Robert Mitchum, mister cool

Bruce Webber consacre un documentaire attachant à l’acteur, grand gaillard à la voix grave, « Nice girls don’t stay for breakfast ».

Toujours bien entouré, Robert Mitchum jouait le vieux ronchon qu’il se plaisait à paraître.
Toujours bien entouré, Robert Mitchum jouait le vieux ronchon qu’il se plaisait à paraître.

Quand on aime le cinéma, on aime ses stars, et c’est à une star, Robert Mitchum, que Bruce Webber consacre un film, « Nice girls don’t stay for breakfast » (sortie le 27 février), qui porte le titre d’une chanson de Julie London. « Quand Mitchum arrivait dans une ville, les deux premières personnes qu’il rencontrait c’était une très belle femme et le chef de la police », déclarait le réalisateur, avant la projection de son film, au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Photographe et cinéaste, il avait filmé Chet Baker dans « Let’s get lost » (Oscar du meilleur documentaire en 1989), Bruce Webber a filmé le grand Bob à plusieurs reprises dans les années 90, notamment un jour de février 1991, au Beverly Hills Hotel, où Mitchum était venu avec son frère John, et avait alors raconté « des histoires de tournages, de bagarres dans les bars, de femmes… ». Entre deux anecdotes grivoises, l’acteur joue le vieux ronchon qu’il se plaisait à paraître, un macho qui n’aime pas les interviews, et répète une réponse tout faite (« Pire ! ») lorsqu’on lui demandait comment il allait, plus pour qu’on lui fiche la paix que par véritable mauvaise humeur.

« Je me pointe et je m’y mets »

Car « le dernier des Mohicans » était un homme « doux, gentil », assure Johnny Depp. Ce que confirme Benicio del Toro, qui raconte avoir grandi avec deux images de croquemitaine : « Dracula » de Bela Lugosi et Mitchum dans « Les nerfs à vif », qu’il a vu gamin à la télé, et dont il a essayé plus tard d’imiter la démarche. Mec « cool » et « bad boy », grand gaillard à la voix grave, Robert Mitchum était à la fois une légende et une « gueule » du cinéma américain. Dans cet attachant documentaire, on se régale de ses petites phrases, sur son job de comédien, « Je suis comme une vieille pute, je n’ai pas besoin de me préparer. Je me pointe et je m’y mets », ou les tabloïds, « L’alcool, les filles, tout est vrai. Inventez d’autres trucs si ça vous chante ».

Celui qui incarnait si souvent les cow-boys et les militaires, était aussi un crooner, et c’est un vrai plaisir de le voir chanter avec Marianne Faithfull, et « Cheek to cheek » avec Ricky Lee Jones. Plaisir de ce doc également, les nombreux extraits de ses films, il en a tourné plus de 130, dont « La nuit du chasseur », « Les forçats de la gloire », « Les indomptables », « La fille de Ryan », « Porky and Bess », « La rivière sans retour »… Comme un relent de nostalgie d’un certain Hollywood du passé.

Patrick TARDIT

« Nice girls don’t stay for breakfast », un film de Bruce Webber (sortie le 27 février).

La sortie de « Nice girls don’t stay for breakfast » est accompagnée de la publication d’un beau livre, « Mitchum x Weber », contenant de nombreux clichés inédits pris par Bruce Webber (La Rabbia/Diffusion Actes Sud/30€).
La sortie de « Nice girls don’t stay for breakfast » est accompagnée de la publication d’un beau livre, « Mitchum x Weber », contenant de nombreux clichés inédits pris par Bruce Webber (La Rabbia/Diffusion Actes Sud/30€).