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Y a-t-il un lien entre la variole du singe et le vaccin AstraZeneca ?

Mais d’où vient cette variole du singe (Monkeypox) qui inquiète tant les autorités sanitaires ? L’un des vaccins anti-Covid utilisant un adénovirus de chimpanzé serait-il en cause ?

Monkeypox (UnlimPhotos)
Monkeypox (UnlimPhotos)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu vendredi que les quelque 200 cas de variole du singe détectés ces dernières semaines, « dans des pays où le virus ne circule pas habituellement, pourraient n’être que le sommet de l’iceberg » si l’on en croit Sylvie Briand, directrice du département de préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS.
Ces propos, venant de la principale autorité mondiale de la santé, ont de quoi inquiéter. D’où vient ce virus ? Pourquoi apparait-il soudainement dans plusieurs pays du monde ?

Un adénovirus de chimpanzé

La réponse se trouve, peut-être, dans la fabrication d’un vaccin anti-Covid. Voici ce qu’en dit l’Observatoire des technologies liées à la Covid-19 du Ministère de l’Économie brésilien. Plusieurs auteurs (Cristina d’Durso de Souza Mendes, Priscila Rohem dos Santos, Silvia Oliveira, Collaboratrice : Irene von der Weid) ont effectué des recherches sur les brevets des vaccins.
Et, notamment, le vaccin ChAdOx1-S, également appelé AZD1222, Covishield ou Vaxzevria, qui a été développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec AstraZeneca. Ce vaccin était basé sur un adénovirus de chimpanzé de sérotype Y25, qui a été modifié par la technologie de l’ADN recombinant à l’aide d’un bactériophage λ d’Escherichia coli pour remplacer les séquences de la région E4, orf4, orf6 et orf6/7, par celles de l’adénovirus humain HAdV-5, donnant naissance au vecteur viral non répliqué ChAdY25-E, rebaptisé ChAdOx1.
C’est un peu compliqué pour le profane, mais on comprend que le vaccin AZ est basé sur un adénovirus de chimpanzé -certes différent dans sa structure du virus de la variole du singe- mais modifié. Pourquoi ?

Les performances du vaccin

Parce qu’il utilise, comme plateforme, un virus auquel les êtres humains ne sont pas naturellement exposés, le vecteur viral ChAdOx1 réduit la possibilité que l’immunité contre le vecteur diminue les performances du vaccin.
Le vecteur ChAdOx1 a déjà été utilisé dans des vaccins candidats pour plusieurs maladies infectieuses (paludisme, virus de l’immunodéficience humaine (VIH), tuberculose, grippe, hépatite C, virus respiratoire syncytial (VRS) et Ebola), y compris un vaccin potentiel contre le coronavirus du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), en phase d’essai clinique précoce.

Approuvé par l’agence européenne des médicaments (EMA)

Ces développeurs ont également déposé des brevets décrivant l’utilisation de la technologie des vecteurs viraux pour la thérapie génique du cancer, de certaines maladies auto-immunes ou neurologiques.
Dans le vaccin contre la COVID-19, le vecteur viral ChAdOx1 a été modifié pour exprimer la glycoprotéine Spike (S) du virus SARS-CoV-2 : séquence complète, modifiée pour optimiser les codons, connectée à une séquence leader de l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA). [Le ChAdOx1 a été jugé sûr et immunogène, capable de générer une réponse immunitaire cellulaire et humorale contre le virus du SRAS-CoV-2, et une dose de rappel pour augmenter les titres d’anticorps neutralisants est nécessaire, présentant une efficacité de 70% dans les essais cliniques de phase III.]
Des essais cliniques multicentriques de phase III et IV sont actuellement en cours. Toujours à la fin de l’année 2020, le vaccin a été approuvé pour une utilisation d’urgence au Royaume-Uni, et peu après a été approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Présence de thromboses

Au Brésil, l’utilisation d’urgence du vaccin AZD1222 par l’Agence brésilienne de surveillance de la santé, ANVISA, a été approuvée en janvier 2021, à la demande de la Fundação Oswaldo Cruz, une institution qui a établi un accord avec les développeurs du vaccin pour la production et le transfert de technologie de ce vaccin.
Le vaccin dont l’utilisation est approuvée est appliqué par injection intramusculaire en deux doses. En mars 2021, des questions concernant l’innocuité du vaccin ont été soulevées en raison de la présence de thromboses chez certaines personnes, ce qui a conduit à l’arrêt de son utilisation dans certains pays européens.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une déclaration affirmant que les données relatives à l’innocuité du vaccin seraient examinées avec les organismes de réglementation, mais a également affirmé qu’elle recommandait de poursuivre les vaccinations en considérant que les avantages l’emportaient sur les risques.
Espérons que les fameux « organismes de règlementation » ne rendront pas leurs conclusions aux calendes grecques.

Et maintenant, la variole du singe !

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