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Sécheresse : la navigation fluviale sous tension dans le Grand Est

La succession des fortes chaleurs et un déficit pluviométrique proche de 70 % perturbent la navigation sur le Rhin et la Moselle. Selon la préfecture de région, les acteurs régionaux se mobilisent pour maintenir les approvisionnements et organiser le report d’une partie du trafic vers le rail et la route.

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Plan incliné d’Artzviller, en Moselle (Par © Raimond Spekking / CC BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)

Un déficit de pluie qui fragilise les cours d’eau

Depuis juin 2026, le Grand Est et les pays frontaliers connaissent plusieurs épisodes de fortes chaleurs accompagnés d’un déficit pluviométrique de l’ordre de 70 % par rapport aux normales.

Cette situation affecte directement l’état hydrologique des sols, le niveau des nappes phréatiques et celui des eaux de surface, notamment des fleuves et des cours d’eau.

La situation est particulièrement préoccupante sur le Rhin. La diminution structurelle des glaciers alpins qui l’alimentent, conjuguée aux conditions météorologiques actuelles, contribue à réduire son débit. En 2018 et 2023, des tensions sur la navigation avaient déjà été observées sans toutefois atteindre les niveaux constatés cet été.

Le secteur situé en aval de Kaub, en Allemagne, est particulièrement touché. Le trafic fluvial reste possible, mais les conditions de navigation pénalisent fortement les ports rhénans.

Le trafic fluvial ralenti sur le Rhin et la Moselle

Des difficultés sont également signalées sur la Moselle, où le débit du cours d’eau impose notamment un pilotage afin de garantir l’approvisionnement des industries et des usagers prioritaires.

Face à ces contraintes, les autorités régionales cherchent à limiter les conséquences économiques de la baisse des capacités de transport fluvial.

Le Grand Est dispose notamment d’infrastructures permettant d’assurer l’intermodalité entre les transports fluviaux, ferroviaires et routiers, en particulier dans les ports rhénans et mosellans.

La mobilisation des acteurs publics — VNF, SNCF, ports rhénans et mosellans — ainsi que des transporteurs, chargeurs et acteurs économiques doit permettre d’organiser des solutions de report vers le rail et la route.

Des reports vers le rail et la route

L’objectif est de maintenir autant que possible les flux de marchandises malgré la dégradation des conditions hydrologiques.

Ces solutions de report constituent également un moyen de préserver la stratégie régionale visant à favoriser la massification et la décarbonation des transports.

Pour les secteurs industriels, les conséquences de la situation sont néanmoins importantes. Les services de l’État, VNF, les ports et la SNCF doivent donc coordonner leurs actions afin d’optimiser la complémentarité entre les différents modes de transport, dans l’attente d’un retour à des conditions normales de navigation.

Une cellule régionale de suivi mise en place

Pour faire face à la situation, le secrétaire général pour les affaires régionales et européennes a présidé, le 14 août 2026, une cellule régionale de suivi et d’accompagnement.

Cette instance réunit notamment les acteurs concernés du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, ainsi que les ports rhénans et mosellans, VNF, la SNCF, EDF et les services régionaux de l’État, dont la DREAL, la DREETS et la DRAAF.

Son rôle est de partager les informations disponibles, d’identifier les points de tension les plus critiques — notamment concernant l’approvisionnement en hydrocarbures — et de coordonner d’éventuelles mesures complémentaires.

L’approvisionnement en carburant sécurisé

À titre dérogatoire, afin de faciliter les approvisionnements et de répondre aux besoins des usagers, la circulation des camions transportant du carburant est exceptionnellement autorisée à alimenter les stations-service les vendredi 14 et samedi 15 août, dans l’ensemble des départements du Grand Est.

Cette mesure vise à prévenir d’éventuelles difficultés d’approvisionnement liées aux perturbations du transport fluvial.

Préparer l’avenir du transport de marchandises

Au-delà de la gestion de la crise actuelle, la cellule régionale de suivi doit également contribuer à l’élaboration d’une stratégie régionale inter-portuaire et logistique.

Cette stratégie doit permettre, d’ici à la fin de l’année 2026, d’identifier les investissements prioritaires à moyen et long terme et d’améliorer l’organisation des acteurs.

L’objectif est notamment de renforcer les capacités et la fluidité du fret et de la logistique dans le Grand Est, afin de rendre le système régional plus résilient face à la multiplication des épisodes de sécheresse et aux fluctuations des conditions de navigation.

Transports d’hydrocarbures autorisés

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