Le film de Laura Samani est une tendre et charmante chronique de la jeunesse, avant l’entrée dans la vie adulte, parce que tout est très sérieux quand on a 17 ans.

Sélectionné à la Mostra de Venise, au Festival du Film Italien de Villerupt, et présenté en avant-première aux Rencontres du Cinéma de Gérardmer, « Une année italienne » réalisé par Laura Samani (sortie le 10 juin) est inspiré d’un roman, « Une année d’école » de Giani Stuparich. « Ce roman est très important pour moi, car il parle de la jeune fille que j’ai été quelques années plus tôt », assure la réalisatrice qui l’a lu lors de sa dernière année au lycée de Trieste, où se déroule à la fois le livre et le film.
Mais si le roman est situé un siècle plus tôt, le long-métrage s’écoule lors de l’année scolaire 2007-2008, l’année de terminale de Laura Samani. A la rentrée au Lycée Marie Curie, arrive une étrangère, une jeune Suédoise, jolie blonde aux yeux bleus, seule fille de sa classe terminale dans ce lycée technologique à l’univers masculin. Fred, 17 ans, est incarnée par Stella Wendik dont c’est le tout premier rôle au cinéma, mais qui a déjà une véritable présence à l’écran.
Amitié et affinités électives

Fille au milieu de tant de garçons, sa présence perturbe forcément et elle subit d’abord une forme de bizutage, ses fringues piquées au vestiaire après une séance de sport. Mais la bonne élève va vite traîner avec une bande de trois garçons, le beau gosse timide, le frimeur suicidaire, le grand frère, tous également interprétés par des comédiens débutants. Ils la considèrent comme « un copain », un quatrième membre de la bande, la seule demoiselle autorisée à pénétrer dans « L’Embuscade », leur antre plus ou moins secrète dans une ancienne imprimerie.
Malgré elle, Fred sème quand même la pagaille dans la petite troupe, car les trois gars sont forcément tous amoureux d’elle. « Une année italienne » est ainsi une tendre et charmante chronique de la jeunesse, à l’âge de l’éducation sentimentale, du désir et de la séduction, de l’amitié, des affinités électives, de la jalousie et des rivalités… Ce récit raconte combien cette dernière année de lycée les aura tous fait grandir, mûrir, avant que les inséparables ne doivent se séparer, avant l’entrée dans la vie, dans le monde des adultes, et évoque combien tout est très sérieux quand on a 17 ans.
Patrick TARDIT
« Une année italienne », un film de Laura Samani (sortie le 10 juin).