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« Arctic », c’est glacial !

Dans le film de Joe Penna, Mads Mikkelsen joue un homme qui survit à tout dans un désert polaire. Brrr…

Rescapé du crash d’un avion, un homme seul tente de survivre dans un milieu hostile.
Rescapé du crash d’un avion, un homme seul tente de survivre dans un milieu hostile.

En ce début de février très enneigé, « Arctic » est un film de saison ; c’est l’hiver, c’est vrai, mais le nôtre est d’une grande douceur à côté de celui auquel est confronté le personnage joué par Mads Mikkelsen, dans le premier long-métrage du cinéaste brésilien Joe Penna (sortie le 6 février). C’est d’abord un homme seul qui déblaie la neige, racle, creuse la glace comme il peut, pour en fait inscrire au sol un SOS géant dans une blancheur immense.

C’est un homme seul dans le désert glacial de l’Arctique, qui s’abrite dans la carcasse d’un avion, dont il fut un passager, désormais crashé sur la toundra gelée. Un homme seul, emmitouflé mais pas démuni, il survit comme il peut dans cette nature plus qu’hostile, perce un trou dans la glace pour pêcher du poisson bien frais, s’est établi un rituel bien précis, rappelé par les bips de sa montre, la routine d’un homme organisé, qui met en marche à heure fixe la radio de secours.

Enfin, un jour comme beaucoup d’autres, il est repéré par un hélicoptère… qui se crashe sous ses yeux ! Le naufragé se fait sauveteur et sort la passagère du tas de tôles. L’homme n’est plus seul mais a maintenant la charge d’une blessée, chinoise, qu’il soigne au mieux et amène jusque dans « son » avion refuge. Afin d’augmenter leurs chances d’être retrouvés encore en vie, il se lance dans une expédition désespérée, pour sauver non seulement sa vie mais aussi celle d’une inconnue tombée du ciel.

Tant de talents dans un seul homme

Marchant contre le vent cinglant, affrontant un froid polaire, il tire la blessée sur un traîneau, résiste à une tempête de neige, improvise un abri, est attaqué par un ours, tombe dans une grotte, a les mains qui gèlent et une jambe blessée… tous les malheurs les uns après les autres. Présenté en séance de minuit au Festival de Cannes, et sélectionné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, le film de Joe Penna est dans sa première partie une expérience de survie et de solitude, dans des paysages enneigés sublimés.

C’est effectivement gonflé d’envisager un film entier avec un seul personnage, ou plus exactement un et demi, puisque la rescapée reste muette et inerte. On imagine bien volontiers que le tournage en Islande fut « épuisant », et Mads Mikkelsen a donné de sa personne dans ce survival. Bricoleur, ingénieur, pêcheur, sauveteur, escaladeur, porteur… il sait tout faire, à tel point qu’à la fin, c’est trop, on n’y croit plus de tant de talents dans un seul homme perdu au milieu de nulle part ; on se dit que quelque soit le danger il en viendra forcément à bout, il n’y a plus de suspense.

Patrick TARDIT

« Arctic », un film de Joe Penna, avec Mads Mikkelsen (sortie le 6 février).

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