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Vaccins anti-Covid et femmes enceintes : Attention, manipulation…

Une étude bidon relayée par la presse voudrait nous faire croire que les vaccins à ARNm seraient sans danger pour les femmes enceintes. Regardons de plus près cette étrange étude publiée dans le Lancet.

Vaccination (UnlimPhotos)
Vaccination (UnlimPhotos)

« Covid-19 : deux études rassurent sur la vaccination pendant la grossesse » affirment toutes les gazettes, ce 18 août 2022, en précisant que « l’une des études démontre qu’il n’y a pas de risque de fausse couche ou de naissance prématurée avec les vaccins ARN messager ».
De quelle étude s’agit-il ? D’une étude publiée le 11 août 2022 dans The Lancet Infectious Diseases. On y apprend d’emblée qu’il ne s’agit pas vraiment d’une étude scientifique, mais d’une sorte de sondage effectué par téléphone et par emails auprès de femmes de toutes les provinces du Canada. Ce sondage est financé par l’Institut de recherche en santé du Canada, Agence de santé publique du Canada.
« Notre étude a porté sur un échantillon de 5 625 femmes enceintes vaccinées âgées de 15 à 49 ans et 339 femmes enceintes non vaccinées de même âge, écrivent les auteurs. Les deux vaccins à ARNm sont hautement immunogènes et efficaces pendant la grossesse. »

Des événements « significatifs »

À la lecture de cet article, noyé sous un flot de chiffres et de références que l’on a du mal à suivre, on découvre que « l’étude » a débuté le… 22 décembre 2020 ! « Dans le cadre de cette analyse, les participantes vaccinées ont été interrogées par e-mail sur la survenue d’événements indésirables après la vaccination au cours des 7 jours suivant chaque dose de vaccin COVID-19. Toutes les participantes ont été interrogées sur les réactions au site d’injection, mais seules celles qui ont indiqué avoir eu un événement de santé significatif ont été invitées à fournir des détails supplémentaires. Les participantes du groupe témoin ont été invitées à noter l’apparition de problèmes de santé au cours des 7 jours précédents, également par e-mail. Nous avons effectué un suivi téléphonique pour les personnes ayant signalé un événement médical quelconque. Nous avons envoyé jusqu’à deux rappels automatiques toutes les 72 h pour tous les non-répondants afin de remédier à la perte de suivi. Les données de l’enquête ont été recueillies dans une base de données sécurisée. »
Après 7 jours de suivi, les auteurs de l’étude constatent que « les deux vaccins à ARNm sont hautement immunogènes et efficaces pendant la grossesse. »

Déclaration d’intérêts

Le plus surprenant, cependant, est la déclaration d’intérêts des auteurs. On lit, à la fin de cet article du Lancet que : « MS a été chercheur sur des projets financés par GlaxoSmithKline, Merck, Moderna, Pfizer, Sanofi-Pasteur, Seqirus, Symvivo et VBI Vaccines. Tous les fonds ont été versés à son institut, et il n’a reçu aucun paiement personnel. OGV a été chercheur, co-chercheur ou expert dans des projets financés par GlaxoSmithKline, Merck, Pfizer et Seqirus, en dehors des travaux soumis. JDK a participé en tant que chercheur à des projets financés par GlaxoSmithKline, Merck, Moderna et Pfizer. Tous les fonds ont été versés à son institut, et il n’a reçu aucun paiement personnel. KAT a participé en tant que chercheur à des projets financés par GlaxoSmithKline. Tous les fonds ont été versés à son institut et elle n’a reçu aucun paiement personnel. JEI a participé en tant que chercheur à des projets financés par GlaxoSmithKline et Sanofi-Pasteur. Tous les fonds ont été versés à son institut et elle n’a reçu aucun paiement personnel. AJM a participé en tant que chercheur à des projets financés par GlaxoSmithKline, Merck, Pfizer, Sanofi-Pasteur et Seqirus, avec des fonds versés à son institut, et a reçu des honoraires pour sa participation à des conseils consultatifs d’Astra-Zeneca, GlaxoSmithKline, Medicago, Merck, Moderna, Pfizer, Sanofi-Pasteur et Seqirus, et pour des présentations d’Astra-Zeneca et Moderna. GDS a été chercheur dans le cadre d’un projet financé par Pfizer. Tous les fonds ont été versés à son institut, et il n’a reçu aucun paiement personnel. Tous les autres auteurs ne déclarent pas d’intérêts concurrents. »
Ces liens d’intérêts avoués entre les auteurs de l’étude et les groupes pharmaceutiques sont suffisants, à eux seuls, pour discréditer l’ensemble des résultats obtenus.

Un lien direct

Jean-Marc Sabatier
Jean-Marc Sabatier (DR)

D’autant que les vaccins anti-Covid ne sont pas sans effet sur les organes sexuels et la sexualité, comme l’a démontré, ici même, Jean-Marc Sabatier*. « Les femmes possèdent un SRA ovarien (appelé OVRAS) qui joue un rôle clef dans la physiologie des ovaires, et les maladies ovariennes associées. Le SRA ovarien a des effets majeurs sur le développement/atrésie des follicules, sur l’ovulation et la sécrétion d’hormones stéroïdiennes ; le SRA est ainsi nécessaire à une reproduction normale. En effet, les acteurs de ce SRA se retrouvent dans le follicule ovarien, les cellules pré-ovulatoires de la thèque et de la granulosa, ainsi que dans les cellules post-ovulatoires de la granulosa-lutéine. Il est également impliqué dans la régulation de la stéroïdogenèse (synthèse des hormones stéroïdiennes, dont les hormones œstrogènes féminines). »

Troubles menstruels

Le dysfonctionnement du SRA ovarien potentiellement induit par le SARS-CoV-2 peut donc affecter la maturation et l’ovulation des ovocytes (altération du cycle menstruel), et conduire à des dérèglements ou pathologies telles que l’infertilité, le cancer des ovaires, le syndrome des ovaires polykystiques, etc. La présence d’anticorps auto-immuns dirigés contre le récepteur AT1R peut se traduire par une infertilité.
Chez la femme, on peut ainsi observer (parallèlement aux autres pathologies Covid-19 potentielles) un dérèglement du cycle menstruel plus ou moins important et invalidant. La menstruation (règles) correspond à l’écoulement périodique par le vagin d’un fluide biologique constitué de sang, de sécrétions vaginales, et de cellules endométriales (paroi utérine). Les règles correspondent à l’évacuation de la couche superficielle de la muqueuse de l’utérus (endomètre) qui s’était formée au cours du cycle menstruel pour accueillir un possible œuf fécondé. En absence de fécondation, la surface de l’endomètre (qui est très vascularisée) est alors évacuée par le vagin sous forme d’un saignement. Le virus SARS-CoV-2 se fixe (via sa protéine Spike) sur le récepteur ECA2 des cellules cibles. L’endomètre et le système vasculaire sont constitués de cellules épithéliales et endothéliales qui expriment -comme les ovaires ou les testicules- le récepteur ECA2 reconnu par la protéine Spike. Ceci montre que la protéine Spike (du virus SARS-CoV-2 ou vaccinale) peut agir directement sur l’endomètre et les vaisseaux sanguins associés.

D’où les troubles de la coagulation ?

Le SARS-CoV-2 -via la protéine Spike- provoque des troubles de la coagulation sanguine, dont la thrombocytopénie (baisse du nombre de plaquettes sanguines qui aident le sang à coaguler).
Ainsi, le SARS-CoV-2 ou la protéine Spike vaccinale est directement responsable des troubles de la coagulation et menstruels parfois observés chez certaines personnes lors d’une infection virale au SARS-CoV-2 ou suite à une vaccination. En ce qui concerne les troubles menstruels liés à la vaccination, je dois mentionner l’avis contraire de l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), qui -dans un point de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19 publié le 21 décembre 2021- écrit : « A ce jour, les données disponibles ne permettent pas de déterminer le lien direct entre le vaccin et la survenue de ces troubles du cycle menstruel. Ces événements restent sous surveillance ».

En effet, plus récemment, en juillet 2022, une nouvelle étude américaine confirmait le lien direct qui existe entre vaccination et dérèglement du cycle des personnes menstruées. Cette étude, menée par Kathryn Clancy et Katharine Lee, deux chercheuses de la Washington University School of Medicine, s’appuie sur le témoignage de plus de 35.000 femmes.
Comment peut-on encore douter ?

*Jean-Marc Sabatier est directeur de recherches au CNRS et docteur en Biologie Cellulaire et Microbiologie, HDR en Biochimie. Éditeur-en-Chef des revues scientifiques internationales : « Coronaviruses » et « Infectious Disorders – Drug Targets ». Il s’exprime ici en son nom propre.

Lire aussi : Lecture critique de l’étude par Christine Cotton

Vaccins anti-Covid : les dérèglements menstruels confirmés aux USA

 

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