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Sapeurs-pompiers : le Syndicat Liberté Santé dit stop à l’épuisement de ceux qui nous protègent

En grève depuis le 8 septembre, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires réclament davantage d’effectifs, de moyens et de financements. Le Syndicat Liberté Santé (SLS) apporte son soutien au mouvement national et appelle à une mobilisation plus large autour de l’ensemble de la chaîne des secours et du soin.

Les pompiers du Var au coeur du brasier (capture twitter, SDIS-83)
Les pompiers du Var au coeur du brasier (capture twitter, SDIS-83)

« Les pompiers n’ont pas besoin qu’on les appelle des héros »

Le mouvement national des sapeurs-pompiers se poursuit. Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre 2026, les neuf organisations syndicales représentatives des services d’incendie et de secours (SDIS) ont appelé à la mobilisation pour défendre les conditions de travail, les effectifs et les moyens consacrés à la sécurité civile.

À l’approche des discussions sur la loi de modernisation de la Sécurité civile et du budget de l’État pour 2027, le Syndicat Liberté Santé annonce son soutien aux professionnels mobilisés.

Pour le SLS, cette contestation dépasse les seules revendications salariales ou statutaires. Elle poserait, selon le syndicat, une question plus large : celle de la capacité du système français de secours à répondre aux besoins de la population.

« Les pompiers n’ont pas besoin qu’on les appelle des héros. Ils ont besoin qu’on leur donne les moyens de travailler », résume le syndicat.

Des effectifs jugés insuffisants

Le SLS met en avant plusieurs difficultés : augmentation des missions, manque d’effectifs, difficultés de recrutement et de fidélisation, mais aussi pression opérationnelle croissante.

Selon le syndicat, cette accumulation fragilise progressivement l’ensemble de la chaîne des secours.

Le SLS reprend notamment les critiques formulées le 5 août dernier par les neuf organisations syndicales de sapeurs-pompiers, qui dénonçaient plus de vingt années de « sous-investissement » et d’alertes restées, selon elles, sans réponse.

Pour le syndicat, la reconnaissance symbolique dont bénéficient régulièrement les pompiers ne saurait remplacer les moyens humains et matériels nécessaires à leurs missions.

« Le courage individuel » ne peut, estime-t-il, compenser durablement des « insuffisances structurelles ».

Le SLS réclame 21 000 postes supplémentaires

Le syndicat appelle le gouvernement, le Parlement et les collectivités qui financent les services d’incendie et de secours – notamment les départements et les communes – à prendre des engagements concrets.

Parmi ses revendications figurent :

  • un financement pérenne des SDIS, avec une participation accrue de l’État ;
  • des recrutements permettant de garantir des effectifs opérationnels suffisants, à hauteur des 21 000 postes réclamés par l’intersyndicale ;
  • une politique renforcée de fidélisation des professionnels ;
  • la préservation et la reconnaissance du volontariat ;
  • une meilleure prévention des risques professionnels ;
  • une meilleure prise en compte des conséquences physiques et psychologiques du métier ;
  • la reconnaissance des maladies et pathologies liées aux expositions professionnelles ;
  • davantage de transparence sur les effectifs réellement disponibles et les délais d’intervention.

Le SLS estime notamment que la sécurité civile ne devrait pas être évaluée uniquement au regard des budgets qui lui sont consacrés.

La question centrale serait, selon lui : « Aurons-nous suffisamment de femmes et d’hommes disponibles lorsque nous aurons besoin d’eux ? »

Pompiers et soignants, une même chaîne de secours

Le Syndicat Liberté Santé établit également un lien direct entre les difficultés rencontrées par les sapeurs-pompiers et celles auxquelles sont confrontés les professionnels de santé et du médico-social.

Le syndicat souligne que près de huit interventions de sapeurs-pompiers sur dix relèvent du secours et des soins d’urgence aux personnes, selon le chiffre avancé dans son communiqué.

Dès lors, les tensions qui affectent l’hôpital et l’offre de soins auraient des répercussions sur les services de secours : carences ambulancières, urgences saturées, difficultés d’accès aux médecins ou encore manque de personnel.

Pour le SLS, la fatigue du système de santé ne s’arrête donc pas aux portes de l’hôpital. Elle se répercuterait sur l’ensemble de la chaîne de prise en charge des patients.

Vers un dialogue national entre pompiers, soignants et médico-social ?

Le syndicat souhaite désormais rencontrer les organisations représentatives des sapeurs-pompiers afin d’échanger sur leurs revendications et d’envisager des actions communes.

Mais il propose également d’aller plus loin avec l’ouverture d’un dialogue national réunissant les professionnels de santé, du médico-social et du secours.

Selon le SLS, ces professions appartiennent à une même chaîne : celle qui prend en charge une personne au moment où elle en a besoin. Pourtant, elles seraient rarement réunies autour d’une même table pour traiter ensemble les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Le syndicat souhaite donc créer cet espace de dialogue.

« Protéger ceux qui nous protègent »

Derrière son soutien au mouvement des sapeurs-pompiers, le SLS entend ainsi élargir le débat à la protection des professionnels chargés de protéger et de soigner la population.

Sa ligne directrice tient en une formule : « La protection de la population commence par la protection de ceux qui la protègent. »

À quelques semaines des arbitrages concernant la modernisation de la sécurité civile et le budget 2027, le mouvement des sapeurs-pompiers place ainsi la question des effectifs, du financement des SDIS et des conditions de travail au cœur du débat sur l’avenir des secours en France.

Pour le SLS, l’enjeu dépasse donc le seul statut des pompiers : il concerne, plus largement, la capacité des services publics à répondre aux besoins de la population.

 

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