Le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de plusieurs destroyers et d’importants moyens aériens, fait route vers le Moyen-Orient depuis la zone Asie-Pacifique, selon des responsables américains cités par plusieurs médias.

Le président Donald Trump a lui-même précisé : « Nous avons une armada, nous avons une flotte massive qui se dirige dans cette direction, et peut-être que nous n’aurons pas à l’utiliser », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il préférait « ne rien voir arriver » tout en affirmant que Washington « surveillait de très près » la situation.
Ce mouvement naval intervient dans un contexte déjà explosif. En juin 2025, les États-Unis avaient bombardé trois sites nucléaires iraniens majeurs (Fordow, Natanz et Ispahan) à la suite d’une offensive israélienne, provoquant une riposte iranienne contre une base américaine au Qatar. Un cessez-le-feu fragile avait ensuite été conclu.
Une répression sanglante et un brasier intérieur
Depuis fin décembre 2025, l’Iran est secoué par une vague de contestation d’une ampleur exceptionnelle. Selon l’organisation basée aux États-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 4 900 à 5 000 personnes auraient été tuées dans la répression des manifestations, un bilan bien supérieur aux chiffres officiels iraniens (environ 3 100 selon les médias d’État).
Mi-janvier 2026, Donald Trump avait approuvé des options militaires le 13 janvier avant de renoncer à une frappe le lendemain, après que Téhéran eut annoncé suspendre les exécutions massives de manifestants arrêtés.
Signaux contradictoires de la Maison Blanche
À Davos, lors du Forum économique mondial, le président américain a déclaré que « l’Iran veut parler, et nous allons parler ». Quelques heures plus tard, à bord d’Air Force One, il rappelait pourtant que l’option militaire restait « très certainement sur la table ». Cette ambivalence est caractéristique de l’approche ‘’trumpienne’’ : menaces explicites couplées à des ouvertures diplomatiques de dernière minute.
Téhéran défie et se prépare au pire
Du côté iranien, le ton est devenu particulièrement combatif. Yahya Rahim Safavi, ancien commandant des Gardiens de la révolution et proche conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a affirmé que l’Iran se préparait à « une guerre fatidique avec Israël » et disposait d’« armes que personne d’autre n’a ». Le commandant Mohammad Pakpour a évoqué la possibilité d’une « guerre totale », tandis qu’Ali Abdollahi a prévenu que toute agression rendrait les intérêts américains « cibles légitimes et accessibles ».
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Washington d’avoir attisé les troubles internes et averti qu’une confrontation totale serait « désordonnée, féroce et beaucoup plus longue » que ce qu’Israël et ses alliés imaginent.
Conséquences immédiates sur le transport aérien
Face à la montée des tensions, plusieurs compagnies aériennes européennes ont pris des mesures préventives. Air France a suspendu ses vols vers Dubaï, tandis que KLM a annulé ses liaisons vers Tel-Aviv, Dubaï, Dammam et Ryad en Arabie saoudite, et ce, jusqu’à nouvel ordre, selon des annonces confirmées vendredi.
Vers une escalade ou une désescalade de dernière minute ?
Pour l’heure, aucune nouvelle frappe américaine massive n’a été ordonnée contre l’Iran. Le déploiement du groupe aéronaval et des renforts aériens (notamment des F-15) constitue toutefois une posture de forte dissuasion. Le risque d’embrasement régional demeure élevé : relance du programme nucléaire iranien, poursuite de la répression interne ou provocation militaire pourraient faire basculer la situation.
Entre la rhétorique belliqueuse de certains responsables iraniens et les signaux mixtes de Washington, la région retient son souffle. La diplomatie pourrait encore l’emporter, mais l’histoire récente montre que les pourparlers les plus prometteurs ont parfois précédé les frappes les plus soudaines.
La situation reste donc extrêmement fluide et imprévisible en ce début d’année 2026.
The USS 🇺🇸 Abraham Lincoln aircraft carrier can stay at sea for over 20 years without refueling, is 1,092 feet long, holds 70 jets, and launches them at 150 mph in just 2 seconds.
This war machine is heading straight for Iran as we speak. pic.twitter.com/1jx6RqA3jT
— Vivid.🇮🇱 (@VividProwess) January 22, 2026
Le régime iranien avertit que « toute attaque » sera considérée « comme une guerre totale » après l’annonce du déploiement de navires et d’avions de combat américains pic.twitter.com/LabIAaAs7a
— BFM (@BFMTV) January 24, 2026