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Présidentielle 2027 : Édouard Philippe décroche, Mélenchon le devance, Le Pen creuse l’écart

Selon un sondage Cluster 17 réalisé pour Politico, l’ancien Premier ministre perd trois points et tombe à 16 % des intentions de vote. Jean-Luc Mélenchon le devance désormais, tandis que Marine Le Pen consolide sa première place. Raphaël Glucksmann progresse et une nouvelle candidature à droite, celle de David Lisnard, pourrait rebattre les cartes.

Sondage Politico (image issue de l'IA)
Sondage Politico (image issue de l’IA)

La course à l’Élysée de 2027 se dessine-t-elle déjà sans Édouard Philippe au second tour ? C’est l’un des enseignements du dernier sondage Cluster 17 pour Politico. L’ancien Premier ministre, qui ambitionne d’incarner le bloc central, voit sa dynamique s’essouffler. Crédité de 16 % des intentions de vote, contre 19 % dans la précédente enquête de septembre, il est désormais devancé par Jean-Luc Mélenchon, à 18,5 %.

À ce stade, le scrutin reste évidemment très ouvert. Mais cette photographie de l’opinion met en lumière les difficultés du centre à trouver un candidat capable de fédérer largement, alors que les deux principales forces de contestation, à gauche comme à droite, conservent un socle électoral important.

Marine Le Pen en tête, malgré la polémique Bardella

Avec 33 % des intentions de vote dans l’hypothèse d’une candidature d’Édouard Philippe, Marine Le Pen domine largement le premier tour. Elle gagne deux points par rapport à la précédente enquête.

La révélation, fin septembre, par Mediapart, d’anciens écrits antisémites attribués à Jordan Bardella ne semble donc pas, selon ce sondage, avoir affecté sensiblement les intentions de vote en faveur du Rassemblement national. Il convient toutefois de rester prudent : une enquête d’opinion ne permet pas, à elle seule, d’établir les raisons de la stabilité ou de la progression d’un candidat.

Le RN apparaît en tout cas en position de force, avec un avantage considérable sur ses concurrents. La question centrale devient celle de l’identité de son adversaire au second tour.

Mélenchon devant Philippe, Glucksmann en embuscade

Avec 18,5 %, Jean-Luc Mélenchon conserve une position solide et devance désormais Édouard Philippe. Le leader de La France insoumise ne recule que de 0,5 point par rapport à septembre. Dans les configurations étudiées par Cluster 17, il apparaît comme un candidat sérieux pour accéder au second tour. Précisons cependant que le sondage ne semble pas avoir pris en compte les vioences et les dégradations commises durant les manifestations des 17 et 24 octobre 2026.

Autre bénéficiaire de cette recomposition : Raphaël Glucksmann. Le représentant de Place publique, qui vient de remporter le premier tour de la primaire organisée avec le Parti socialiste selon le calendrier évoqué par l’enquête, progresse de 12 à 13 %.

Cette hausse pourrait notamment s’expliquer par sa capacité à séduire une partie de l’électorat modéré. Selon les données citées par Politico, 29 % des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 choisiraient Glucksmann, contre seulement 49 % qui voteraient pour Édouard Philippe.

À droite, Retailleau menacé par David Lisnard

La droite républicaine n’est pas davantage assurée de trouver son champion. Bruno Retailleau plafonne entre 7,5 et 8 % des intentions de vote. Une performance modeste pour celui qui espère incarner une droite ferme sur les questions régaliennes et l’immigration.

Mais un concurrent pourrait compliquer encore sa situation : David Lisnard. Le maire de Cannes, associé au mouvement Nouvelle Énergie, atteint 8 % dans une configuration où sa candidature est testée.

Dans cette hypothèse, Marine Le Pen recueillerait 30,5 %, Bruno Retailleau 7 % et Éric Zemmour 3,5 %. David Lisnard capterait donc une partie des voix de droite, sans bouleverser la hiérarchie générale.

Reste à savoir si le maire de Cannes, encore peu connu d’une partie du grand public, pourrait transformer cette audience mesurée par les sondages en véritable dynamique politique.

Gabriel Attal ne relance pas le bloc central

L’hypothèse d’une candidature de Gabriel Attal à la place d’Édouard Philippe ne semble pas davantage résoudre les difficultés du camp présidentiel.

Le secrétaire général de Renaissance obtiendrait 12 % des intentions de vote, contre 13,5 % dans une précédente enquête du même institut. Dans ce scénario, Jean-Luc Mélenchon monterait à 19,5 % et Raphaël Glucksmann à 14 %.

Le changement de candidat ne suffirait donc pas, à lui seul, à inverser la tendance. Le bloc central reste confronté à un problème de fond : comment rassembler un électorat macroniste fragmenté, alors que plusieurs prétendants se disputent son héritage politique ?

Une présidentielle encore incertaine

À un peu plus de six mois de l’année 2027, cette enquête dessine une campagne déjà marquée par la fragmentation des candidatures et la concurrence entre plusieurs blocs électoraux.

Marine Le Pen conserve une avance importante. Jean-Luc Mélenchon peut espérer se qualifier pour le second tour. Raphaël Glucksmann gagne du terrain, tandis qu’Édouard Philippe peine à s’imposer comme le candidat naturel du centre. À droite, David Lisnard pourrait compliquer les ambitions de Bruno Retailleau.

Il ne s’agit cependant que d’une photographie de l’opinion à un instant donné, et non d’une prévision du résultat final. Les candidatures ne sont pas toutes définitivement arrêtées, les campagnes n’ont pas encore livré leurs effets et les rapports de force peuvent évoluer.

Le principal enseignement est ailleurs : le centre ne parvient pas encore à s’imposer comme une force unifiée, tandis que les candidatures concurrentes se multiplient à droite comme à gauche. Dans cette configuration, l’accès au second tour pourrait devenir le véritable enjeu d’une présidentielle où Marine Le Pen part, pour l’heure, avec une avance confortable.

(*) Sondage réalisé du 19 au 22 octobre auprès d’un échantillon de 3 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus grâce à la méthode des quotas. L’enquête a été réalisée via un questionnaire autoadministré en ligne. La marge d’erreur est comprise entre 0,8 et 1,8 point.

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