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Un chouette « Club Kid » et un « Méli-Mélo » dans la tête

Le Festival de Deauville 2026 récompense l’histoire d’un fêtard newyorkais qui découvre les joies de la paternité et un bouleversant film d’animation sur la maladie d’Alzheimer.

Choisi pour « sa puissance et sa délicatesse », « Club Kid » a reçu le Grand Prix et le Prix du Public, le réalisateur Jordan Firstman y incarne également le rôle principal.

Voilà, c’est fini pour la 52ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, qui a décerné samedi soir son palmarès. Président du jury, Roschdy Zem observait que les treize films présentés en compétition évoquent plus « la graine d’un cauchemar américain » qu’un rêve made in USA. Au sein de ce jury, l’acteur était entouré de Camille Chamoux, Cécile de France, Euzhan Palcy, Raphaël Personnaz, Lola Quivoron, Mohamed Mbougar Sarr, Laura Smet, et celui que tout le monde surnomme désormais Charles ou le général, le comédien Simon Abkarian, depuis son interprétation de Charles de Gaulle au cinéma.

Avec deux prix chacun, deux films sont les grands gagnants de cette édition : « Club Kid » ou lorsque l’enfant paraît et « Méli-Mélo » lorsque disparait la mémoire. Grand Prix et Prix du Public, « Club Kid » de Jordan Firstman (en salles le 4 novembre) a été choisi pour « sa puissance et sa délicatesse ». Ce film est d’abord une plongée dans le monde de la nuit de New York, où un nightclubber gay, toxico, fauché, incarné par Jordan Firstman lui-même, a perdu dix ans de sa vie à faire la fête ; mais tout change lorsque débarque de Londres son jeune fils de dix ans, dont il ignorait l’existence.

Un magnifique film d’animation

Tout premier film d’animation présenté en compétition au festival, « Méli-Mélo » de Leah Nelson a reçu un Prix du Jury et le Prix de la critique.

Tout premier film d’animation présenté en compétition au festival, « Méli-Mélo » de Leah Nelson (en salles le 20 janvier 2027) a reçu un Prix du Jury et le Prix de la critique. Inspiré d’un roman graphique autobiographique de Sarah Leavitt, dans lequel la graphiste évoque la maladie d’Alzheimer de sa mère, c’est un long-métrage à la fois magnifique et bouleversant qui en fera pleurer plus d’un. Autre Prix du Jury, « If I go will they miss me » de Walter Thompson-Hernández (en salles le 6 janvier 2027) qui montre « une Amérique qu’on ne voit jamais » et « le renversement de l’imaginaire de la banlieue américaine ». Dans cette œuvre touchante, un jeune garçon qui habite tout près de l’aéroport de Los Angeles s’invente une mythologie familiale.

Présidé par la chanteuse Lio, le jury de la Révélation a choisi de décerner son Prix à « un film qui aborde un sujet douloureux, la perte d’un ami cher, et comment on retrouve l’envie de vivre », « Mouse » de Kelly O’Sullivan et Alex Thompson. Le Prix Canal+ revient un film « singulier », « Test » de Sam McConnell, choisi « pour sa justesse et sa force » et qui raconte le destin d’un culturiste dans l’Ohio, inspiré de la propre histoire du scénariste et acteur Brock Yurich, qu’on pouvait croiser ces derniers jours dans les rues de la ville. Recevant ce prix, le big musclé assurait les larmes aux yeux qu’il venait de passer à Deauville « la meilleure semaine de sa vie ».

Dans l’après-midi, Catherine Deneuve avait quant à elle évoqué son « Cinéma américain » dans le beau musée deauvillais, Les Franciscaines : « Le cinéma américain est un cinéma très tonique, j’ai toujours aimé, les acteurs y sont assez puissants », confiait-elle sur le tapis rouge. Pour clore cette édition, le festival s’échappait de la Normandie pour aller jusqu’en Bourgogne, avec « Burgundy », coréalisé par Michael Dweck et Gregory Kershaw. Un documentaire curieux dans l’univers vinicole, déconcertant et tout aussi surprenant d’y découvrir un court extrait de « Bonnie and Clyde », avec Faye Dunaway, la star venue recevoir en début de semaine un Icon Award à Deauville.

Film « singulier », « Test » de Sam McConnell (au centre), est inspiré de la propre histoire du scénariste et acteur Brock Yurich (à droite) qui disait avoir passé la meilleure semaine de sa vie à Deauville (Photo Michel HAUMONT).

Patrick TARDIT

Palmarès du 52e Festival de Deauville

Grand Prix : « Club Kid » de Jordan Firstman

Prix du Jury : « Méli-Mélo » de Leah Nelson et « If I go will they miss me » de Walter Thompson-Hernández

Prix de la Révélation : « Mouse » de Kelly O’Sullivan & Alex Thompson

Prix de la critique : « Méli-Mélo » de Leah Nelson

Prix du Public de la Ville de Deauville : « Club Kid » de Jordan Firstman

Prix Canal + : « Test » de Sam McConnell

Prix d’Ornano-Valenti (Avec le soutien de la Motion Picture Association et le Fonds Culturel Franco-Américain) : « La Gradiva » de Marine Atlan (En salles le 21 octobre 2026)

Pour son premier film, « La Gradiva », Marine Atlan (au centre) a reçu le Prix d’Ornano-Valenti, elle était accompagné au Festival des acteurs Colas Quignard et Antonia Buresi (Photo Michel HAUMONT).
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