuls trafiquants et consommateurs. « Aujourd’hui, le narcotrafic est partout, à tous les niveaux de la société. Il détruit des quartiers, des vies, des destins », souligne le gouvernement dans la présentation de cette opération de communication d’envergure.
Par cette initiative, l’exécutif espère sensibiliser l’opinion publique à un phénomène qu’il considère désormais comme une menace majeure pour la cohésion sociale et la sécurité du pays.