Edition du jeudi 19 avril 2018

La rentrée sous le signe de la sécurité

Plus de 12 millions d’élèves du primaire à la terminale et quelque 870.000 enseignants reprennent aujourd’hui le chemin de l’école. Sous bonne protection. Avec plusieurs nouveautés pédagogiques. Et, déjà, une grève annoncée pour le 8 septembre !

12,4 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école

12,4 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école (DR)

Dans le contexte des menaces terroristes, la rentrée scolaire 2016 se fait sous le signe de la sécurité. Trois ministres ont qualifié de « priorité absolue » la sécurité dans les établissements scolaires. La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et celui de l’Agriculture (pour lycées agricoles) Stéphane Le Foll, ont pris des mesures exceptionnelles pour protéger les élèves comme les enseignants. En effet, les écoles et leurs maîtres sont connus pour être l’une des cibles potentielles du groupe Etat Islamique. Dans un numéro de novembre 2015, Dar-al-islam, revue de propagande, EI appelait à « combattre » et « tuer » les fonctionnaires de l’Education nationale parce qu’ils sont « des ennemis d’Allah » parce qu’ils « enseignent la laïcité » et sont « en guerre contre la famille musulmane ».
Des menaces prises au sérieux par les autorités. Au point que des consignes ont été données aux préfets et aux recteurs. Il s’agit d’abord de créer des « cellules académiques de gestion de crise » afin d’affecter du personnel d’encadrement à la surveillance dans et au bord des établissements ; à rester ensuite en éveil pour ne pas se laisser surprendre par une attaque quelconque ; enfin, à se préparer à une gestion de crise. Bien entendu des effectifs de police et de gendarmerie seront spécialement chargés de surveiller les établissements scolaires.

La réforme du collège

Du point de vue pédagogique, le changement majeur de cette rentrée concerne la réforme du collège. Elle prévoit, notamment, une semaine à 26 heures pour les élèves et un accompagnement personnalisé par le biais des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Chaque établissement aura ainsi la possibilité d’allouer 20% des horaires à du travail en petits groupes.
Le latin et le grec feront l’objet d’apprentissage dans le cadre d’un EPI « langues et cultures de l’Antiquité ». Une deuxième langue vivante est avancée d’un an, en 5ème, la première langue est apprise dès le CP. De nouveaux programmes entrent en vigueur du CP à la 3ème. Parmi les nouveautés on retiendra l’enseignement du codage informatique à partir du CE1. Le « plan numérique » prévoit de doter un quart des collégiens de tablettes et d’ordinateurs portables. Ils seront tous équipés dans les trois prochaines années.

Cérémonie républicaine

Tous les collégiens disposeront de nouveaux manuels, en français, en mathématiques et en histoire-géo. Un nouveau livret scolaire unique numérique (LSUN) fait son apparition même si le livret papier reste encore en vigueur.
Le nouveau brevet des collèges est remanié (contrôle continue, une épreuve orale, deux épreuves écrites). Il sera remis aux titulaires lors d’une « cérémonie républicaine ».
« Lire, écrire, compter et penser » voilà ce que nous tenons à faire acquérir à chaque élève » a expliqué la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem sur le site de l’Education nationale. Elle entend apaiser les esprits après les débats suscités par les réformes de cette rentrée qui ne doivent pas engendrer des polémiques stériles. « Non, l’arabe ne sera pas obligatoire, dit-elle à ses détracteurs, le latin n’aura pas disparu, la langue française sera plus que jamais une exigence fondamentale. »
Cela n’empêche pas l’intersyndicale SNES-SNEP-FSU, CGT, Sud et FO d’appeler à la grève le 8 septembre.

E.L.

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