Edition du jeudi 21 juin 2018

Traité Tafta : attention, danger !

Le traité transatlantique sur le commerce qui se négocie en secret entre les Etats-Unis et la Commission Européenne va renforcer la domination des tenants du libéralisme économique. Avec des conséquences gravissimes pour la santé, l’environnement et les affaires des pays européens et tous ses citoyens.

Par Gérard Charollois
(Convention Vie et Nature)

Capture.PNG TAFTADans le plus grand secret la Commission Européenne et le gouvernement des USA, négocient un traité commercial visant à libéraliser les échanges entre l’Europe et les Etats-Unis. Les documents déjà élaborés ne doivent pas être divulgués aux citoyens. Seuls les députés européens peuvent en prendre connaissance, sur place, dans une pièce sécurisée, sans fenêtre. Il leur est interdit de prendre des copies de ces documents dont ils ne peuvent pas porter le contenu à la connaissance des tiers.
Ces précautions stimulent la suspicion légitime des citoyens qui commencent à appréhender la dérive de sociétés de moins en moins démocratiques, parce que de plus en plus soumises à la loi du profit des multinationales. Ne doutons pas que ce traité sera plus favorable aux intérêts des puissances d’argent qu’à ceux de la nature et de la santé.
L’économie, le commerce exercent un pouvoir sournois, insidieux, délétère sur le monde.
Or, l’économie n’a jamais été le socle fondateur d’une civilisation et l’erreur des pères de l’Europe est d’avoir choisi le chemin du Marché pour édifier un Etat fédéral qu’il aurait fallu bâtir sur la culture, les valeurs, le politique, les citoyens. Le commerce et la monnaie pouvaient suivre.

Le diktat des firmes

Que les pays collaborent pour le bien public, que des instances supranationales édictent des normes en faveur de la sécurité, de la santé, de la protection de la nature, que l’on élève au-dessus des particularismes locaux des solidarités sont des aspirations souhaitables. Présentement, les peuples se recroquevillent, par réflexes nationalistes, parce qu’on les abuse et les soumet aux diktats des firmes.
Non à un traité qui imposerait le bœuf aux hormones, les OGM et biocides de Monsanto, le poulet chloré, l’exploitation, en France des gaz de schistes par les compagnies Américaines.
Non au naufrage d’une civilisation gangrénée par le mercantilisme, ce poison à la fois physique, pour la planète et moral pour l’humain rendu addictif à la cupidité insatiable.
En toute hypothèse, il convient d’exiger la libre information des citoyens et le respect de la démocratie.
Un éventuel traité devrait être soumis à référendum.

Lire Aussi