Vadim Ermolaev, 58 ans, son épouse et leur fils de 13 ans ont été grièvement blessés lundi soir par l’explosion d’un engin déposé devant leur immeuble. Le suspect, activement recherché, reste en fuite.

Une violente déflagration a secoué la Principauté de Monaco ce lundi 29 juin, vers 21 heures, sur le pas de la porte d’un immeuble résidentiel, après le dépôt d’un colis piégé par un individu aussitôt en fuite. Selon le gouvernement monégasque, l’explosion a fait trois blessés, dont Vadim Ermolaev, oligarque ukrainien classé 23e fortune du pays et visé par des sanctions de Kiev.
Vers 20h58, dans le quartier de la place des Moulins, les caméras de vidéosurveillance ont filmé un individu déposant un sac à dos devant un immeuble du 4, rue du Révérend-Père-Frolla, avant de prendre la fuite. L’explosion qui a suivi a pulvérisé l’entrée du bâtiment. Les autorités monégasques ont fait état de deux blessés en urgence absolue — un couple de 50/60 ans — et d’un blessé en urgence relative, un adolescent de 13 ans. Quatre autres personnes ont été prises en charge pour des blessures légères ou un état de choc.
Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, confirmant une information de BFMTV, l’homme grièvement blessé est Vadim Ermolaev, accompagné de son épouse et de leur fils adolescent. Les trois victimes ont été transportées à Nice, les deux adultes au CHU Pasteur et le plus jeune à l’hôpital pour enfants Lenval.
« La criminelle explosion qui s’est produite ce soir à Monaco est un choc pour toute la communauté monégasque », a réagi le prince Albert II dans un communiqué, assurant que « la Principauté de Monaco demeurera unie et déterminée face à la violence et au crime ». Le ministre d’État Christophe Mirmand a évoqué « vraisemblablement un attentat », une première dans l’histoire de la Principauté selon ses propres termes. Une collaboration policière franco-monégasque a été mise en place pour retrouver l’auteur des faits, aperçu sur des vidéosurveillances à Beausoleil.
Un empire bâti dans l’est de l’Ukraine
Vadim Ermolaev dirige le groupe Alef, qu’il a fondé en 1995. La société est aujourd’hui active dans plusieurs secteurs : immobilier, promotion, agroalimentaire et production de spiritueux, notamment le vin. Son ascension est intimement liée à sa ville natale, Dnipro (l’ancienne Dniepropetrovsk), dans l’est de l’Ukraine, dont il a contribué à transformer le paysage urbain à travers centres commerciaux, complexes résidentiels et immeubles de bureaux.
Selon le classement Forbes de 2022, il occupait la 23e place des plus grandes fortunes ukrainiennes, avec un patrimoine estimé à environ 300 millions de dollars. Des soupçons de blanchiment ont par ailleurs entouré sa participation à la banque estonienne Versobank, dont l’agrément a été suspendu en 2018 par la Banque centrale européenne pour « violations systémiques ».
Des activités en Crimée à l’origine des sanctions
L’homme d’affaires a également investi en Crimée, notamment dans le négoce d’alcool. C’est cette activité qui lui a valu d’être placé sous sanctions par Kiev en décembre 2023, en vertu d’une décision du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine (NSDC) promulguée par le président Volodymyr Zelensky. Plusieurs médias, citant les services de sécurité ukrainiens, expliquent ces sanctions par le choix de l’oligarque de poursuivre ses activités commerciales en Crimée sous occupation russe.
Une nationalité chypriote depuis 2019
Vadim Ermolaev n’est plus citoyen ukrainien : il a renoncé à cette nationalité en 2019 pour obtenir un passeport chypriote, invoquant un système judiciaire et fiscal « loin d’être parfait ». Peu après le début du conflit en Ukraine, il affirmait pourtant encore vouloir développer son entreprise dans le pays une fois la guerre terminée.