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Un parc photovoltaïque sur la base de Chambley (54)

Une réunion d’information est prévue à la mairie d’Hagéville, ce vendredi 15 mars 2024, à propos de l’installation d’une ferme photovoltaïque à Chambley Planet’Air qui pourrait compromettre l’activité aéronautique. Explications.

Les montgolfières : un spectacle féérique (photo GEMAB)
Les montgolfières : un spectacle féérique (photo GEMAB)

Le projet d’installation d’un vaste champ de panneaux photovoltaïques sur la base aérienne de Chambley-Bussières, en Meurthe-et-Moselle, est-il compatible avec l’activité aéronautique (plus de 500 licenciés) et donc avec l’activité socio-économique du secteur où travaillent plus de 300 salariés ?

Des risques pour la sécurité

« Nous sommes favorables à ce projet, affirme Georges Humeau, président du Club d’ULM et président de l’association des usagers de la base qui regroupe cinq associations et cinq professionnels. Mais il est mal ficelé et il doit être corrigé, car l’implantation des panneaux est prévue sur 70 des 486 ha de la base, côté nord, là où sont concentrées les activités aéronautiques (200 ha). Or, les zones de la partie sud qui n’auraient aucun impact sur la sécurité et sur nos activités sont ignorées par les porteurs du projet. »
Le président des usagers précise que si ce parc photovoltaïque se concrétise, les championnats d’Europe d’ULM et le Mondial Air-Ballons de 2025 seraient compromis. De même que les meetings aériens, les activités des parachutistes, des parapentistes, le kitesurf et autres sports aériens. « Tout ce qui vole, du plus petit au plus gros aéronef, vole à Chambley, souligne Etienne Schertz, adjoint de la commune d’Hagéville qui couvre 288 ha de la base dont la partie aéronautique. On y compte 25.000 mouvements aériens par an. C’est la plus importante d’Europe. Un champ de panneaux photovoltaïque mettrait en cause beaucoup de choses, notamment la sécurité aérienne et le développement du site. »

Une usine à gaz

Le projet du parc photovoltaïque de Chambley est porté par la région Grand Est avec l’aide de la société d’économie mixte (SEM) SIPEnR, basée à Paris. Sa présidente est une élue parisienne, Florence Crocheton Boyer et sa directrice Delphine Bertsch. La SEM est elle-même assistée par un cabinet d’urbanisme lyonnais EGREGA. Dans ce projet d’un coût de 65 M€, la région Grand Est est actionnaire d’une SPV (Un fonds commun de créances) à hauteur de 30%, la SEM SIPEnR à 60% et Energie Partagée Investissement (EPI) à 10%.
À la région Grand-Est, Célia Blauel est la chef du projet Chambley. Plus officiellement « chef de projet stratégique, préfiguration d’un outil d’investissement dans les énergies non renouvelables (EnR) ». Célia Blauel est une ancienne adjointe de la maire de Paris, Anne Hidalgo, encartée EELV. Elle est placée sous l’autorité de Sabine François, directrice générale adjointe Transitions et du DGS de la Région.
La base aérienne appartient à la région Grand Est. La plate-forme est gérée par la Société Publique Locale (SPL) Madine-Chambley que préside Philippe Mangin, et qui englobe la Région, les départements de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, les communautés de communes de Mad-et-Moselle, des Côtes de Meuse-et-Woëvre, Metz-Métropole et Nancy-Métropole. C’est cette SPL qui aurait validé le périmètre d’implantation des panneaux sur l’espace aéronautique.

L’avis des maires

Avec une surface totale de panneaux de 70 ha (dont environ 54 ha au sol et 16 ha en ombrière), le projet, tel qu’il est conçu, table sur une puissance de 50 Mégawatt-crête au sol et 20 MWc en ombrière. La production sera ensuite raccordée au réseau.
Mais auparavant, les porteurs du projet doivent franchir quelques obstacles. Il leur faut un permis de construire de l’État et un accord de la DGAC (direction de l’aviation civile). Ce permis de construire doit être conforme au PLU (plan local d’urbanisme) des communes et avoir l’aval des maires concernés. Sans oublier les usagers de la base.
Bref, il y a encore de longues négociations à mener avec l’ensemble des acteurs qui ne sont pas tous forcément favorables à cette immense ferme photovoltaïque.
Chambley Planet’Air, en Meurthe-et-Moselle, est connue au-delà de nos frontières régionales et nationales, en raison du succès phénoménal du Mondial Air Ballons (GEMAB) porté jusqu’ici par Philippe Buron-Pilâtre et son épouse et repris par le groupe ABC.
Précisons que l’opération panneaux photovoltaïque de Chambley est purement financière, chacune des parties engrangera des dividendes au prorata de sa mise de départ.

 Projet photovoltaïque de Chambley

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