Grand Est

Municipales à Strasbourg : les écolos ont le vent en poupe

cathédrale Strasbourg
La cathédrale de Strasbourg (Flickr)

Le retour de Catherine Trautmann (PS) dans la course à la mairie de la capitale alsacienne va sans doute faire bouger les lignes. Au point de détrôner les écologistes de la liste EELV d’Anne Barseghian ?

Strasbourg, est une superbe ville de 277.000 habitants au cœur de l’Eurométropole (491.000 habitants). Chef-lieu de la région Grand Est, Strasbourg est aussi capitale européenne.
La ville offre une qualité de vie exceptionnelle grâce à ses nombreux parcs et jardins, son architecture unique, ses restaurants gastronomiques, ses spécialités culinaires, ses salles de spectacles et autres lieux culturels. Elle s’enorgueillit d’être la 4ème ville cyclable au monde (560 kilomètres de pistes et bandes cyclables en 2017), la 2ème place bancaire de France.
Après deux mandats, le maire socialiste Roland Ries ne se représente pas. Pas plus d’ailleurs que le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann. Cela laisse le champ libre à de nombreux prétendants à la mairie de Strasbourg (65 sièges).

Le retour de Catherine Traumann

Les têtes de liste sont dans les starting-blocks. Jeanne Barseghian a reçu l’investiture d’Europe Ecologie les Verts. Chantal Cutajar, adjointe au maire, conduira la liste Citoyens engagés. Alain Fontanel, premier adjoint au maire, a reçu l’investiture de La République en Marche, Pascale Hirn est candidate pour l’UPR. Kevin Loquais pour la liste Strasbourg en commun, liste à l’initiative de La France Insoumise soutenue par Génération.s (avec Améris Amblard). Hombeline du Parc, est tête de liste du Rassemblement national après l’abandon de Thibault Gond-Manteaux.. Catherine Trautmann prend la tête de la liste PS après le désistement de l’adjoint au maire Mathieu Cahn. Jean-Philippe Vetter, conseiller municipal, a reçu l’investiture Les Républicains.
Le retour de Catherine Trautmann est inattendu. L’actuelle vice-présidente de l’Eurométropole a été députée (PS) du Bas-Rhin, ministre de la Culture de Lionel Jospin, député européenne mais aussi maire de Strasbourg et présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg de 1989 à 1997 et de 2.000 à 2001. Elle sera battue à plate couture en 2001 dans une triangulaire contre Fabienne Keller (UMP) et Jean-Claude Petitdemange (PS dissident) son ancien adjoint aux finances.
En 2007, elle laissera la place à Roland Ries et sera élue adjointe à l’Eurométropole.

Ce n’est qu’un sondage

Les Strasbourgeois se souviendront-ils que c’est à Catherine Trautmann qu’ils doivent la réalisation du tramway, l’essor des transports publics et de la requalification de Strasbourg en ville écologique ?
Jusqu’ici, dans la capitale alsacienne, s’affrontaient la gauche classique et la droite traditionnelle. Désormais, il faudra compter avec les Verts d’EELV dont la liste, tirée par Anne Barseghian, est créditée de 27% des intentions de vote au premier tour, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio.
La liste d’Alain Fontanel (LREM) obtiendrait 25%, la liste LR de Jean-Philippe Vetter 14%, la liste du RN de Hombeline du Parc 11%. Et celle de Catherine Traumann…. 9% à égalité avec la liste de la France Insoumise. Les autres n’obtenant que des miettes.
Au second tour, le 22 mars, Jeanne Barseghian l’emporterait avec 40% des suffrages dans l’hypothèse d’une quadrangulaire avec Alain Fontanel (32%), Jean-Philippe Vetter (16%) et Hombeline du Parc (12%).
Mais faut-il croire aux sondages ? A Strasbourg, ils se sont largement trompés en 2001 lorsque Catherine Trautmann fut donnée largement gagnante des municipales contre Fabienne Keller. C’est l’inverse qui s’est produit.

Recomposition

Le dernier sondage pour les élections de 2020 est-il plus fiable ? Il semble prendre en compte la poussée écologiste dans cette grande ville universitaire et cosmopolite où la population est très sensibilisée à l’urgence climatique.
Confirmation a été donnée dans les urnes, lors des élections européennes de 2019. Les Verts ont obtenu 20,69% des suffrages, derrière la République en Marche (27,75%) mais loin devant le Front national (12,80%) et surtout devant le PS (7,7%) et la droite classique (7,30%).
Un an plus tard, le contexte a changé. Les Gilets jaunes et les opposants à la réforme des retraites ont porté un coup sévère aux macronistes. Si bien que le score attribué à Alain Fontanel apparaît très optimiste dans le sondage Ifop.
Reste la personnalité de Catherine Trautmann. Va-t-elle siphonner les voix des macronistes ? Va-t-elle en prendre à Jeanne Barseghian, beaucoup plus jeune et inexpérimentée en politique ? Où va-t-elle rester en-deçà des 10% ? Il faut attendre encore un peu pour avoir les réponses.
Mais à Strasbourg comme ailleurs les élections municipales vont confirmer la recomposition du paysage politique au profit des Verts d’EELV.

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