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Hausse des carburants : les routiers en colère

Ils prévoient des actions dès aujourd’hui, notamment près de Lyon et des barrages sur l’A7 ce samedi.

Les routiers pourraient bloquer les raffineries et autres centres névralgiques de l'économie (DR)
Les routiers pourraient bloquer des centres névralgiques de l’économie (DR)

Mobilisation ce samedi en Auvergne-Rhône-Alpes

La colère gronde dans le secteur du transport routier. Plusieurs dizaines de chauffeurs sont attendus ce samedi 28 mars 2026 sur l’autoroute A7, à hauteur de Chasse-sur-Rhône, au sud de Lyon, pour une opération de barrage filtrant organisée dès neuf heures.
À l’appel de l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE), cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement national visant à dénoncer la hausse brutale des prix des carburants, sur fond de tensions internationales liées notamment à la guerre en Iran.
Les organisateurs assurent qu’il ne s’agira pas d’un blocage total. « Nous voulons échanger avec les automobilistes et distribuer des tracts pour expliquer notre situation », précise Jean-Christophe Gautheron. L’action devrait se poursuivre jusqu’en début d’après-midi.

Une crise économique jugée « exceptionnelle »

Pour les transporteurs, la situation est critique. En quelques jours, la hausse du gazole a entraîné un choc immédiat sur la trésorerie des entreprises, déjà fragilisées par des coûts d’exploitation élevés.
Dans un communiqué, l’OTRE évoque « une flambée brutale et inédite » qui aggrave une situation déjà tendue. Les professionnels redoutent des conséquences en chaîne : ralentissement de l’activité, pertes de compétitivité et, à terme, défaillances d’entreprises.
Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), qui alerte sur un risque de « faillites en cascade » dans les semaines à venir.

Des mesures gouvernementales jugées insuffisantes

Face à cette crise, les annonces récentes du gouvernement peinent à convaincre. Les dispositifs proposés — report de cotisations sociales, étalement des charges fiscales ou encore accès facilité à des prêts via Bpifrance — sont jugés « dérisoires » par les organisations professionnelles.
La FNTR souligne que ces mesures existaient déjà et ne répondent pas à l’urgence actuelle, notamment pour des entreprises souvent déjà lourdement endettées.
La fédération insiste également sur l’application stricte des mécanismes d’indexation carburant dans les contrats, et n’exclut pas de saisir les autorités compétentes en cas de non-respect par certains donneurs d’ordre.

Des revendications concrètes pour éviter l’asphyxie du secteur

Pour faire face à l’urgence, les transporteurs réclament plusieurs mesures immédiates :

  • une augmentation temporaire de la ristourne sur la TICPE ;
  • la suspension des échéances de prêts et de crédits-bails ;
  • la mise en place d’une aide directe par véhicule.

Selon la FNTR, ces dispositifs sont indispensables pour garantir la survie des entreprises et préserver l’ensemble de la chaîne logistique nationale.

Une concurrence européenne pointée du doigt

Autre source d’inquiétude : le décalage entre la France et ses voisins européens. Plusieurs pays ont déjà mis en place des aides directes pour soutenir leur secteur du transport.
Dans ce contexte, les professionnels français dénoncent une perte de compétitivité accrue et une concurrence étrangère jugée déloyale sur leur propre marché.
« Les réponses tardives plongent les entreprises dans une impasse », alerte Florence Dupasquier, présidente de la FNTR.

Vers une amplification du mouvement ?

La mobilisation de ce samedi pourrait n’être qu’un début. L’OTRE évoque déjà de nouvelles actions dans les prochains jours, après consultation de ses instances territoriales.
De son côté, la FNTR consulte actuellement ses adhérents sur d’éventuelles actions revendicatives à plus grande échelle.
Dans un contexte économique et social sous tension, le secteur du transport routier apparaît plus que jamais comme un maillon stratégique… et fragilisé de l’économie française.

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