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Explosion de la dette publique française : la fin du film approche

Un nouveau record de dette publique à 3305,3 milliards d’euros et un déficit qui continue de se creuser alors que les autres pays européens redressent leurs comptes. Analyse de la situation économique française en ce début 2025 par Marc Touati.

Marc Touati
Marc Touati

La France a atteint un nouveau record historique de dette publique à 3305,3 milliards d’euros, soit 113% du PIB. Dans le même temps, le déficit public s’est encore creusé pour atteindre 5,8% du PIB en 2024, faisant de la France le cancre de la zone euro en matière de finances publiques.

Le déficit continue de se creuser

Les chiffres récemment publiés sont sans appel : le déficit public français a grimpé à 169,7 milliards d’euros en 2024, contre 151,2 milliards en 2023. Ce déficit représente désormais 5,8% du PIB, en hausse par rapport aux 5,4% de 2023. Une situation d’autant plus préoccupante que la France est le seul grand pays de la zone euro à voir son déficit augmenter, alors que la moyenne européenne est de 2,6%, en baisse d’un point par rapport à l’année précédente.

L’analyse détaillée montre que 91% de ce déficit provient de l’État central, pour un montant de 154 milliards d’euros. Les collectivités locales ont également vu leur situation se dégrader, passant d’un déficit de 9,5 milliards à 16,7 milliards d’euros.

La dette publique explose sans générer de croissance

Plus inquiétant encore, cette dette qui ne cesse de croître ne génère pas la croissance économique escomptée. Depuis fin 2019, la dette publique a augmenté de 918 milliards d’euros, alors que le PIB en valeur n’a progressé que de 487,3 milliards d’euros sur la même période, soit un écart de 430,6 milliards.

Si l’on considère le « bilan Macron » depuis début 2017, la dette publique a augmenté de 1049 milliards d’euros, pour une hausse du PIB en valeur de seulement 627 milliards d’euros. Et sur le plus long terme, depuis 2007, la dette publique a augmenté de 166%, tandis que le PIB en valeur n’a progressé que de 56%.

Les dépenses publiques continuent d’augmenter plus vite que l’inflation

Contrairement aux discours officiels, les dépenses publiques augmentent bien plus vite que l’inflation. En 2024, elles ont progressé de 3,9%, alors que l’inflation n’était que de 2%. Sur les cinq dernières années (2019-2024), les dépenses publiques ont augmenté de 24,1%, contre une hausse des prix à la consommation de 15%, soit un écart de 9,1 points.

La France détient désormais le record mondial du poids des dépenses publiques, à 57,1% du PIB, un chiffre en hausse constante depuis les années 80, où il était inférieur à 50%.

Perspectives sombres pour 2025

Les perspectives pour 2025 sont loin d’être encourageantes. La croissance devrait rester très faible (0,5% selon les prévisions les plus optimistes), tandis que le chômage pourrait atteindre 9% pour la catégorie A. La charge des intérêts de la dette devrait continuer d’augmenter pour atteindre 70 milliards d’euros cette année, et pourrait bientôt grimper à 100 milliards d’euros par an.

Les indicateurs des directeurs d’achat montrent que la France reste en récession, notamment dans le secteur des services, qui était censé tirer la croissance vers le haut. La France apparaît comme la lanterne rouge de l’économie mondiale, alors même que des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne voient leur situation s’améliorer.

L’exode des Français s’intensifie

Autre signe inquiétant, le nombre de Français quittant le pays est en hausse. Selon les chiffres officiels du ministère des Affaires étrangères, 1,741 million de Français sont inscrits au registre des Français de l’étranger, en hausse de 2,8% sur un an. Mais ce chiffre pourrait être largement sous-estimé, le ministère évoquant lui-même au moins 2,5 millions de Français vivant à l’étranger, avec une hausse d’au moins 100 000 personnes sur un an.

Les destinations privilégiées sont la Suisse (171 884 inscrits), les États-Unis (159 000), le Royaume-Uni (141 000), la Belgique (123 000) et le Canada (118 000).

L’inflation stabilisée, mais les prix alimentaires en hausse

Seule note positive, l’inflation s’est stabilisée en France à 0,9% aux normes européennes (0,8% aux normes INSEE). Cependant, les prix ont tout de même augmenté de 16,7% depuis janvier 2021, et la situation est particulièrement préoccupante pour l’alimentation, dont les prix ont augmenté de 0,9% sur les deux derniers mois, et de 23,1% depuis 2021. Une situation qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, pour qui l’alimentation peut représenter jusqu’à 50% des dépenses mensuelles.

Face à cette situation, la question se pose : jusqu’où la France pourra-t-elle continuer à creuser sa dette sans conséquences majeures ? La fin du film semble de plus en plus proche, avec à la clé une possible augmentation des taux d’intérêt, une récession aggravée et une hausse du chômage.

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