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Nodules thyroïdiens : au CHU de Nantes, une technique innovante pour éviter certaines opérations

Le CHU de Nantes développe une alternative mini-invasive à la chirurgie classique pour traiter certains nodules thyroïdiens bénins mais gênants. La thermoablation par radiofréquence permet de réduire progressivement leur volume, sans cicatrice au cou et tout en préservant au maximum la thyroïde. Depuis le lancement de cette filière, fin avril 2025, 35 patients ont déjà bénéficié de cette technique.

glande-thyroïde (UnlimPhotos)
Hypertrophie de la glande-thyroïde (UnlimPhotos)

Les nodules thyroïdiens sont fréquents, mais ils ne nécessitent pas toujours une intervention. Dans la plupart des cas, une simple surveillance suffit. Toutefois, certains nodules bénins deviennent volumineux et provoquent des symptômes qui altèrent la qualité de vie : difficultés à avaler, toux, gêne respiratoire, sensation de compression dans le cou ou préjudice esthétique.
Pour ces patients, le CHU de Nantes propose désormais une solution supplémentaire : la thermoablation par radiofréquence, une technique qui permet de traiter le nodule sans recourir à une chirurgie classique.

Une intervention sans cicatrice et sous anesthésie locale

Le principe consiste à détruire progressivement les cellules du nodule grâce à la chaleur. Sous contrôle échographique permanent, un radiologue interventionnel introduit une aiguille très fine au cœur de la zone à traiter. Celle-ci délivre une énergie thermique ciblée qui entraîne la destruction des tissus concernés.
Le traitement est réalisé par voie percutanée, sous anesthésie locale, dans une salle de radiologie interventionnelle. Il ne nécessite pas d’incision chirurgicale au niveau du cou.
Autre avantage : contrairement à certaines interventions classiques, la thermoablation permet de préserver autant que possible le tissu thyroïdien sain et le fonctionnement de la glande. Elle ne laisse pas de cicatrice visible.
Après le geste, le patient reste environ deux heures sous surveillance avant de regagner son domicile. La prise en charge s’effectue donc en ambulatoire, dans le cadre d’une hospitalisation de jour.
La diminution du volume du nodule n’est toutefois pas immédiate. Elle s’opère progressivement au cours des mois qui suivent le traitement, avec pour objectif de réduire, voire de faire disparaître, la gêne ressentie par le patient.

Une alternative réservée aux nodules bénins

La radiofréquence ne s’adresse pas à tous les patients présentant un nodule thyroïdien. Le traitement concerne certains nodules volumineux et symptomatiques dont le caractère bénin a été préalablement confirmé par cytoponction, un prélèvement de cellules destiné à en analyser la nature.
L’indication est examinée au cas par cas. Le dossier de chaque patient est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), réunissant les spécialistes concernés, avant toute décision thérapeutique.
« Cette technique nous permet d’élargir les possibilités proposées aux patients. L’objectif n’est pas de remplacer la chirurgie, qui reste indispensable dans de nombreuses situations, mais de disposer d’une option supplémentaire pour des patients bien sélectionnés, dont le nodule est bénin mais entraîne une gêne réelle au quotidien », explique le Dr Delphine Drui, endocrinologue au CHU de Nantes.
La prudence reste donc de mise : la thermoablation constitue une possibilité supplémentaire, et non une solution universelle. Le choix du traitement dépend notamment des caractéristiques du nodule et de la situation clinique du patient.

Une prise en charge coordonnée entre plusieurs spécialités

Le développement de cette technique s’accompagne de la création d’une filière dédiée au sein du CHU de Nantes. Endocrinologues, chirurgiens et radiologues interventionnels travaillent ensemble pour sélectionner les patients susceptibles de bénéficier de cette approche.
Le parcours peut être engagé à partir d’une orientation par le médecin généraliste, l’endocrinologue ou le chirurgien. Après l’examen du dossier en réunion pluridisciplinaire, le patient rencontre le radiologue interventionnel avant la programmation du traitement.
Cette organisation vise à garantir que la radiofréquence constitue une option adaptée et à maintenir une continuité entre la décision thérapeutique, l’intervention et le suivi.

Trente-cinq patients traités depuis 2025

Mise en place à la fin du mois d’avril 2025, la filière a accueilli son premier patient en mai de la même année. Depuis, 35 patients ont été traités au CHU de Nantes pour un nodule thyroïdien bénin symptomatique. L’établissement prend actuellement en charge un à deux patients par semaine avec cette technique.
Le suivi se poursuit sur plusieurs années. Des examens cliniques et échographiques sont prévus à six mois, un an et deux ans après l’intervention. Ils permettent de mesurer la réduction du volume du nodule et d’évaluer l’évolution des symptômes.
Avec cette nouvelle activité, le CHU de Nantes enrichit son offre de soins pour les pathologies thyroïdiennes. L’enjeu est de proposer, lorsque les indications le permettent, des traitements plus ciblés et moins invasifs, tout en maintenant la chirurgie pour les situations où elle demeure nécessaire.
Une évolution qui illustre la place croissante des techniques mini-invasives dans la médecine spécialisée : traiter plus précisément, limiter les contraintes de l’intervention et adapter la réponse médicale aux besoins de chaque patient.

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