Gaz lacrymogènes à Lyon, Marseille, Clermont-Ferrand ou Nantes, cortèges calmes à Strasbourg et Bordeaux : le 24 octobre, la contestation se poursuit sous haute surveillance policière. Elle ne porte plus seulement sur le pouvoir d’achat, mais aussi sur le droit de manifester.

Une semaine après les violences et les pillages du 17 octobre, la mobilisation sociale s’est poursuivie samedi dans de nombreuses villes. Un dispositif policier très important a permis de contenir les affrontements, mais des heurts ont éclaté dans plusieurs agglomérations. À Lyon, Marseille, Clermont-Ferrand et Nantes, des échauffourées et des tirs de gaz lacrymogènes ont été signalés. À Strasbourg et Bordeaux, les cortèges ont d’abord défilé dans le calme.
Le droit de manifester au cœur de la contestation
Les premiers éléments recueillis sur le terrain décrivent une crise qui ne se réduit plus aux revendications économiques. Au-delà du pouvoir d’achat, les restrictions de rassemblement, la réponse policière et les attentes de la jeunesse alimentent la mobilisation. Le droit de manifester est désormais l’un de ses thèmes centraux.
Paris : des tensions autour du parcours
Le cortège parisien s’inscrit dans une contestation plus large. Il associe revendications sociales, soutien aux lycéens et inquiétudes sur les libertés publiques. Des restrictions de circulation et un dispositif policier renforcé ont encadré la journée. Le bilan définitif de la participation et des éventuelles interpellations n’était pas encore établi.
Marseille : de longues heures de calme, puis des heurts
Selon le direct du Monde, la manifestation s’est déroulée dans le calme pendant l’essentiel du parcours. En fin d’après-midi, des heurts ont opposé quelques dizaines de personnes aux CRS, près de la porte d’Aix. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés, et un feu de poubelles a nécessité l’intervention des marins-pompiers. La préfecture a compté 17 000 manifestants, un chiffre que la densité du cortège, telle qu’elle est décrite, semble remettre en question.
Lyon : des cortèges dispersés malgré l’interdiction
Malgré l’interdiction de manifester dans le secteur concerné, plusieurs milliers de personnes, plus de 10 000 selon les premières estimations, se sont rassemblées et ont circulé dans le 7e arrondissement. Des tirs de gaz lacrymogènes ont fragmenté les cortèges. Des barricades improvisées avec des trottinettes ont été signalées, tandis que des blindés de la gendarmerie étaient déployés.
Strasbourg : une ambiance « bon enfant », puis un rassemblement non déclaré
À Strasbourg, 6 600 manifestants étaient recensés à 15 heures. Le défilé déclaré par la CGT et la FSU s’est déroulé dans une ambiance décrite comme bon enfant. Après l’arrivée du cortège officiel, des centaines de jeunes ont engagé un rassemblement non déclaré. Les premiers gaz lacrymogènes ont alors été signalés.
Clermont-Ferrand : un centre-ville sous tension
Les manifestants ont tenté de rejoindre le centre-ville, où les rassemblements étaient interdits. Des tirs de gaz lacrymogènes ont repoussé les groupes près de la place de Jaude, et des barrières métalliques ont été renversées.
Nantes : neuf interpellations
Selon la préfecture, des personnes ont tenté de franchir un périmètre interdit aux rassemblements non déclarés. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau. Neuf personnes ont été interpellées, d’après le bilan communiqué.
Bordeaux, Limoges, Lille : calme, puis lacrymogènes
À Bordeaux, le défilé progressait en milieu d’après-midi sur son itinéraire initial, malgré l’interdiction préfectorale rapportée par le journal. Aucun affrontement n’y était alors signalé.
À Limoges, plusieurs milliers de manifestants, majoritairement des jeunes, ont défilé malgré une interdiction préfectorale. Les premiers tirs de gaz lacrymogènes ont été signalés dans le centre. Pouvoir d’achat, perspectives d’avenir et droit de manifester figuraient parmi leurs motifs de mobilisation.
À Lille, plusieurs milliers de personnes ont pris part au défilé. Des tirs de gaz lacrymogènes ont coupé le cortège, tandis que les forces de l’ordre bloquaient certains accès du centre-ville.
Orléans : congrès du RN et contre-manifestation
La ville était aussi au cœur de l’actualité, avec le congrès du Rassemblement national et une contre-manifestation annoncée. Un important dispositif de sécurité y avait été prévu. Des autocars transportant environ 220 personnes, dont des personnes sans papiers, ont été retenus plusieurs heures près d’Orléans. Ils sont repartis dans l’après-midi vers Paris, sous escorte policière.
Dans l’après-midi, Jordan Bardella a été réélu président du Rassemblement national avec 98,98 % des suffrages.
Manifestations du 24 octobre: situation compliquée à Marseille, des poubelles incendiées https://t.co/URyTOmEzoO
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Les forces de l’ordre sont intervenues ce samedi 24 octobre pour évacuer la place de la Bastille à Paris.
Le secteur avait été interdit de tout rassemblement par la Préfecture de police, qui avait décalé le tracé officiel entre la Porte d’Italie et la Porte de Vincennes.
Plusieurs manifestants venus se rassembler sur place malgré l’interdiction ont été repoussés sous la pression du dispositif policier.
Source : @Sarah176Israel @PAT_SB79
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