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L’hépatite infantile aiguë : Sur la piste de la Covid-19

Quelle est cette maladie du foie d’origine inconnue qui frappe les enfants de moins de 10 ans ? Pour Jean-Marc Sabatier* il s’agit de l’une des maladies provoquées par un virus émergent du SARS-CoV2.

jean-Marc Sabatier (DR)
Jean-Marc Sabatier (DR)

Elle intrigue et elle inquiète. L’hépatite infantile aiguë d’origine inconnue touche depuis quelques semaines des enfants dans plusieurs pays. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) en relation avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mènent une enquête sur des dizaines de cas d’hépatite infantile aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Danemark, aux Pays-Bas, en Espagne et en France où deux cas sont signalés au CHU de Lyon. Dans certains cas, les patients ont dû être transférés vers un service spécialisé dans les maladies du foie et certains enfants ont dû subir une transplantation hépatique.

Un dysfonctionnement du SRA

On sait que les hépatites aiguës sont des inflammations du foie jusqu’ici provoquées par l’infection de l’un des 5 virus des hépatites et, parfois, par des substances toxiques. Ces virus sont désignés par les lettres A, B, C, D et E qui donnent la maladie du même nom. Ces virus diffèrent par leur mode de transmission qui est féco-orale pour les virus A et E et parentérales (sanguine ou muqueuse) pour les virus B et C. Ces virus diffèrent aussi par leur dangerosité.
Or ces virus n’ont pas été détectés chez ces enfants atteints d’hépatite aiguë. D’où le mystère qui plane autour de cette maladie. Selon Jean-Marc Sabatier, ces hépatites aiguës correspondent à une maladie de la Covid-19 et sont induites par un variant ou sous-variant émergent du SARS-CoV-2 (Omicron, XD, XE ou autres). Ceci suggère qu’il existe un risque qu’avec les nouveaux vaccins basés sur la protéine spike d’Omicron, le même phénomène inflammatoire du foie puisse survenir chez les jeunes enfants vaccinés avec les nouveaux vaccins.

Dans tous les organes

Ces maladies de la Covid-19 sont dues à un dysfonctionnement du système rénine-angiotensine (SRA) qui joue un rôle clé dans le fonctionnement de l’organisme humain (et des mammifères en général).
Le SRA est notamment impliqué dans les fonctions rénales, pulmonaires, cardiovasculaires, il pilote l’immunité innée et le microbiote intestinal, buccal, vaginal. Il se trouve dans les nombreux tissus et organes dont le cœur, les poumons, le foie, le pancréas, la rate, les reins, les organes reproducteurs, les glandes surrénales, le système vasculaire, la peau, les yeux, le cerveau…
Les cellules hépatiques possèdent à leur surface le récepteur ECA2 qui est la cible de la protéine spike du virus SARS-CoV-2 et de la protéine spike vaccinale.

Le dysfonctionnement du SRA est à l’origine des maladies Covid-19, via la sur-activation de son récepteur « délétère » AT1R. Il s’agit d’un récepteur qui a des activités hypertensive, pro-inflammatoire, pro-oxydante, pro-angiogénique, pro-fibrosante, pro-hypertrophiante et qui fait chuter le monoxyde d’azote (NO).
Selon Jean-Marc Sabatier, ces hépatites aiguës sont le pendant de ce que l’on observe pour le cœur avec les myocardites (inflammation du cœur), péricardites (inflammation du tissu protecteur du cœur) et conjonctivite (inflammation de la conjonctive de l’œil).

À quoi sert le foie ?

Ces hépatites aiguës apparaissent chez les enfants, car ils ont un système immunitaire très puissant et réactif, notamment au niveau de l’immunité innée. Les derniers sous-variants émergents du SARS-CoV-2 doivent favoriser l’inflammation du foie.
Les traitements anti-inflammatoires sont donc recommandés ainsi qu’une bonne supplémentation en vitamine D, régulateur négatif du SRA.

Le foie remplit trois fonctions vitales indispensables à notre organisme : La détoxification (élimination des toxines et déchets produits par notre corps), la synthèse métabolique (lipides, glucides et protéines), le stockage de l’énergie (sous forme de sucres) et de vitamines (A ,D, E ,K).

* Jean-Marc Sabatier est directeur de recherches au CNRS et docteur en Biologie Cellulaire et Microbiologie, affilié à l’Institut de Neuro Physiopathologie (INP), à l’université d’Aix-Marseille.

Et si le « SRA » expliquait la Covid-19 ?

 

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