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« Club Kid », un père en manque

Grand Prix au Festival de Deauville, le film de Jordan Firstman est une tendre et distrayante chronique sur la paternité, tourné dans l’univers de la nuit à New York.

Le film est d’abord une plongée dans le monde de la nuit de New York, où un nightclubber gay incarné par Jordan Firstman lui-même, a perdu dix ans de sa vie..

C’est pour « sa puissance et sa délicatesse » que le jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville (présidé par l’acteur Roschdy Zem) a décerné son Grand Prix à « Club Kid », qui a également obtenu le Prix du Public. Et c’est à Cannes, où il était sélectionné dans Un Certain Regard, qu’avait d’abord été remarqué le premier long-métrage réalisé par Jordan Firstman, acteur et humoriste américain.

« Club Kid » (sortie le 4 novembre) est d’abord une plongée dans le monde de la nuit de New York, où un nightclubber gay, toxico, dealer, fauché, Peter incarné par Jordan Firstman lui-même, a perdu dix ans de sa vie. Drogue, sexe et techno, il a passé son temps à organiser de frénétiques soirées, faire la fête et se défoncer. Se souvenant à peine que lors d’une « putain de soirée », il avait fait une exception avec une jeune femme en backroom.

Menant la même vie chaotique une dizaine d’années plus tard, l’inconséquent Peter est du genre à se présenter dans un sale état à un rendez-vous avec d’éventuels investisseurs. Au bout du rouleau, le cerveau grillé par trop d’excès, il est alors lâché par son associée Sophie (Carla Delevingne). Mais tout change lorsque l’enfant paraît et qu’une Anglaise débarque chez lui un beau matin ; elle est accompagnée d’un gamin, Arlo (le jeune Reggie Absolom), dix ans, orphelin de sa mère suicidée, et qui, assure-t-elle, est le fils de Peter.

Ranger son appart et sa vie

Le fiston dont il ignorait l’existence tient de son père : il a de bons goûts musicaux.

Le noctambule est d’abord complètement paumé avec cet enfant « prêt à l’emploi » dont il ignorait l’existence. « Tu vas être un super papa », lui dit-on. Ce n’est pas vraiment gagné, mais le fêtard irresponsable se fait responsable, obligé de ranger son appartement et sa vie qu’il reprend en mains. Et puis il est chouette ce fiston qui tient de son père : il a de bons goûts musicaux et se révèle être un DJ plutôt doué. « Le gamin le plus cool du monde » se plait à New York, père et fils s’entendent bien, et celui des deux dont la vie est la plus bouleversée est bien l’adulte.

Peter et Arlo se projettent dans un autre avenir, envisagent une calme vie commune, jusqu’à ce que les services sociaux décident de renvoyer le gosse en Angleterre. Le passé et la vie « peu conventionnelle » du nightclubber ne plaident pas pour lui, et le père en manque va devoir définitivement rentrer dans le bon rang de la société pour espérer récupérer son fils.

Dans un univers où on ne l’attendait pas, « Club Kid » est ainsi une tendre, émouvante et distrayante chronique sur la paternité, agrémentée d’une éclatante galerie de personnages, dont la joyeuse et pittoresque bande queer des soirées, la voisine du dessous et son improbable fiancé, et un craquant psy.

Patrick TARDIT

« Club Kid », un film de Jordan Firstman (sortie le 4 novembre).

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