Edition du dimanche 19 novembre 2017

Philippe Richert lâche Fillon

Le président de la région Grand Est constate que “le risque est grand de voir la Droite et le Centre purement et simplement absents du second tour de l’élection présidentielle.” Voici le communiqué dans son intégralité.

Philippe Richert, président du Grand Est (DR)

Philippe Richert, président du Grand Est (DR)

« L’élection présidentielle est le moment clef du fonctionnement de nos institutions républicaines et, par-delà, de notre démocratie.
A quelques semaines de cette échéance, notre pays connait des turbulences politiques sans pareilles. Elles sont telles que, pour la première fois, la droite et le centre, qui fédèrent pourtant une large majorité de nos concitoyens, pourraient ne pas être représentés au second tour de cette élection. Ce serait une situation tout à fait inédite et incompréhensible pour une très grande partie des Français.
Alors que la primaire de la droite et du centre a été un réel succès, tant pour ce qui est de la participation que de l’organisation, toute campagne sur le fond est aujourd’hui inaudible pour ne pas dire impossible.

« Les discours populistes »

Cette situation nuit profondément au pays, elle favorise les discours populistes de tous ordres et éloigne les possibilités effectives de redressement dont la France a terriblement besoin. Après plusieurs années d’errance et de difficultés sous la présidence de François Hollande, l’aspiration à une nouvelle gestion du pays portée par la droite et le centre est pourtant toujours manifeste.
François Fillon qui présentait les qualités pour exercer la magistrature suprême n’arrive pas à s’extraire du contexte médiatico-judiciaire qui apporte régulièrement son lot d’éléments nouveaux.
Les propos extrêmement durs à l’égard du fonctionnement de la justice qu’il a pu tenir, sous une pression certes intense lors de la conférence de presse de ce mercredi, ont choqué une partie de l’opinion publique, y compris dans notre camp.
Ses soutiens s’étiolent et la division menace désormais gravement l’unité de notre mouvement politique.
Face à ce constat, notre position ne peut être celle d’un sauve-qui-peut général, plus ou moins soutenu par des rancœurs ou des règlements de comptes. Elle ne peut pas non plus jeter aux orties les valeurs de loyauté, de fidélité et d’amitié à l’égard d’un élu en difficulté, dont l’honneur est mis en cause. J’ai eu l’occasion de le dire publiquement à François Fillon à un moment où, déjà, les attaques virulentes à son endroit étaient fortes.

« Ne nous trompons pas »

Mais cette situation, qui nous fait prendre le risque d’être marginalisé sur l’échiquier politique, est trop grave pour qu’elle puisse dépendre de la décision d’une seule personne. Il est essentiel que notre candidat soit porteur d’une alternative crédible et que les Français puissent massivement lui accorder leur confiance.
Notre mouvement a besoin de retrouver les conditions pour se rassembler, autour d’un projet et d’un homme, de se fédérer pour réenclencher une dynamique et rappeler que l’intérêt général passe avant toute chose. Nous devons nous donner les moyens de ce rassemblement. Nous devons être en mesure de témoigner de nos valeurs et de notre projet.
Face au risque de voir la Droite et le Centre purement et simplement absents du second tour de l’élection présidentielle et de faire manquer à la France l’occasion de se redresser dans une Europe qu’elle a largement contribué à construire, nous avons besoin d’un candidat qui puisse sereinement témoigner de nos valeurs et de notre projet et rassembler l’ensemble des composantes de la Droite et du Centre. Le temps nous est compté et les Français nous attendent.
Ne nous trompons pas ! »

(le titre et les intertitres sont de la rédaction)

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