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Sarrebourg (57) : La justice s’invite dans la campagne

Exclusif. Une enquête préliminaire ouverte au parquet de Metz. Le président du Conseil régional, Jean Rottner entre en scène. Catherine Vierling, élue à la Région, le tacle sèchement. Si ça continue, il va y avoir des morts.

Sarrebourg
La Sarre, en arrière-plan le Casino
et l’église Saint-Barthélémy (Wikipedia)

A Sarrebourg, en Moselle, les candidats à la mairie ont sorti les fourches et les fusils. On tire à vue entre les trois candidats de droite (LR) qui s’étripent comme des coquins depuis le début de la campagne.
Le maire sortant, Alain Marty, 74 ans, en difficultés face à deux adversaires de poids de son propre parti, Jean-Marc Weber et Catherine Vierling, a reçu le soutien du président du Conseil régional Grand Est, Jean-Rottner, dans une lettre publiée sur Facebook.

Publiée par Servir Sarrebourg sur Mardi 18 février 2020

« Je vous adresse tous mes vœux de réussite dans cette entreprise afin de poursuivre le travail engagé pour cette ville que vous aimez tant et qui mérite toute notre attention. » Jean Rottner poursuit en évoquant les aides et subventions accordées à Sarrebourg et à la communauté de communes Sarrebourg Moselle Sud et cite le travail accompli avec le député Di Filippo et Roland Klein.
Mais surtout, le président du Conseil régional tire une cartouche contre une autre candidate de droite, élue au Conseil régional, Catherine Vierling. Jean Rottner évoque son opportunisme électoral » et précise : « Madame Vierling n’est plus membre de la majorité régionale depuis de nombreux mois et, au sein du groupe d’opposition où elle siège désormais, elle s’évertue quotidiennement, avec un zèle certain, à remettre en cause non seulement les politiques publiques régionales, pourtant utiles aux territoires, mais aussi l’existence même de la région Grand Est. »
Jean Rotter tire une deuxième cartouche pour achever l’adversaire. Il « souligne » que Catherine Vierling « ne cesse de relayer sur les réseaux sociaux « des propos de leaders ou de site d’extrême droite » et l’accuse de « siéger dans un groupe ayant récemment accepté des transfuges du Rassemblement National ». Boum !

Réponse du berger à la bergère

Sur Facebook, Catherine Vierling répond par un communiqué de presse cinglant intitulé « Jean Rottner en campagne à Sarrebourg ? » La candidate écrit : « Je fais l’objet d’une attaque du Président de la Région Grand-Est, qui adresse, à l’entête de la région et aux frais du contribuable, un courrier de soutien au maire sortant. Les coups portés à la femme politique que je suis sont bas.
Ils prouvent que ma proximité avec les élus de terrain, mon engagement clair pour des dossiers forts, la défense de vos intérêts et mon refus de me soumettre aux diktats parisiens ou mulhousiens dérangent.
Seuls des élus libres de toutes les pressions peuvent aujourd’hui donner à Sarrebourg et à la Moselle un avenir sûr et solidaire. C’est plus que jamais le sens de mon engagement sur le terrain, sur une liste d’union sans étiquette, loin des salons où l’on cause. » Et toc.


Une enquête préliminaire

Comme dans les meilleurs westerns, les coups de flingues partent dans tous les sens. Depuis quelques jours, le parquet de Metz a reçu « un signalement au titre de l’article 40 du CPP ».
De quoi s’agit-il ? D’un texte de six pages d’une écriture serrée signé par Catherine Vierling, avec en-tête du Conseil régional, justement.
L’élue régionale et candidate à la mairie de Sarrebourg y va à la mitrailleuse lourde. Elle énumère au procureur de la République de Metz, Christian Mercuri, une kyrielle de malversations présumées qui, à son avis, sont susceptibles de recevoir une qualification pénale. Elle donne des noms, des adresses, des précisions. Elle évoque « 1°) des pertes opportunes et récurrentes » de données à la mairie de Sarrebourg. 2°) Une prise illégale d’intérêts rue de Lupin, 3°) Des détournements de fonds publics à la zac du Winkelhof 4°) Des abus de pouvoir en échange de faveurs (sexuelles, évidemment, avec des noms de femmes qui en seraient victimes…) »
Face à cette charge, le parquet a ouvert une enquête préliminaire. Mais le procureur refuse de communiquer sur ce dossier qui arrive sur son bureau en pleine campagne électorale. Il faudra donc attendre un peu pour connaître les suites judiciaires, et notamment si une information judiciaire sera ouverte ou pas.
En attendant, ça va encore tirer dans les coins. Vite, aux abris !

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