Le cinéma arabe se projette à Fameck

Le cinéaste Philippe Faucon préside le jury de la 30ème édition du Festival du Film Arabe, qui se déroule jusqu’au 14 octobre.

Une cinquantaine de films seront projetés en une dizaine de jours.

Organisé par la Cité Sociale et la Ligue de l’enseignement – FOL Moselle, le Festival du Film Arabe de Fameck – Val de Fensch est né de la rencontre entre un groupe de jeunes adolescents, passionnés de cinéma, et un prêtre ouvrier nommé Mario Giubilei. D’abord local et modeste, le Festival a aujourd’hui pris de l’ampleur et est devenu l’un des rendez-vous majeur de la rentrée culturelle dans la région Grand Est.

La programmation de la 30ème édition qui vient de s’ouvrir, et se déroulera jusqu’au 14 octobre, regroupe plus de 50 films et 110 projections sur dix jours, pour quelques 15 000 festivaliers, et représentant de nombreux pays arabes : Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Mauritanie, Syrie, Palestine, Irak, Yémen, Liban… Le Festival propose une programmation riche avec des genres, écritures et mises en scène variées qui représentent les productions actuelles du monde arabe. Le fruit de 30 éditions ont permis à la manifestation, petit à petit, de croître tout en perpétuant sa vocation initiale, savoir offrir aux jeunes du quartier une ouverture sur le monde culturel et associatif. Si, pour son millésime 2019, le Festival du Film Arabe, invitera comme à son habitude à découvrir de nombreux films, courts et longs métrages de fiction, mais aussi documentaires, parmi lesquels une proportion importante d’inédits, il replongera également, par le biais de rétrospectives et d’invités spéciaux, dans les plus belles pages de son histoire.

Le jury de cette édition sera présidé par le cinéaste Philippe Faucon, né à Oujda au Maroc, et qui a passé son enfance en Algérie et au Maroc avant de poursuivre des études en France ; il est notamment le réalisateur de « Samia », « La Trahison », « Dans la vie », « La Désintégration », « Fatima » et « Amin ». Au sein du jury, il sera entouré du comédien Smaïn (qui présentera son nouveau spectacle, « Mon dernier avant le prochain », le vendredi 4 octobre à 21h), de Magyd Cherfi, chanteur et parolier de Zebda, écrivain et acteur, et de l’actrice et auteure Nabiha Akkari.

Plusieurs films remarqués au Festival de Cannes

« Le miracle du saint inconnu », du réalisateur Alaa Eddine Aljem, avait été présenté à la Semaine de la Critique.

Dans la programmation de ce Festival, figurent notamment plusieurs films remarqués au dernier Festival de Cannes, dont « Les Hirondelles de Kaboul », le superbe film d’animation (actuellement en salles), réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, d’après le roman de Yasmina Khadra. Plusieurs seront ainsi projetés en avant-première à Fameck, dont « For Sama » (« Pour Sama », sortie le 9 octobre), un documentaire réalisé par Waad al-Kateab et Edward Watts, qui a reçu le Prix Golden Eye à Cannes 2019. Lettre d’amour d’une jeune mère à sa fille, le film raconte la vie de Waad Al-Kateab au cours des cinq années du soulèvement d’Alep, en Syrie, alors que le conflit s’enlise autour d’elle.

Sélectionné à la Semaine de la Critique, « Le miracle du saint inconnu » réalisé par Alaa Eddine Aljem se déroule au beau milieu du désert. C’est là qu’Amine, la police aux trousses, enterre un butin dans une tombe bricolée à la va-vite. Lorsqu’il revient dix ans plus tard à sa sortie de prison, l’aride colline est devenue un lieu de culte où les pèlerins se pressent pour adorer celui qui y serait enterré : le Saint Inconnu. Obligé de s’installer au village, Amine va devoir composer avec les habitants sans perdre de vue sa mission première : récupérer son argent.

Réalisé par Mounia Meddour, « Papicha » avait été sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard. Dans l’Algérie des années 90, Nedjma, 18 ans, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux « papichas », jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide d’organiser un défilé de mode, envers et contre tout.

Festival du Film Arabe de Fameck – Val de Fensch, jusqu’au 14 octobre, Programmation complète sur www.cinemarabe.org