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Loi d’urgence agricole : la FNATH fustige « une République des lobbies »

L’association des accidentés de la vie dénonce la réintroduction de pesticides interdits et met en garde contre les conséquences sanitaires et juridiques du vote parlementaire.

pesticides (UnlimPhotos)
pesticides (UnlimPhotos)

La FNATH (Association des accidentés de la vie) exprime sa vive indignation après l’adoption de la loi d’urgence agricole, qui ouvre notamment la voie à la réintroduction de certains pesticides, dont l’acétamipride. Dans un communiqué publié à l’issue du vote parlementaire, l’association accuse le gouvernement et les parlementaires favorables au texte de céder aux pressions des lobbies au détriment de la santé publique.

Une « responsabilité morale » des élus

Pour la FNATH, les membres du gouvernement ainsi que les 296 députés ayant voté en faveur du texte portent une « responsabilité morale » particulièrement lourde. Une responsabilité qui pourrait, selon elle, devenir un jour juridique si les conséquences sanitaires de ces décisions venaient à être reconnues par les tribunaux.

« Cette fois, aucun membre du Gouvernement, aucun parlementaire ne pourra prétendre que l’on ne savait pas », affirme l’association, estimant que les effets nocifs de ces substances sont documentés depuis longtemps par la communauté scientifique, tant en France qu’à l’international.

Le principe de précaution remis en cause

L’association juge particulièrement préoccupant que le principe de précaution, inscrit à l’article 5 de la Charte de l’environnement de 2004 et intégré au bloc de constitutionnalité, soit selon elle « piétiné sous la pression des lobbies ».

Pour la FNATH, le vote de cette loi marque un recul majeur en matière de protection sanitaire et environnementale, alors même que les connaissances scientifiques sur les risques liés à certains pesticides n’ont cessé de progresser.

Les leçons de l’amiante et du chlordécone

Dans son communiqué, la FNATH établit un parallèle avec plusieurs scandales sanitaires qui ont marqué l’histoire française. Elle évoque notamment les quelque 200 000 décès liés à l’exposition à l’amiante ainsi que la pollution durable provoquée par le chlordécone aux Antilles françaises, dont les conséquences sanitaires et environnementales continuent d’être étudiées.

L’association dénonce « les mêmes dénégations face aux travaux des scientifiques », « les mêmes arguments pseudo-économiques » et redoute qu’à terme les responsables politiques refusent, une nouvelle fois, d’assumer leurs responsabilités lorsque les victimes demanderont réparation.

Une longue expérience dans la défense des victimes

Depuis plusieurs décennies, la FNATH accompagne devant les juridictions les personnes victimes d’expositions à des substances dangereuses. Elle défend les intérêts des exploitants agricoles, des salariés du secteur agricole, de leurs familles ainsi que des riverains vivant à proximité des zones d’épandage.

Forte de cette expérience, l’association estime que les conséquences sanitaires de certaines expositions ne se révèlent souvent qu’après plusieurs années, voire plusieurs décennies, rendant d’autant plus indispensable le respect du principe de précaution.

« Une République des lobbies »

En conclusion, la FNATH voit dans ce vote « une nouvelle illustration d’une République des lobbies », accusant les pouvoirs publics de privilégier des intérêts économiques à court terme plutôt que la protection des populations.

Cette prise de position intervient alors que la loi d’urgence agricole continue de susciter de vives oppositions parmi les associations de défense de l’environnement, les organisations de santé publique et une partie du monde agricole, qui dénoncent les reculs qu’elle pourrait entraîner en matière de protection de la biodiversité et de santé environnementale.

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