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Covid : « Je ne pouvais pas les laisser mourir »

Le Dr Jean-Jacques Erbstein, généraliste en Moselle, pousse un coup de gueule contre ‘’la technostructure politique et sanitaire’’ sur la gestion de l’épidémie de Covid dans un passionnant récit pamphlétaire.

Un pamphlet pour dénoncer la gestion de la crise (couverture)

Il était au front. En première ligne durant cette drôle de guerre face à une maladie jusqu’ici inconnue, la Covid-19 provoquée par le coronavirus SARS-CoV2. Le Dr Jean-Jacques Erbstein, médecin généraliste en Moselle, raconte dans un livre sans concession, comment il a dû faire face à ce virus venu de Chine ou d’ailleurs, avec les moyens du bord, sans masque de protection, sans gel hydro-alcoolique, sans sur-blouse…
« Comment un pays comme la France a-t-il pu abandonner autant ses médecins de ville et ses paramédicaux ? » demande Jean-Jacques Erbstein. « Nos cabinets médicaux, nos hôpitaux sont devenus des champs de bataille, des tranchées où il a fallu se battre avec abnégation, presque à mains nues… ». Il ajoute, un peu plus loin : « Nous avons manqué de tout… la médecine de premier recours s’est retrouvée comme une armée sans fusils. »
A qui la faute ? A la technostructure politique et sanitaire, à ses pontes qui plastronnaient tous les soirs à la télévision, sans être confrontés eux-mêmes aux patients en train de mourir. « Des comptes devront être rendus » dit-il.

Des attaques insensées

Pendant ce temps, il fallait sauver des vies. C’est ce qu’ont fait une poignée de médecins humanistes qui, comme Jean-Jacques Erbstein, ont proposé un traitement avec des résultats significatifs (voir notre article du 21 avril 2020). On le leur a reproché. Le conseil de l’Ordre des médecins s’en est offusqué.
« Comment ces grands pontes (….) ont-ils pu envisager un seul instant que nous, médecins de famille, les plus petits gradés de la noble hiérarchie médicale, nous n’allions rien tenter pour empêcher de laisser mourir des patients qui nous ont fait confiance depuis des années » demande l’auteur ?
Comme plusieurs de ses confrères, Jean-Jacques Erbstein a fait l’objet de railleries, parfois d’attaques odieuses. Il raconte et règle aussi quelques comptes au passage.
A lire absolument.

« Je ne pouvais pas les laisser mourir ! Le cri d’un généraliste en guerre » de Jean-Jacques Erbstein. JDH éditions, collection Uppercut. 55 pages, 7,95 €

« Ils devront s’expliquer »

Jean-Jacques Erbstein
Dr Jean-Jacques Erbstein (DR)

Pourquoi ce pamphlet ? Vous voulez régler des comptes avec la nomenklatura médicale ?

Non, c’est une sorte de cri du cœur, une catharsis. Je voulais juste donner ma vision de cette crise.

L’épidémie de Covid a montré que la médecine avait des limites et que, parfois, elle ne savait pas faire face à de nouvelles maladies. Quel est, dès lors, le rôle du médecin ?

Le rôle des généralistes a été méprisé. Nous aurions pu jouer un rôle de première digue.

Durant cette ‘’guerre’’ contre le Covid, vous êtes l’un des rares médecins à avoir proposé un traitement à vos patients comme IDJ l’a déjà expliqué. On vous l’a reproché.

Parce que le climat était délétère (cf Marseille). On nous a reproché de faire des études sauvages, ce qui n’a jamais été le cas.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la gestion de la crise ? Pensez-vous que nos gouvernants et nos responsables sanitaires ont tiré les leçons de ce fiasco ?

Responsable ? Oui ! Ils devront s’expliquer sur les errances de cette crise. Tirer une leçon ? A-t-on déjà tiré une leçon d’une crise ?

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