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FLNC : menaces contre les non-Corses, enquête antiterroriste ouverte

Le Front de libération nationale corse-Union des combattants (FLNC-UC), groupuscule clandestin indépendantiste, a prononcé des menaces explicites contre les non-Corses lors d’une conférence de presse clandestine en août 2026. Cette radicalisation du discours a poussé le Parquet national antiterroriste à ouvrir une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme et infractions à la législation sur les armes.

Une conférence clandestine à fort potentiel terroriste

Le 5 août 2026, le FLNC-UC a organisé une conférence de presse clandestine révélée exclusivement par le journal Corse-Matin. Lors de cet événement au protocole strictement encadré, une quinzaine d’individus cagoulés et armés, vêtus de noir et portant des masques blancs, ont exposé leur position politique devant les caméras. La mise en scène minutieuse incluait fusils d’assaut, drapeau corse à la tête de Maure et banderole du mouvement indépendantiste, donnant à l’événement une dimension dramatique et menaçante.

Le discours s’est déroulé selon un format présenté comme immuable : trois individus assis à une table recouverte du drapeau corse, tandis qu’un orateur récitait un texte de cinq pages d’une voix robotique. Cette forme de théâtralisation politique constitue une constante dans la stratégie de communication du groupuscule, transformant chaque prise de parole en événement symbolique et intimidant.

L’escalade verbale contre les non-Corses et les résidents secondaires

Le groupe indépendantiste a exprimé une vive opposition à ce qu’il qualifie de « colonisation de peuplement galopante » de la Corse. Selon le FLNC-UC, environ 5 000 étrangers, dont une majorité de Français, s’installent chaque année sur l’île pour y travailler ou acquérir des résidences secondaires. Le mouvement dénonce cette augmentation qu’il juge « démentielle » des propriétés saisonnières et interpelle les responsables politiques qui soutiendraient cette dynamique migratoire.

Les menaces explicites formulées lors de cette conférence constituent une escalade majeure. Le FLNC-UC a déclaré : « En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : restez chez vous. Et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national. » Ces formulations directes et intimidantes visent les migrants internes français, dépassant largement la dénonciation classique de politiques gouvernementales pour atteindre des menaces individuelles.

Le rejet catégorique du processus d’autonomie constitutionnelle

Le projet de loi constitutionnelle examiné au Sénat à partir du 21 octobre 2026 visant à conférer une autonomie à la Corse est présenté par le FLNC-UC comme une « mascarade » et une « trahison » du mouvement indépendantiste. Approuvé par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026, ce processus législatif, souvent désigné par le terme « Beauvau », est critiqué comme « aboutissant à la négation de l’existence du peuple corse et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ».

Le groupuscule ne se contente pas de rejeter le projet gouvernemental : il attaque frontalement les partis nationalistes corses le soutenant, notamment Femu a Corsica, Core in Fronte et le Parti de la nation corse. Ces formations sont accusées de « duperie sans précédent » envers le peuple corse. Le FLNC-UC annonce être « déjà dans l’après-Beauvau », signifiant par là son intention de préparer une stratégie politique alternative indépendamment du résultat législatif.

Cibles étendues : élites politiques, réseaux financiers et collectifs antimafia

L’approche du FLNC-UC va au-delà des partis nationalistes modérés. Le mouvement vise également les « manipulateurs haut placés » et la « caste de groupes financiers corses » sans les nommer explicitement. Les collectifs antimafia de l’île, bien que non désignés nommément, sont critiqués pour leur soutien aux logiques de « justices d’exception ». Cette stratégie rhétorique élargit considérablement l’éventail des cibles potentielles du groupuscule, créant un climat de suspicion généralisée.

En appelant le mouvement national « celui de la résistance » à trouver « les voies et les moyens de créer un nouveau rapport de force politique », le FLNC-UC laisse délibérément implicite la nature de ces « voies et moyens », alimentant les craintes d’une escalade vers la violence organisée.

Ouverture d’une enquête antiterroriste

Face à cette escalade verbale et à la mise en scène agressive, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête préliminaire dès le 6 août 2026. Les investigations ciblent explicitement « l’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » et « l’acquisition, détention et transport d’armes, de munitions ou d’éléments d’armes de la catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste ». Cette procédure vise à identifier les membres de l’organisation clandestine nationaliste violente.

Le FLNC, apparu pour la première fois en 1976 avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d’une première « nuit bleue », s’est transformé au fil des décennies en une nébuleuse opaque résultant de scissions internes, luttes fratricides et recompositions successives. La dernière « nuit bleue » revendiquée remonte à octobre 2023, lorsque 45 explosions ont visé principalement des résidences secondaires et un centre des impôts désaffecté à Ajaccio, sans faire de victimes.

Une radicalisation qui inquiète au-delà de la Corse

Les autorités françaises considèrent cette escalade comme suffisamment grave pour justifier une intervention du Parquet national antiterroriste, signalant que les menaces ne sont plus perçues comme de simples déclarations rhétoriques mais comme des avertissements potentiellement préliminaires à des actes terroristes. Le climat politique et sécuritaire corse s’en trouve considérablement tendu, avec des répercussions sur l’attractivité migratoire de l’île et le sentiment de sécurité des résidents continentaux.

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