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Covid-19 en Inde : Le Dr Maudrux relativise par les chiffres

Point-de-vue. Nous avons évoqué ce variant indien qui effraie la planète. Mais le Dr Gérard Maudrux prend la mesure de l’épidémie dans ce pays peuplé de plus de 1,3 milliard d’habitants. Toutes proportions gardées, la France est plus touchée que l’Inde par la Covid-19, dit-il.

L’Inde serait en train de faire face à une vague épidémique gigantesque. La presse titre en parlant de record du monde. « Avec 300 000 contaminations par jour, la situation semble hors de contrôle en Inde » selon France Info et Europe 1 le 26 avril 2021, « Inde, nouveau record de nouveaux cas dans le monde » selon Euronews,…

Il faut savoir raison garder, et vus de la France, ces titres m’évoquent un peu l’histoire de la paille et de la poutre dans l’œil. Est-ce qu’on cherche à nous faire (plus) peur ? Sans vouloir minimiser ce qui se passe en Inde, et sans présager de ce que sera demain, qui peut être pire, qu’en est-il à ce jour, toutes proportions gardées ?

En France 10 fois plus de cas

350 000 nouveau cas hier en Inde. Bigre. Et chez nous ? Depuis 1 mois, en France, la moyenne est de près de 35 000 cas / jour, plus de 20 000 cas / jour les 2 mois précédents, et nous avons connu un pic de 86 850 cas le 7 novembre 2020. France 67 millions d’habitants, Inde 1 375 millions, soit 20 fois plus. S’ils en sont à 350 000 cas / jour, à population égale, nous serions à 700 000 cas /jour, soit 2 fois plus qu’eux. Pire, eux c’est un pic, un jour, nous c’est tous les jours depuis des mois, et nous aurions connu un pic à 1,74 million le 7 novembre !

A ce jour ils ont 3 fois plus de cas que lors de leur première vague, nous c’est 10 fois plus que lors de notre première vague (on teste plus, eux aussi). Alors, ce record du monde, le vrai, il est où ? Cette courbe le démontre également :

Nombre de cas/million d’habitants, France en noir, Inde en rouge. Source : Our World in Data

Nombre de décès à population égale

Pour les décès, qu’en est-il ? 3 000 morts /jour chez eux, et chez nous 350 hier, 400 avant-hier, moyenne 300 / jour depuis 2 mois, soit à population égale 2 fois plus chez nous. Certes il faut attendre 15 jours pour avoir une meilleure idée des décès correspondant à ces 350 000 cas quotidiens, mais là encore d’un côté on est sur un pic, de l’autre une moyenne depuis des mois. Pour mieux apprécier ces moyennes, regardons la situation sur 1 an, qu’en est-il de la mortalité due au Covid en Inde depuis le début ? 192 000 morts au total en Inde, contre 103 000 chez nous. A population égale nous aurions 1 million de morts malgré de bien meilleures conditions sanitaires.

Pourquoi une telle différence ? Certes on peut douter des remontées de terrain et des statistiques, qui sont certainement minorées, mais pas dans un rapport de 1 à 10. Leur population est plus jeune, mais pas autant qu’on pourrait le penser. Si l’espérance de vie y est plus faible, 71 ans contre 83, c’est en grande partie parce que la mortalité infantile est 10 fois plus élevée qu’en France (27/1000 au lieu de 3). En proportion, nous avons deux fois plus de plus de 60 ans qu’eux, il est donc normal qu’ils aient moitié moins de décès, mais pas 10 fois moins. Par contre il faut aussi tenir compte de leurs conditions sanitaires : si l’Inde avait les mêmes conditions que nous, ils auraient sans doute moitié moins de morts (nous sauvons la moitié de ceux qui passent en réanimation, eux ne peuvent même pas les prendre en soins normaux). En gros ces deux critères s’annulent, l’un divisant par deux, l’autre multipliant par deux. Nous restons donc dans un rapport de 1 à 10. C’est ailleurs qu’il faut chercher des explications. A part la manière de traiter, je ne vois pas.

Traitements à l’ivermectine

L’Inde a beaucoup utilisé HCQ, mais aussi l’ivermectine, bien que non validées par leur agence sanitaire, qui a la même attitude que la nôtre. En Inde on peut observer la même situation qu’au Mexique, avec un gouvernement opposé aux traitements précoces, et des États qui passent outre, ce qui permet de juger de l’efficacité de ces traitements, alors que les chiffres pays par pays ne montrent rien. Ainsi au Mexique, je vous ai déjà montré (et Enzo Lolo sur Médiapart) que le Chiapas, qui distribue l’ivermectine, a 4 à 5 fois moins de morts que le reste du pays, le summum se situant à Mexico où la mortalité y est 10 fois celle du Chiapas. Voyant cela, Mexico est passé outre en suivant le chemin de l’Ivermectine il y a deux mois. Conséquence : une chute importante des décès, alors que pour l’ensemble du pays, ce n’est pas brillant.

En Inde, l’Uttar Pradesh utilise l’ivermectine depuis fin août 2020. 200 millions d’habitants, 3 fois plus que nous, 10 000 morts au 20 avril 2021, 10 fois moins que nous, soit un rapport de 1 à 30.  Vous pouvez consulter ici, les cas et les décès par région (faites passer le curseur sur chacune pour avoir les détails).  La région la plus touchée aujourd’hui par le variant indien qui semble le plus méchant à ce jour, est le Maharashtra, où se situe la capitale Bombay. 104 millions d’habitants, 62 000 morts, 12 fois plus que l’Uttar Pradesh ! Situation vis à vis de l’ivermectine strictement superposable au Chiapas et Mexico.

Pour faire face à cette situation, le Ministère de la Santé vient de sortir un protocole, le 22 avril, avec … l’ivermectine (et HCQ) ! Et le Mexique l’aurait fait le 23 avril pour tout le pays.

 

En ce qui concerne la vaccination, l’Inde est le pays qui a le plus vacciné au monde, essentiellement avec l’AstraZeneca, et comme dans beaucoup d’endroits, on note un parallèle avec une reprise des cas et l’apparition de mutants. Y a-t-il une relation avec cette vaccination massive et la nouvelle vague, comme dans beaucoup de pays ? Maintenant, précisons que le “massif” doit être nuancé : massif en chiffres absolus comparativement à nombre de pays, vu le nombre de doses injectées en 1 mois et demi, mais à l’échelle du pays, c’est peu relativement : 100 millions de premières doses, 22 millions à 2 doses, cela reste faible avec seulement 1,7% de la population vaccinée à deux doses.

Diminution de la mortalité

Tout ceci est bien entendu à suivre de près, car la vague ne fait que commencer là-bas, alors que chez nous elle traîne depuis 4 mois et est proportionnellement plus importante, pourtant avec des variants moins méchants. Leur chiffre de 3 000 morts devrait grimper fortement, mais sachez que nous avons eu en novembre des pics à 1 000 morts pendant une quinzaine de jours, ce qui ferait chez eux 20 000 morts / jour. Espérons qu’ils feront mieux que la France, vu leurs conditions sanitaires actuelles.

Les résultats de l’utilisation de l’ivermectine seront intéressants à suivre, avec une réserve : l’arrivée de BigPharma, avec Gilead qui a réussi à caser son Remdesivir que tout le monde s’arrache là-bas, se substituant à l’ivermectine. Toutes les études montrent pourtant alors que ce produit ne diminue en rien la mortalité, produisant des effets secondaires notamment rénaux graves, alors que l’ivermectine, diminuant cette celle-ci par 5, arrivait à maintenir un taux de mortalité plus qu’honorable dans les États où elle était utilisée. Réussir à fourguer un médicament dont on ne veut plus et qui dans le meilleur des cas réduirait l’hospitalisation de 2 jours dans un pays où on ne peut hospitaliser, bravo !

*Dans une première vie chirurgien urologue libéral à Grenoble, Gérard Maudrux a présidé pendant 18 ans et jusqu’à la fin de 2015 la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France, la CARMF. Il tourne la page avec un seul regret : avoir encore des choses à dire. Le Dr Maudrux les a toujours défendues le verbe haut, au besoin seul contre tous. Il défend notamment le traitement par l’ivermectine.

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