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Que valent les protections solaires ? Nous les avons testées

A la plage.
Photo Etienne Girardet/Unsplash

Céline Couteau, Auteurs fondateurs The Conversation France et Laurence Coiffard, Auteurs fondateurs The Conversation France

L’été 2019 s’inscrit clairement au soleil. Pour notre information à tous, nous n’avons pas hésité à tester 57 produits solaires différents, 40 issus de l’industrie conventionnelle et 17 étiquettés « bio » ou “minéraux”. Les tests ont été réalisés de mi-avril à mi-juillet au Laboratoire de Pharmacie industrielle et de Cosmétologie de la Faculté de Pharmacie de Nantes, en utilisant une méthode in vitro dont le protocole a été publié dans la littérature scientifique internationale.

Etant donné que tous les produits ont été testés dans les mêmes conditions (même appareil de mesure, même opérateur, mêmes conditions), nous avons pu établir un classement objectif des produits de protection solaire trouvés dans le commerce. Le choix des références s’est fait de manière aléatoire ; grandes et petites marques ont été passées au crible.

Il ressort de cette étude que nous avons retrouvé un SPF (Sun Protection Factor, indicateur témoin du niveau de protection contre les UVB) en accord avec celui affiché dans 77 % des cas en ce qui concerne les produits de protection solaire conventionnels. En revanche, le SPF que nous avons déterminé est en désaccord avec le SPF affiché dans 100 % des cas lorsque les produits testés sont des produits bio ou minéraux.

Photostabilité

Parmi les 57 produits testés, il est possible de désigner le gagnant. Il s’agit de La Eight hour cream sun defense dont le SPF est de 75. Ce produit qui affiche un SPF de 50 est trop modeste ; il aurait mérité un affichage 50+. En matière de photostabilité, le SPF reste supérieur à 60 au bout de 2 heures d’irradiation dans un simulateur solaire. Quant à la résistance à l’eau, elle est parfaite. La seule chose qui nous chiffonne un peu c’est la présence d’hydrolysats de protéines de soie et de blé ce qui nous fait émettre une réserve d’un point de vue allergologique. Du fait des caractéristiques de cette crème on aimerait pouvoir la retrouver sur le marché en version « hypoallergénique ».

Crème solaire.
CC BY

Parmi les 40 produits conventionnels testés, il est important de pointer du doigt les formules zéro défaut (ou proche du zéro défaut) qui allient efficacité, photostabilité et résistance à l’eau. Les produits en question sont des produits Mary Cohr, Avène, L’Occitane, Simone Mahler, A-Derma, Bioderma,Sunceutic, Vichy et Thalgo.

Parmi les 40 produits de protection solaire conventionnels testés, il existe un dernier de la classe qui se nomme « Soleil Boots SPF 50+ ». Le SPF obtenu avec ce stick est de 25 ce qui est bien loin de la valeur annoncée.

Parmi les 17 produits de protection solaire ne renfermant que des filtres minéraux, un produit se détache nettement. Le major de promotion s’appelle Avène. La crème minérale en question permet d’atteindre un SPF de 43. Six élèves sont ensuite au coude à coude et se bousculent autour de la valeur 30. Il s’agit des produits Bioregena, Acorelle, Cosmo naturel, Alphanova, Dermatherm et Sarmance. Le cancre se nomme « Ecran solaire Naturado en Provence ». Le SPF déterminé par nos soins (SPF de 4) ne permet même pas de le classer dans la catégorie des produits de protection solaire. Rappelons à ce titre qu’un SPF minimum de 6 est requis.

Alcool indésirable

Un point sur la présence d’alcool dans les produits testés. L’alcool est présent dans 23% des cas. On le retrouve majoritairement dans les produits de protection solaire conventionnels (environ un tiers des produits testés) et de manière exceptionnelle dans les produits bio (1 produit sur 17). L’alcool (en nom INCI alcohol) est un ingrédient indésirable dans les produits de protection solaire dans la mesure où il s’agit d’un exhausteur de pénétration qui n’a rien à faire dans un produit destiné à exercer une action de surface.

Un mot sur la présence d’extraits végétaux dans les produits testés. Les actifs le plus souvent retrouvés sont connus pour leur effet anti-inflammatoire. On les retrouve dans 56 % des produits de notre échantillon. Les extraits végétaux sont repérés dans 70 % des produits bio et dans 50 % des produits conventionnels. Si ces extraits végétaux qui masquent l’érythème sans exercer d’effet protecteur peuvent être tolérés dans des références permettant d’atteindre de très haut niveau de protection il n’en est pas de même dans les produits pour lesquels les SPF sont éloignés de la valeur 50.

Cette étude nous a permis de mettre à jour quelques “ perles » cosmétiques. C’est le cas par exemple de deux produits à la composition similaire affichant l’un un effet anti-âge et l’autre un effet protecteur du bébé. C’est le cas également de ce produit de protection solaire n’affichant pas de SPF ou de celui de ce produit affichant une valeur 30+ (indice inconnu du Journal Officiel de l’Union européenne).

Pour bien choisir la protection solaire qui nous accompagnera tout l’été sur les routes de France ou d’ailleurs, il est indispensable de connaître avec précision les caractéristiques des produits du marché. Afin de ne pas se tromper, on peut retrouver tous les articles correspondant aux produits testés en remontant le fil de notre blog, les Regards du 29 avril au 24 juillet.The Conversation

Céline Couteau, Maître de conférences en pharmacie industrielle et cosmétologie, Université de Nantes, Auteurs fondateurs The Conversation France et Laurence Coiffard, Professeur en galénique et cosmétologie, Université de Nantes, Auteurs fondateurs The Conversation France

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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