À quelques semaines de la rentrée universitaire, l’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir) alerte sur les difficultés croissantes d’accès au logement étudiant. Son enquête, menée dans onze grandes agglomérations universitaires françaises, met en évidence des loyers élevés et un non-respect massif des règles encadrant les locations.

Face au manque de places en résidences Crous, plus de neuf étudiants sur dix sont contraints de se tourner vers le parc locatif privé. Or, selon l’étude, les loyers pratiqués dépassent largement les capacités financières de nombreux jeunes, malgré les aides au logement.
Des loyers qui varient fortement selon les villes
L’enquête montre qu’un studio de 15 m² coûte en moyenne près de 600 € par mois dans les onze agglomérations étudiées, qui accueillent à elles seules près des deux tiers des étudiants français.
Les écarts sont toutefois importants selon les territoires :
- 504 € à Grenoble ;
- 560 € à Lyon ;
- 655 € à Bordeaux ;
- jusqu’à 984 € à Paris.
Même avec l’aide personnalisée au logement (APL), qui couvre en moyenne 43 % du loyer, le reste à charge demeure particulièrement élevé pour de nombreux étudiants.
Des irrégularités dans près de trois annonces sur quatre
Au-delà du niveau des loyers, l’association souligne de nombreux manquements à la réglementation. Selon l’enquête, 73 % des annonces analysées présentent au moins une irrégularité.
Dans les six villes où l’encadrement des loyers est en vigueur, le constat est encore plus sévère : 95 % des annonces dépasseraient les plafonds autorisés, avec un dépassement moyen de 234 € par mois.
Pour Que Choisir Ensemble, ces chiffres montrent que le problème ne réside pas dans le dispositif lui-même, mais dans son application. L’association rappelle qu’à Paris, l’encadrement des loyers aurait permis aux locataires d’économiser en moyenne 141 € par mois.
Un dispositif dont l’avenir est incertain
L’encadrement des loyers fait actuellement l’objet d’une expérimentation qui doit prendre fin le 26 novembre 2026, sauf décision du législateur de la prolonger ou de la pérenniser.
Pour l’association, la disparition de ce mécanisme priverait les étudiants de l’un des rares outils capables de limiter les excès d’un marché locatif sous tension.
« Le prix du logement choisit les études »
Dans un communiqué accompagnant cette enquête, la présidente de Que Choisir Ensemble, Marie-Amandine Stévenin, estime que le coût du logement influence désormais directement les parcours universitaires :
« Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. Les règles existent pour protéger ces locataires souvent fragiles, mais elles sont souvent contournées. L’encadrement des loyers a pourtant prouvé son efficacité : il est urgent de le faire pleinement appliquer et de le pérenniser. »
Selon l’association, cette enquête met en lumière l’urgence de renforcer les contrôles sur le marché locatif étudiant et de garantir une application effective des règles existantes afin de faciliter l’accès au logement à l’approche de la rentrée universitaire.