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Macron à la télé : « C’est pas moi, c’est les autres »

De retour de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le président de la République s’est exprimé sur France 2 sur la crise des carburants et la menace russe. Pour dire qu’il agit, mais qu’il ne peut pas faire grand chose.

Macron-carburants-russie (capture TF1)
Macron-carburants-russie (capture TF1)

Réondant aux questions de Gilles Bouleau et Caroline Roux, le chef de l’État a principalement abordé la flambée des prix des carburants, l’intensification de la menace russe et la nécessité de préserver la stabilité politique et budgétaire du pays.
Dès le début de l’entretien, Emmanuel Macron a dressé un tableau sombre de la situation géopolitique. Il a insisté sur la montée des provocations russes – cyberattaques, désinformation et actions hybrides – et cité l’incident des drones explosifs manqués à l’aéroport de Leipzig, qui aurait pu provoquer des victimes sur le sol allemand. « La Russie considère que l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’aucune attaque comparable n’avait encore touché le territoire français.
Sur le conflit ukrainien, le président a rappelé son coût humain catastrophique (environ 1,5 million de morts selon ses propos) et évoqué les efforts diplomatiques en cours, notamment une proposition de « double moratoire » énergétique, ainsi que le renforcement du soutien militaire à Kiev.

« Faire baissere les prix »

Le cœur de l’interview a toutefois porté sur les conséquences concrètes de ces tensions pour les Français : la hausse vertigineuse des prix à la pompe. Reconnaissant que « c’est normal qu’il y ait de la colère » face à des fins de mois de plus en plus difficiles, Emmanuel Macron a néanmoins appelé à l’unité. Il a jugé inutiles les appels à un mouvement social généralisé, estimant qu’« on ne va pas faire un mouvement contre la guerre lancée par la Russie et Ormuz ». Sa priorité absolue reste, a-t-il martelé, de faire baisser les prix par la voie diplomatique : réouverture du détroit d’Ormuz, fluidification des approvisionnements et éventuelle nouvelle libération coordonnée de stocks stratégiques de pétrole au sein du G7.

Pas de baisse des taxes pour l’instant

Il a annoncé l’envoi de moyens militaires français pour protéger des installations pétrolières en Arabie saoudite. Tout en défendant le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies – « si nous n’avions pas Total en France, on n’aurait même pas ce plafonnement » – le président n’a pas exclu une baisse des taxes « en fonction de l’évolution » des cours. Il a toutefois privilégié des aides ciblées, jugées plus efficaces et moins coûteuses pour les finances publiques.

Sur le plan budgétaire, Emmanuel Macron a appelé à un « budget de responsabilité » qui « tient les objectifs », sans parler d’austérité. Il a réaffirmé ne pas regretter le « quoi qu’il en coûte » des crises passées, tout en reconnaissant n’avoir pas réussi à convaincre sur certaines réformes structurelles, notamment celle des retraites.

Interrogé sur une éventuelle nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale en cas de blocage, le chef de l’État a été catégorique : « Ce ne serait pas bon pour le pays ». À huit mois de l’élection présidentielle, une telle décision ajouterait de l’instabilité et limiterait les marges de manœuvre de son successeur. Il a regretté l’absence d’une grande coalition majoritaire et défendu sa décision de 2024.
Quant à un éventuel soutien pour 2027, il a éludé : « Les Français n’attendent pas ça de moi. Moi je suis dans l’action. »
Sans annonce majeure, cette prise de parole a surtout permis à Emmanuel Macron de relier étroitement la diplomatie internationale au quotidien des Français et d’appeler à la responsabilité collective dans un contexte de crises multiples. Autremen dit, la situation est grave, mais je n’y suis pour rien.

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