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Municipales : Paris risqué pour Agnès Buzyn

L’ex ministre de la Santé défendra les couleurs LREM à Paris après le retrait de Benjamin Griveaux. Combat difficile face à deux autres femmes : Anne Hidalgo à gauche et Rachida Dati à droite.

Agnès Buzyn
Agnès Buzyn part à la conquête de Paris (wikipedia)

Il fallait un poids lourd du gouvernement pour reprendre la main et faire oublier la sextape de Benjamin Griveaux. Après deux jours de réflexions et de valse-hésitation, c’est finalement la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, 58 ans, qui prend la tête de la liste LREM dans la course à la mairie de Paris les 15 et 22 mars 2020.
Affaiblis par des mois de contestation sociale, les Gilets Jaunes d’abord, la réforme des retraites ensuite, les Marcheurs connaissent de grosses difficultés dans la plupart des villes de France.
C’était aussi le cas à Paris où Benjamin Griveaux arrivait en troisième position (avec 16%), largement derrière la maire sortante, Anne Hidalgo, donnée favorite au premier tour avec 23% d’intentions de vote (selon un sondage Odoxa pour le Figaro) et derrière Rachida Dati, tête de liste des Républicains (20%).
Il est vrai aussi que le député-mathématicien Cédric Villani, ancien LREM et désormais sans étiquette, engrange 10% des intentions de vote. Il faudra compter aussi avec la liste EELV de David Belliard qui s’arroge un peu plus de 14% des suffrages. Les autres candidats : Serge Federbusch pour le RN et Danielle Simonnet pour LFI plafonnent à 4% selon le même sondage qui place Gaspard Gantzer (sans étiquette) au niveau des pâquerettes (2%).

Nouvelle donne

L’arrivée d’Agnès Buzyn dans la compétition parisienne rebat singulièrement les cartes. Le coup est politiquement habile. Car la désormais ex-ministre de la Santé était un poids lourd du gouvernement d’Edouard Philippe. C’est aussi une femme qui va se mesurer à d’autres femmes.
Médecin hématologue, professeure des universités, praticienne hospitalière, elle a occupé de nombreuses responsabilités dans de nombreuses sociétés scientifiques liées à la médecine ou au nucléaire. Ministre de la Santé et des Solidarités depuis le 17 mai 2017, elle va pouvoir compter sur les puissants réseaux qu’elle s’est constituée au cours de sa carrière.
Agnès Buzyn est une battante. Et si elle part à la conquête de la mairie dans les difficiles conditions que l’on sait, c’est qu’elle ne compte pas faire de la figuration à moins d’un mois du premier tour de l’élection. « J’y vais pour gagner » dit-elle. Elle sait aussi que son arrivée impromptue dans la course va booster le parti macroniste jusqu’ici à la dérive.

Sur tous les fronts

Mais les obstacles seront nombreux sur sa route. Parce qu’Agnès Buzin était sur tous les fronts au ministère de la Santé. Parmi les dossiers chauds qu’elle laisse à son successeur, il y a les Urgences hospitalières, la réforme des retraites, la dépendance et le coronavirus qui vient de faire un premier mort sur le territoire français. Des dossiers délicats qui ne lui ont pas valu que des amitiés.
En outre, elle a été soupçonnée de conflit d’intérêts avec des laboratoires de l’industrie pharmaceutique avant 2011. Ajoutons que l’époux d’Agnès Buzin, Yves Lévy, a été nommé directeur général de l’INSERM le 11 juin 2014. Mais le renouvellement de ce mandat en 2018 a fait polémique compte tenu du poste d’Agnès Buzyn comme ministre de la Santé.
Elle est remplacée comme ministre de la Santé par Olivier Véran, 40 ans, médecin hospitalier neurologue.

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