Suicides dans la police : les inquiétudes des syndicats

Quatre suicides en quatre jours, 28 depuis le début de l’année. L’UNSA Police tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
Suicides dans la police : l'UNSA tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme (affiche UNSA)

« Deux nouveaux flics nous ont quitté depuis ce matin… écrit l’intersyndicale de la police dans un communiqué envoyé à la presse. Depuis le début de l’année 2019, 28 de nos collègues ont choisi d’en finir avec la vie et ont commis le geste irréparable. Les journées dramatiques s’enchaînent à un rythme insoutenable et jamais connu. ».
En effet, un policier de 42 ans, père d’un enfant de 4 ans, s’est supprimé dans la nuit de lundi 15 à mardi 16 avril à Metz. Un policier de 52 ans a mis fin à ses jours avec son arme de service, la même nuit à Béziers.
Ce jeudi 18 avril 2019, c’est une jeune capitaine de police de 48 ans qui s’est tirée une balle dans la tête avec son arme de service à Montpellier et un jeune policier de 25 ans s’est donné la mort dans des circonstances analogues à Paris.
Ça fait beaucoup. Beaucoup trop.

Colère de l’intersyndicale

Face à ce fléau, l’intersyndicale de tous les corps de la Police Nationale « ne supporte plus de perdre autant de collègues. Des mesures fortes et immédiates doivent être prises sans délai. Malgré les propos du ministre le 2 avril dernier, après le plan de 2009, celui de 2015, un troisième plan de mobilisation a vu le jour mais, de plans en réunions, nous en sommes toujours au même point. »
L’intersyndicale appelle « l’ensemble des personnels, sans clivage syndical ni de corps, à se rassembler le vendredi 19 avril 2019, de 11h30 à midi, en silence, devant leurs services respectifs en hommage à nos collègues.
L’Intersyndicale demande à être reçue en urgence par le ministre de l’Intérieur.
Le plan de lutte contre les suicides dans la Police doit devenir une cause nationale et être décrété PRIORITÉ ministérielle. »

Cellule « alerte prévention »

Le 12 avril, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé la création d’une « cellule alerte prévention suicide » pour la police nationale, qui aura pour mission de porter un plan d’action. Un numéro de téléphone dédié, disponible 24h/24, permettra de signaler les risques et de mettre les personnes en souffrance en relation avec des psychologues.
Suffisant ? Beaucoup en doute.
En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés.