Sophie Gourmelen, la présidente a été mandatée pour le retour à la rentabilité. A l’évidence, l’intelligence artificielle va peu à peu remplacer les journalistes.

Sophie Gourmelen a été nommée présidente du groupe EBRA à compter du 1er septembre 2025. Ancienne directrice générale du Parisien – Aujourd’hui en France, elle a reçu pour mission principale de poursuivre les travaux déjà engagés pour un retour à la rentabilité du groupe.
À son actif au Parisien : un plan social, une grève provoquée et une motion de défiance. Le pedigree parfait, selon ses détracteurs.
500 postes potentiellement supprimés
Le groupe EBRA s’apprêterait à lancer une restructuration majeure dès juin 2026, avec à la clé la suppression potentielle de 500 postes sur 3 100 salariés. C’est ce qu’affirment plusieurs sources syndicales, dont le SNJ et la Filpac CGT.
Seule certitude selon les syndicats : ce « plan de transformation », qu’ils qualifient plus précisément de réduction des coûts et de la masse salariale, annonce une réduction des effectifs, notamment dans les rédactions, en plus de la « rationalisation » annoncée des imprimeries, avec les aides de l’État.
Un « passage en force estival » dénoncé par l’intersyndicale
Dans un communiqué commun daté du 27 avril 2026, les organisations syndicales Filpac CGT, SNJ CGT, SNJ, CFDT, CFE-CGC et FO ont tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’elles décrivent comme une tentative de « passage en force estival » de la direction.
D’après les éléments rapportés par les représentants du personnel, cette orientation serait ressortie de la tournée récente de Sophie Gourmelen dans les différentes rédactions, organisée en pleine période de vacances scolaires.
Les syndicats dénoncent également le fait que ce plan ne devrait pas être présenté officiellement aux instances représentatives avant la mi-juin, « dans le meilleur des cas », réduisant ainsi considérablement le temps de concertation.
Ce que dit la direction, ce que craignent les syndicats
Sophie Gourmelen parle d’un « plan de développement » et d’une nécessaire adaptation de l’organisation. Elle esquisse un plan stratégique à moyen-long terme, sur cinq à six ans, destiné à remettre durablement le groupe sur le chemin de la rentabilité. La vidéo, la régie unifiée EBRA Médias, les événements comme Tech&Fest ou EBRA Sport, ainsi que des projets territoriaux, sont présentés comme autant de relais de croissance.
Les syndicats, eux, y voient le risque d’un plan de réduction des coûts et des effectifs, notamment dans les rédactions et les imprimeries. La présentation du plan en interne, attendue à partir de la mi-juin, s’annonce donc comme un moment socialement sensible pour le groupe.
Un contexte sectoriel de crise généralisée
EBRA n’est pas un cas isolé : depuis le mois de janvier 2026, les annonces de suppressions de postes s’enchaînent dans les groupes de presse français. Plusieurs centaines de journalistes vont perdre leur travail dans les rédactions, notamment au profit de l’intelligence artificielle. Prisma Press a ainsi annoncé la suppression de 40 % de ses effectifs (au moins 261 postes, dont 90 journalistes), et Centre France envisage 152 suppressions de postes.