NAZA est salué comme un documentaire puissant, formellement maîtrisé et journalistique, qui laisse peu indifférent. Son impact vient surtout de la parole des participants eux-mêmes, filmés de façon sobre et nocturne.

Le film (80 minutes) est un documentaire d’investigation tourné principalement de nuit sur des toits de Tel-Aviv. Il repose sur 24 entretiens anonymes (visages et voix modifiés) avec des militaires et agents du renseignement israéliens (certains encore en service, d’autres ayant quitté l’armée) qui ont participé aux opérations à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Dommages collatéraux
Le titre « NAZA » : acronyme militaire hébreu (nezek agavi) signifiant « dommages collatéraux ». Il désigne le nombre de civils que l’on s’attend à tuer lors d’une frappe aérienne sur une cible. Les témoins expliquent que ce chiffre était calculé à l’avance et accepté dans les procédures opérationnelles (ex. : environ 20 NAZA pour une cible de rang inférieur, jusqu’à 200 ou même 500 pour une figure importante).
Les personnes interrogées décrivent le fonctionnement technique du système :
- L’intelligence artificielle Lavender, qui génère automatiquement des listes de cibles à partir de données téléphoniques et de patterns de comportement.
- Des programmes d’interception (dont « Homeland ») et la procédure « Where’s Daddy », destinée à localiser un suspect via les communications de ses proches (y compris des enfants).
- La préférence pour les frappes nocturnes sur des domiciles privés, quand les cibles sont censées être chez elles avec leur famille.
- Une marge d’erreur reconnue (plus de 15 % pour Lavender), entraînant parfois la mort de civils sans atteindre la cible militaire.
Le film montre aussi le contraste entre la vie quotidienne à Tel-Aviv (lumières de la ville, habitants dans leurs appartements) et les conséquences des bombardements à Gaza (images de décombres et de victimes en fin de film). Il s’appuie sur des enquêtes déjà publiées par +972 Magazine, Local Call et The Guardian entre 2023 et 2025.
Les critiques très positives
Les témoignages sont calmes, techniques, et certains interlocuteurs se décrivent comme de « petits rouages » tout en reconnaissant l’ampleur des pertes civiles.
Le ton est volontairement retenu et factuel : peu d’images de violence explicite, l’impact vient des paroles des acteurs du système eux-mêmes.
Les critiques sont quasi unanimes et extrêmement positives (état au 12-17 septembre 2026) :
- Rotten Tomatoes : 100 % d’avis positifs (sur 14 à 16 critiques), note moyenne 9/10.
- Metacritic : 96/100 (sur 13 critiques) → « Universal Acclaim » (acclamation universelle).Exemples de réactions :
.Time Out : 5/5 — « Un des meilleurs films de l’année », « précis, intelligent, totalement accablant ».
• Vulture / New York Magazine : « L’un des films les plus importants de notre époque », « une bombe », « impossible à oublier ».
• Variety : « Un exposé dévastateur » plus efficace et urgent que No Other Land.
• The Hollywood Reporter : « Sobre et indispensable », « une machine à tuer de pointe », « un acte crucial de témoignage ».
• Screen International : « Urgent, coup de poing ».
• The Guardian (Peter Bradshaw) : 4/5 — positif, même s’il nuance certaines comparaisons historiques.
• Sight & Sound : « Essentiel », « glacial ».
À Venise, le film a reçu une ovation debout record d’environ 25 minutes (la plus longue de l’histoire du festival selon plusieurs sources) et a remporté le Prix spécial du jury.
Réactions en Israël
Le gouvernement israélien a fermement condamné le film. Le ministre de la Culture Miki Zohar a parlé de « trahison » et demandé le retrait de la nationalité aux réalisateurs. L’armée israélienne (Tsahal) nie les accusations. Plus de 200 cinéastes israéliens ont signé une pétition de soutien aux réalisateurs.