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Les quatre pires menaces qui pèsent sur l’Humanité (2)

CO2, nucléaire, plastique, pesticides menacent la survie de l’Humanité. Il existe un lien entre ces quatre fléaux que l’on pourrait maîtriser. Propositions pour la transition environnementale : deux pistes de réflexion.

Par Yves LUBRANIÉCKI

Existe-t-il un lien entre ces quatre catastrophes ? Oui.
Le principe est simple, même si la réalité scientifique est un peu plus compliquée. On capte la fumée de l’unité industrielle qui l’a produite (Par exemple les centrales thermiques, notamment au charbon ou au fioul, mais aussi au gaz, les cimenteries, les usines sidérurgiques, etc.), on la filtre, on la fait circuler dans un tube d’eau contenant des micro-algues exposées à la lumière.
Grâce à la photosynthèse tout à fait naturelle, celles-ci vont capter spontanément une grande partie du CO2 (de l’ordre de 50%) et ainsi fixer le carbone qui sera réutilisable sous différentes formes que l’on peut corréler avec les quatre menaces.
Un cycle dure quelques jours. Ainsi, on passe en cycle court, voire ultracourt du carbone (CUC), c’est-à-dire que le carbone que nous rejetons va être capturé, fixé et réintroduit dans le circuit au lieu d’aller aggraver l’effet de serre comme le fait le carbone fossile.
Dès le départ, on pourrait obtenir environ moitié moins d’émissions de CO2. (3.)
Il existe plusieurs centaines de milliers d’espèces de micro-algues dont seulement quelques dizaines de milliers sont, à ce jour, bien décrites par la Science.

Après un approfondissement scientifique, cette technologie permettrait d’envisager plusieurs pistes.

Concernant les 700 tonnes nettes d’émissions de CO2 par seconde

La pollution, une menace pour la santé (Photo libre de droits)

On pourrait remplacer le pétrole par un biocarburant, l’huile végétale pure (HVP), surtout pas d’agro carburants industriels ni de déforestation !
On peut adapter facilement les machines diesel, les chaudières et même les avions à un fonctionnement à l’HVP dont l’une des ressources importantes pourrait être les micro-algues oléagineuses qui ne nécessitent ni déforestation ni l’utilisation d’aucune terre arable. (4).
On peut faire de la méthanisation en grande quantité. Ainsi, pour les véhicules ou les centrales, on pourrait aussi envisager un méthane liquéfié sous forme de Gas to Liquid (GTL).

Concernant le nucléaire

Centrale nucléaire de Fessenheim (Photo Wikipedia)
Centrale nucléaire de Fessenheim (Photo Wikipedia)

Alors que certains hommes politiques de premier plan viennent nous dire que nous n’avons pas le choix, que nous devons continuer avec le nucléaire, malgré la menace insupportable qu’il fait peser sur l’Humanité (Par exemple : que sont devenues les matières radioactives parties dans le Pacifique à Fukushima ?) (Voir la revue Science et Vie de février 2017 !)

Il faut étudier tout de suite la production de masse de notre électricité en cycle ultracourt du carbone avec les micro-algues méthanisées ! Même capacité productive que le nucléaire, mais en filière beaucoup plus courte, sans risque et infiniment moins complexe et moins chère.
Cela ne consisterait en rien d’autre que l’utilisation, sur une grande échelle, d’un phénomène totalement naturel, gratuit et sans danger : la photosynthèse.

Concernant les plastiques

Le fléau du plastique (wikimedia commons)

Le cycle ultracourt du carbone permettrait d’envisager assez facilement la production d’une matière première pour faire des matières plastiques totalement et réellement biodégradables (5.)
On sait déjà le faire avec des macro-algues, les mécanismes et les matières étant similaires, il n’y aurait pas d’obstacle majeur à passer du plastique biodégradable fait à partir des macro-algues à un plastique biodégradable fait à partir des micro-algues. La différence serait qu’avec les macro-algues, il faut en développer la récolte ou même la culture, ce qui est coûteux et relativement limité, tandis qu’avec les micro-algues, les quantités produites seraient très peu chères et gigantesques.

Concernant les pesticides et les OGM

Épandage de pesticides (Photo credit: santiago nicolau on Visualhunt / CC BY-SA)

Contrairement à la production des agro carburants industriels comme l’ester méthylique d’huile végétale, on n’a besoin ni d’engrais ni de pesticides ni d’OGM pour produire des micro-algues en grande quantité. Ce qui diminue d’autant la menace des engrais et pesticides sus-évoquée. Surtout que la méthanisation des micro-algues pourrait être, en même temps, à l’origine de la production massive d’engrais organique quasiment non polluant.
Encore mieux ! Une entreprise du Sud-Ouest de la France est en train de développer un bio pesticide à base de micro-algues susceptible de remplacer des produits chimiques avec des atteintes minimales à l’environnement.
Des études récemment publiées ont montré la disparition de 420 millions d’oiseaux en Europe en seulement 30 ans.

Passer au plus vite aux choses concrètes
1ère piste de réflexion

Il est très urgent d’enclencher le mécanisme car la production de biocarburant, d’électricité de masse, de méthane, de plastiques et de pesticides à partir des micro-algues permettrait de diminuer sérieusement ces quatre menaces de plus en plus prégnantes.
Cela semble bien mériter une importante réflexion et une coordination étatique entre tous les acteurs pour une véritable efficacité scientifique, technique et pédagogique. Il faudrait désigner un coordinateur national avec une expérience politique et une sensibilité environnementale comme, par exemple, Nicolas Hulot, Delphine Batho, Audrey Pulvar ou tel profil similaire.

2ème piste de réflexion

Donner des outils pédagogiques en vraie grandeur pour former aux énergies renouvelables (EnRs) et, notamment, au cycle ultra-court du carbone.
Il n’est plus normal que les élèves des lycées techniques, les apprentis, les travailleurs en formation, les chômeurs en insertion, les élèves ingénieurs, les étudiants, les thésards, les chercheurs ne disposent pas d’outils en vraie grandeur pour se former par la pratique aux énergies renouvelables (EnRs), y compris le cycle ultracourt du carbone, alors que la formation par la pratique est la plus efficace et que les outils pédagogiques peuvent très bien fonctionner en vraie grandeur, c’est-à-dire sans coût de fonctionnement.
Un tel outil pédagogique – sous forme de plate-forme de collecte et de traitement – peut recevoir des matières forestières et organiques et les traiter pour en faire de l’énergie vendue sur son marché de même que les sous-produits (Ex : Compost).
Si le projet est bien monté, il ne doit pas y avoir de frais de fonctionnement. Par ailleurs, les investissements seront financièrement couverts par des lignes budgétaires publiques déjà existantes et souvent peu utilisées, ainsi qu’avec des partenariats publics/privés car les EnRs intéressent de nombreux investisseurs (6).
L’État doit être l’aiguillon et le coordonnateur pour que les collectivités – communes, départements ou régions – puissent se doter d’une telle plate-forme pédagogique multi EnRs en partenariat avec les universités, les lycées et les écoles, les structures d’insertion, les entreprises, etc. Une note un peu plus détaillée est disponible sur ce sujet (7).

Notes

3 Prix de l’Ingénierie du Futur pour le Cycle ultracourt du carbone

4 « Énergie et développement sans augmentation de l’effet de serre » du 26 août 2003 à juin 2012

5 Voir, par exemple, du plastique biodégradable produit à partir de macro-algues par un procédé similaire : mais voir également les nombreuses pistes sur ce site.

Une autre piste à étudier : faire des batteries à partir du carbone végétal comme celles faites avec du coton (Chercher « batterie coton »). Le CUC pourrait être un gisement énorme et peu cher pour ce carbone végétal.

6 Prix pour la Plateforme multi EnRs

7 « Présentation du projet de création à Toul d’une plate-forme multi énergies renouvelables » du 2 avril 2009

Yves LUBRANIECKI
0660776377 – <ylubra@yahoo.fr>

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