Edition du samedi 19 août 2017

    Stop à l’oubli dénonce les ratées de la Justice

    L'association été créée pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice

    L’association été créée pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice

    Le 17 janvier 2004 à Montbrun-Lauragais, près de Toulouse, plusieurs familles de victimes du tueur en série Patrice Alègre se sont regroupées pour jeter les bases de ce qui deviendra l’Association Toulousaine des Familles de Victimes Stop à l’Oubli.
    Patrice Alègre a été arrêté en septembre 1997. Il est soupçonné d’une kyrielle de meurtres et de viols. Il sera condamné pour cinq meurtres et six viols. Et mis en examen pour six autres crimes.
    Mais le compte n’y est pas. L’enquête confiée à la Cellule Homicide 31, de la Section de Recherches Midi-Pyrénées de la gendarmerie, va révéler des dysfonctionnements graves au sein des institutions judiciaires et policières toulousaines : enquêtes bâclées, disparitions de scellés, meurtres classés en suicides, disparitions et meurtres non élucidés, refus d’entendre certains témoins, entraves à la recherche de la vérité de la part de médecins légistes, menaces, intimidations, insinuations…
    La situation est gravissime. Dans le seul ressort du TGI de Toulouse, dans les années 1980 et 90, les gendarmes relèvent plus de 190 meurtres ou disparitions non élucidées ! Tous ne sont évidemment pas à mettre sur le compte de Patrice Alègre mais témoignent de la médiocrité des enquêtes sur chacune de ces affaires.

    Quel pacte ?

    Gabriel Loubradou, président de l'association Stop à l'oubli

    Gabriel Loubradou, président de l’association Stop à l’oubli

    Les familles qui ont perdu un proche sont perdues dans un univers judiciaire qu’elles ne comprennent pas toujours. C’est pour faire face à leur isolement, pour les aider dans les démarches auprès des avocats et des tribunaux que l’association Stop à l’oubli a été créée.
    « Nous soutenons les familles des victimes dans leur juste combat pour faire éclater la vérité suite aux dysfonctionnements graves de la justice et des services de Police et de Gendarmerie au cours de ces 25 dernières années en Midi-Pyrénées et qui ont permis à des assassins d’agir en toute impunité » écrit Gabriel Loubradou dont la fille, Hélène, a disparu dans les années 90. « Nous demandons que des réponses précises soient données à nos questions simples : Que s’est-il passé à Toulouse depuis les années 1980 ? Quel système a autorisé et masqué de telles pratiques ? Quels pouvoirs ont initié une telle violence ? Quel pacte a laissé silencieusement se développer une telle perversion ? »

    Le rapport Bréard

    L’association qui regroupe une trentaine de familles de victimes et plusieurs centaines d’adhérents, a pu voir le jour grâce au travail remarquable accompli par la première équipe de la Cellule Homicide 31, dirigée jusqu’en août 2003 par l’adjudant Michel Roussel, mais aussi grâce au climat de confiance qui s’était instauré entre ce dernier et les familles de victimes.
    Actuellement les dossiers portés par Stop à l’Oubli (une cinquantaine) ne sont pas tous liés à l’Affaire Alègre, mais ont un point commun : leur mauvais traitement par certains magistrats et leurs services enquêteurs.
    Stop à l’oubli exige « que toute la lumière soit faite sur ces dysfonctionnements qui ont endeuillé tant de familles et souillé notre société et que les pièces du rapport Bréard soient versées dans les dossiers où elles seront très utiles à la manifestation de la vérité. Que des sanctions soient prises à l’encontre de ceux qui ont failli à leur mission.
    Elle demande la réouverture de tous les dossiers classés sans suite ou ayant fait l’objet d’une ordonnance de non-lieu. »

    Plus ici.

    E.L.

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