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Carburants : 5,5 millions de Français bénéficient d’aides massives

Les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement représentent un investissement de 450 millions d’euros et visent à élargir les aides aux « gros rouleurs » à 5,5 millions de personnes, contre 3 millions précédemment.

Le prix des carburants à la hausse (DR)
Le prix des carburants à la hausse (DR)

Une aide record de 100 euros pour les grands rouleurs

Le gouvernement prolonge et élargit le dispositif d’aide destiné aux « gros rouleurs », ces Français qui parcourent quotidiennement de longues distances pour leurs trajets professionnels ou familiaux. Cette aide représentera l’équivalent de 0,40 euro par litre de carburant pour trois mois en moyenne, soit une indemnité totale de 100 euros pour les périodes d’octobre et novembre.

Les critères d’éligibilité ont été assouplis pour permettre à plus de citoyens de bénéficier de ce soutien. L’aide concerne désormais les Français ayant des revenus situés jusqu’à 2 035 euros net par mois pour une personne seule et jusqu’à 6 000 euros par mois pour un couple avec enfant. Cette extension porte le nombre de bénéficiaires de 3 millions à 5,5 millions de personnes.

Pour simplifier les démarches administratives, le gouvernement a annoncé que les Français ayant déjà demandé l’aide de 100 euros pour les six premiers mois recevront automatiquement le nouveau versement sans devoir effectuer une deuxième demande. Cette logique de simplification et d’extension répond aux attentes des usagers face aux difficultés économiques croissantes.

La prime carburant patronale passe à 1 000 euros

Le gouvernement a également augmenté le plafond de la prime carburant versée par les employeurs à leurs salariés, la portant de 600 euros à 1 000 euros pour une année complète. Cette prime défiscalisée et désocialisée ne génère ni charges salariales ni obligations fiscales pour les entreprises qui la versent.

Bien que le versement de cette prime reste facultatif pour les employeurs, elle constitue une aide concrète au pouvoir d’achat des salariés confrontés à l’augmentation drastique des coûts de déplacement. Le gouvernement rappelle que ce plafond avait déjà été doublé en mai, passant de 300 à 600 euros, témoignant de l’ampleur de la crise énergétique.

Des mesures sectorielles pour les professionnels en première ligne

Conscient que certains secteurs d’activité sont particulièrement vulnérables aux variations du prix des carburants, le gouvernement a annoncé des mesures spécifiques. Les infirmiers parcourant plus de 100 kilomètres par jour bénéficieront d’un « bonus territoire ruralité » de 80 euros, tandis que plus de 25 000 infirmières dans le pays pourront accéder à cette aide supplémentaire.

Les aides à domicile peuvent également prétendre à l’aide de 100 euros destinée aux grands rouleurs, à condition d’utiliser leur véhicule personnel, de travailler à mi-temps ou davantage et de parcourir au moins 30 kilomètres par jour. Pour les infirmiers et aides à domicile, un dispositif de stabilité économique sera discuté lors de l’examen du budget pour mieux absorber les variations du prix des carburants.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics bénéficiera également d’une prolongation de l’aide à hauteur de 0,20 euro par litre de gasoil non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des engins de chantier.

La pêche et les professionnels de la mer protégés

Les pêcheurs bénéficient d’une aide au carburant prolongée jusqu’à fin décembre, avec une visibilité de quatre mois, qualifiée d’« inédite » par le gouvernement. Le montant de cette aide sera indexé sur l’évolution du prix du carburant, courant à hauteur de 70 % de la hausse des coûts du carburant par rapport à la situation d’avant-crise, dans les limites du cadre réglementaire européen.

Pour répondre aux difficultés de trésorerie des armateurs, le gouvernement propose également un prêt à taux zéro garanti par l’État, pouvant atteindre 50 000 euros. Les professionnels de la pêche pourront solliciter ce prêt à partir du 1er octobre.

Une enveloppe budgétaire de 450 millions d’euros pour stabiliser l’économie

Le coût total des nouvelles mesures annoncées s’élève à environ 450 millions d’euros, selon le ministre de l’action et des comptes publics. Cette dépense restera « sous l’enveloppe de 1,4 milliard d’euros » déjà prévue, précise le gouvernement, tenant compte du fait que tous les Français éligibles à l’aide précédente ne l’avaient pas demandée.

Les nouvelles mesures pour accompagner les entreprises incluent également des reports de cotisations sociales et des étalements de dettes fiscales, mobilisant les services de l’État pour soutenir la trésorerie des entreprises confrontées aux difficultés de cette crise énergétique sans précédent.

L’engagement gouvernemental face à une crise structurelle durable

Face aux inquiétudes légitimes des Français concernant la hausse des prix des carburants, le ministre de l’économie a assuré que le gouvernement entendait poursuivre son soutien aux ménages et aux travailleurs. La promesse d’une approche « agile » reflète la volonté de rester réactif face à l’évolution de la crise et d’adapter les dispositifs selon les besoins.

Le gouvernement souligne l’importance de préserver les plus modestes et les travailleurs, tout en s’assurant qu’il n’y ait aucun problème d’approvisionnement en carburants en France. L’écart considérable creusé depuis février entre le prix du pétrole brut et celui des produits raffinés, sur fond de pénuries et de capacités de production contraintes, justifie cette mobilisation massive des ressources publiques pour stabiliser le pouvoir d’achat et la trésorerie des entreprises.

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