Trois journalistes libanais ont été tués, ce samedi 28 mars 26 par une frappe israélienne sur leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban. Pour l’armée israélienne, il s’agissait de « terroristes ».

La frappe ciblée contre la voiture de presse a tué trois journalistes.
1. Fatima Ftouni — journaliste correspondante pour la chaîne Al-Mayadeen, proche du Hezbollah.
2. Ali Shouaib — correspondant de guerre pour Al-Manar, chaîne affiliée au Hezbollah, et l’un des plus anciens de la chaîne.
3. Le frère de Fatima Ftouni — caméraman, également tué dans l’attaque. Franceinfo Son prénom n’a pas encore été communiqué dans les sources disponibles.
L’armée israélienne a affirmé avoir éliminé dans une frappe ciblée Ali Shouaib, qu’elle décrit comme un membre de l’unité de renseignement de la force al-Radwan du Hezbollah, opérant sous couverture de journaliste.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé cette frappe comme un « crime flagrant » qui « enfreint toutes les normes et tous les traités en vertu desquels les journalistes bénéficient d’une protection internationale en temps de guerre ».
Plus d’un million de personnes déplacées
Depuis plusieurs semaines, Tsahal bombarde le sud Liban dans le but d’éradiquer le Hezbollah, groupe paramilitaire islamiste chiite libanais, fondé après l’invasion d’Israélienne au Liban en 1982. Le Hezbollah est soutenu financièrement et militairement par les Gardiens de la révolution iraniens.
Pour parvenir à ses fins, Israël bombarde sans retenue les villes et les villages du sud Liban, provoquant une véritable catastrophe humanitaire.
Selon l’ONU, « dans tout le pays, plus d’un million de personnes sont désormais déplacées, soit 20 % de la population, dont beaucoup pour la deuxième, la troisième, voire la quatrième fois.
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 370.000 enfants ont été contraints de quitter leur foyer au Liban en seulement trois semaines.
« Pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène, cela équivaut à des centaines de bus scolaires remplis d’enfants fuyant pour sauver leur vie toutes les 24 heures », a déclaré depuis Beyrouth, Marcoluigi Corsi, Représentant de l’UNICEF au Liban.
Les déplacements s’étendent désormais du sud et de la Bekaa jusqu’à Beyrouth et au nord, et les chiffres continuent d’augmenter.
Selon l’UNICEF, il s’agit « d’un déplacement massif, soudain et chaotique », avec des conséquences qui se feront sentir longtemps après que la violence se sera apaisée.
Au moins 121 enfants tués au Liban
Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. De nombreux ménages déplacés trouvent refuge dans des lieux informels, surpeuplés et dangereux, notamment des bâtiments inachevés, des espaces publics et des véhicules.
Les enfants sont confrontés à un « cycle incessant de bombardements et de déplacements » qui « aggrave considérablement leurs traumatismes psychologiques, ancrant en eux une peur profonde et menaçant de leur causer des dommages émotionnels profonds et durables », a détaillé l’UNICEF.
Le bilan humain de cette escalade est tout aussi « effroyable ».
À ce jour, au moins 121 enfants ont été tués et 395 blessés. Ceux qui survivent aux bombardements se réveillent face à une réalité humanitaire désastreuse.
La chasse aux journalistes
Voilà des images qu’il ne faut pas montrer, des témoignages qu’il ne faut pas publier. Les journalistes sont devenus des ennemis d’Israël et de Tsahal. Des « terroristes » qui disent la vérité. Ils doivent être abattus.
Depuis octobre 2023, treize journalistes ont été délibérément éliminés par l’armée israélienne au Liban.
Des journalistes palestiniens ciblés par les forces armées israéliennes, ou emprisonnés et maltraités dans la bande de Gaza : Reporter Sans Frontières (RSF) s’associe à plusieurs d’entre eux pour déposer des demandes de participation à l’enquête menée par la Cour pénale internationale (CPI) concernant les violences dont ils ont été victimes.
Cette approche constitue une première. L’obtention de ce statut leur permettrait de faire reconnaître les dommages directs et personnels qu’ils ont endurés.
Après avoir déjà saisi la CPI de quatre plaintes, RSF maintient sa mobilisation pour traduire devant la justice internationale les crimes de guerre perpétrés à l’encontre des médias palestiniens. L’organisation était également présente au festival de Cannes, accompagnant la cinéaste Sepideh Farsi dans un hommage rendu à Fatma Hassouna, parmi les quelque 200 journalistes tués par l’armée israélienne en dix-neuf mois de conflit.
RSF veut mettre fin à l’impunité des crimes visant les journalistes à Gaza