Longtemps cantonné à la régulation de la pression artérielle, le système rénine-angiotensine pourrait intervenir dans tous les mécanismes biologiques impliqués dans les maladies humaines. Dans un nouvel ouvrage, le chercheur Jean-Marc Sabatier défend une approche globale qui entend dépasser le cloisonnement traditionnel des pathologies.

Le système rénine-angiotensine, un mécanisme biologique au cœur des diverses maladies.
Et si des maladies apparemment très différentes partageaient des mécanismes biologiques communs ? C’est l’une des questions au cœur du travail de Jean-Marc Sabatier, directeur de recherche au CNRS, qui propose de relire de nombreuses pathologies à travers le prisme du système rénine-angiotensine (SRA).
Un système biologique aux multiples fonctions
Le SRA est traditionnellement connu pour son rôle dans la régulation de la pression artérielle et de l’équilibre hydrique. Mais, selon les travaux présentés dans cet ouvrage, son champ d’action serait beaucoup plus vaste. Présent dans l’ensemble des cellules de l’organisme, il interviendrait également dans le métabolisme, l’inflammation, le stress oxydatif, les fonctions cardiovasculaires, rénales, neurologiques et immunitaires, ainsi que dans la réparation des tissus et les mécanismes du vieillissement.
Cette vision élargie conduit à s’intéresser aux conséquences d’un dérèglement du système, notamment de l’axe angiotensine II–AT1R, impliqué dans plusieurs processus physiologiques et pathologiques.
Des maladies différentes, des mécanismes communs ?
Des maladies cardiovasculaires et auto-immunes aux troubles neurologiques, en passant par les syndromes post-infectieux et le cancer, l’ouvrage explore l’hypothèse de mécanismes biologiques convergents.
Inflammation chronique, stress oxydatif, dysfonctionnement de l’endothélium, perturbations immunitaires et mitochondriales, thrombose ou fibrose : autant de phénomènes qui pourraient contribuer à expliquer certaines similitudes entre des pathologies habituellement étudiées séparément.
Le livre aborde également la protéine Spike, au centre de certaines recherches sur les infections à coronavirus et leurs conséquences. L’objectif affiché est de proposer une grille de lecture transversale, susceptible de rapprocher des domaines de recherche souvent cloisonnés.
Vers une médecine plus intégrative ?
Au fil des chapitres se dessine une conception systémique de la médecine. Plutôt que de considérer chaque maladie isolément, Jean-Marc Sabatier propose d’étudier les interactions entre les grands mécanismes physiologiques et leur contribution à l’équilibre général de l’organisme.
L’ouvrage ouvre également des perspectives en matière de prévention et de nutrition. Il examine les facteurs susceptibles d’influencer le fonctionnement du SRA et présente des principes ayant guidé la conception de formulations nutritionnelles spécifiques.
Jean-Marc Sabatier, un chercheur aux travaux diversifiés
Directeur de recherche au CNRS, docteur en biologie cellulaire et en microbiologie, titulaire d’une habilitation à diriger des recherches en biochimie, Jean-Marc Sabatier est notamment spécialiste des toxines animales et des microbes. Il a dirigé plusieurs équipes et laboratoires de recherche, dans les secteurs académique et privé.
Auteur d’environ 280 articles scientifiques et détenteur de 55 brevets, il est également rédacteur en chef de plusieurs revues. En 2025, il a notamment cosigné Le Jeûne : qu’en dit la science ?
Publié chez Marco Pietteur, dans la collection Résurgence, au prix de 30 euros, cet ouvrage propose une exploration du système rénine-angiotensine et de ses implications potentielles pour la compréhension de la santé humaine.
Plus d’infos sur la chaine YouTube de JM Sabatier
