France

Du Macron sans surprise

Le chef de l’Etat a fixé quatre nouvelles grandes orientations politiques au cours de sa conférence de presse de ce jeudi. Mais aucune mesure concrète propre à calmer la colère des Gilets jaunes à deux jours de l’acte 24.

Le président de la République au cours de sa conférence de presse à l’Élysée le 25 avril 2019 (Capture Euro news)
Le président de la République au cours de sa conférence de presse à l’Élysée le 25 avril 2019 (Capture Euro news)

Il était attendu au tournant. Notamment par les Gilets jaunes qui préparent l’acte 24 de leur protestation, samedi 27 avril à Paris, intitulé « Riposte générale » et qui, depuis plus de cinq mois, réclament plus de justice sociale et fiscale. Emmanuel Macron avait donc pour objectif, au cours de la conférence de presse qu’il a tenue, ce jeudi à l’Elysée, à la fois de tirer les conclusions du Grand débat national et d’apporter des éléments de réponse concrets susceptibles de calmer cette colère sociale.
A-t-il réussi son pari ? Voire.

« Sentiment d’abandon »

Dans son propos liminaire, le chef de l’Etat a établi un diagnostic assez juste de la situation politique et sociale du moment en évoquant « le profond sentiment d’injustice » d’une partie des Français, « le manque de considération… de confiance dans les élites… ».
Quelle réponse ? « [Elle] n’est pas dans le reniement » dit-il. Mais… « dans l’art d’être Français ». Il propose ainsi quatre grandes orientations nouvelles :
1- Changer en profondeur notre démocratie et notre administration.
En réduisant le nombre de parlementaires, en instillant une dose significative de proportionnelle, en donnant plus de place aux maires, en renforçant le droit de pétition au niveau local. Un nouvel axe de décentralisation est proposé sur chaque territoire portant sur le logement, les transports etc.) Et, nouveauté, créer un Conseil de la participation citoyenne, composé de 150 citoyens tirés au sort dès le mois de juin remplacera le Conseil économique sociale et environnemental. Le président annonce aussi la fin de la fermeture des services publics sans l’accord du maire et la création, dans les territoires, d’une Maison France services. Il confirme en outre vouloir supprimer l’ENA.
2- Remettre l’humain et la justice au cœur du projet national.
Pas question de revenir sur la suppression de l’ISF mais le président va confier à la Cour des comptes le soin d’examiner les sommes qui échappent à l’impôt. Au reste, les impôts seront baissés pour « ceux qui travaillent ».
Mais la véritable injustice, a précisé Emmanuel Macron, c’est celle de la naissance. D’où l’idée d’agir dès la petite enfance, au niveau de l’éducation (des classes de 24 élèves maximum en CE1).
Le président veut aussi réformer l’assurance chômage, réindexer les retraites de moins de 2.000 € sur l’inflation et faire en sorte que « le travail paie ».
3- Investir pour la transition écologique.
« Le climat doit être au cœur du projet national » a souligné Emmanuel Macron. « La convention citoyenne devra d’abord plancher sur la simplification, la clarification et si besoin l’augmentation des mesures incitatives à la transition énergétique, mise en place d’un Conseil pour mettre au cœur de toutes les politiques la question de l’urgence climatique ».
Au fond, a ajouté Macron, « il nous faut bâtir un agenda des transitions 2025 ».

4- Défendre les permanences du projet français.
Le président parle de « cet art d’être Français » qui consiste à s’attacher à notre langue et à notre culture, à la famille, à la laïcité. A redéfinir les politiques familiales, à conforter le droit d’asile « un devoir » mais à repenser la politique de développement et de l’immigration de l’Union européenne.

L’Acte 24 à Paris et Strasbourg

Voilà l’essentiel des quatre grandes orientations du président de la République suivies d’une kyrielle de questions des journalistes présents à l’Elysée. Benalla ? « Je ne regrette pas de l’avoir embauché à l’Elysée mais je lui en veux ».
Au terme de ce long exercice, les Gilets jaunes « ne sont pas déçus car nous n’attendions rien » confirme un GJ de Nancy. « Nous ne voulons pas de quelques miettes ou de projets en 2025. Nous voulons du concret tout de suite. Du fric, il y en a dans ce pays, beaucoup. On l’a vu avec l’incendie de Notre-Dame, certains milliardaires trouvent 100 ou 200 millions d’euros d’un claquement de doigts. A Macron d’aller cher cet argent pour le donner aux plus démunis d’entre nous. Voilà ce qu’on veut. »
D’ailleurs, l’acte 24 est non seulement maintenu mais les principaux leaders appellent sur les réseaux sociaux à un grand rassemblent à Paris, samedi 27 avril, et à Strasbourg.

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