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Vaccination : l’Elysée préfère les entreprises étrangères

Pour tenter de rattraper son retard sur les autres pays européens, l’exécutif a fait appel à plusieurs cabinets de conseil internationaux : McKinsey, KPMG, Price. En ignorant un consortium d’entreprises françaises sous l’égide de l’UniHA. Explications.

campagne de vaccination (pixabay)
campagne de vaccination (pixabay)

Le gouvernement français a fait appel aux services de la société de conseil américaine McKinsey pour l’aider à mettre en place la logistique de vaccination contre la Covid-19 si l’on en croit le média américain Politico. Il s’agit, pour Mc Kinsey, d’«établir des comparaisons entre les logistiques mises en œuvre dans d’autres pays » et de « soutenir la coordination opérationnelle» du groupe de travail.
L’info, reprise par le Canard Enchaîné, a soulevé une vague d’indignation. « Qu’est-ce que MacKinsey vient faire la dedans ? » se demande Olivier Marleix, député LR d’Eure et Loir, « on a un ministère de la Santé, un ministère de l’Intérieur, un ministère de la Défense… ».

Aveu de faiblesse

Ancien ministre de la Santé et candidat à la prochaine présidentielle, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, considère dans une interview au Parisien que « Macron a commis une faute gravissime ».
Mais il n’y a pas que McKinsey pour venir à la rescousse de l’exécutif français à la peine pour mener sa campagne de vaccination. Selon nos informations, le gouvernement a fait appel aussi à deux autres grandes entreprises mondiales pour l’aider à « organiser » sa stratégie vaccinale : KPMG et Price, deux multinationales spécialisées dans l’audit, l’expertise comptable et le conseil.
A quel prix ? L’information reste confidentielle. Mais le fait de sous-traiter l’organisation et le conseil de la campagne de vaccination à des entreprises privées étrangères est un nouvel aveu de faiblesse de l’appareil d’Etat.
A quoi bon payer des dizaines de milliers de fonctionnaires, souvent très compétents, dans les ministères, les ARS, la Haute Autorité de la santé, les agences ou établissements de l’Etat, l’Agence de sécurité du médicament et tous les autres acteurs chargés du pilotage du système de santé français, si c’est pour le confier à des entreprises privées, étrangères de surcroît ?

Relever les défis

D’autant que des entreprises hexagonales auraient pu se charger de cette campagne de vaccination. En effet, l’Etat a bien reçu une offre de service, dès le 30 novembre 2020, visant à vacciner 40 millions de Français dans les délais les plus courts possibles. En respectant « le protocole de sécurité sanitaire et la protection du personnel médical… en garantissant la sécurité et la traçabilité… »
Bref, un travail de pros « clé en main » proposé par l’UniHA, première centrale d’achats hospitaliers avec le concours d’un consortium de grandes entreprises françaises dont CapGemini Invent et GL Events.
Leurs atouts ? Ils sont énumérés dans le document adressé aux autorités françaises dès le mois de novembre 2020.
Premier avantage : un interlocuteur unique pour l’État. Car ce consortium prend tout en charge depuis la négociation des vaccins (choix, prix, acheminement, stockage etc.) grâce à un réseau de sites en propre, d’une connaissance de l’écosystème en France, d’un savoir-faire technique intégré. Autres avantages : Il est capable de piloter et de coordonner toute la filière. Bref, il possède une expérience d’intégration de bout en bout.
L’ennui, c’est que l’Etat français a superbement ignoré cette offre de service hexagonale pourtant sérieuse et bien ficelée pour lui préférer des entreprises étrangères qui ne rendront pas le même service.
Pourquoi ? La réponse se trouve à l’Élysée.

 

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