À la veille du vote de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale, plusieurs organisations agricoles, environnementales et citoyennes donnent rendez-vous au public samedi 18 juillet, de 16 h à 18 h, place Stanislas à Nancy. Elles dénoncent un texte qu’elles jugent contraire aux enjeux climatiques et plaident pour un soutien renforcé à l’agriculture biologique et paysanne.

Le débat autour de la loi d’urgence agricole se poursuit jusque dans la rue. À l’appel de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), de la Confédération paysanne et de Générations Futures, un rassemblement est organisé samedi 18 juillet à Nancy. En Grand Est, l’initiative est portée par le GAB 54, Bio en Grand Est, la Confédération paysanne Grand Est et Meurthe-et-Moselle, Générations Futures 54 et plusieurs associations locales.
« Une loi qui ne répond pas aux défis agricoles »
Les organisateurs estiment que le texte adopté par le Sénat ne permettra pas au monde agricole de faire face aux conséquences du changement climatique. Ils évoquent notamment la succession des épisodes de canicule, les tensions croissantes sur la ressource en eau et les difficultés rencontrées par les exploitations.
Selon eux, la loi privilégie des mesures de court terme sans apporter de réponses structurelles aux défis auxquels l’agriculture est confrontée.
Des inquiétudes sur l’eau, les pesticides et l’élevage
Le collectif entend également alerter sur plusieurs dispositions du projet de loi. Il s’inquiète d’un possible développement de l’élevage industriel, qu’il juge incompatible avec les objectifs de bien-être animal et de qualité alimentaire.
Les associations dénoncent également ce qu’elles considèrent comme un risque de privatisation de la ressource en eau et un assouplissement des règles encadrant l’utilisation des pesticides dans les zones de captage d’eau potable. Elles estiment que ces évolutions pourraient accentuer les tensions autour du partage de l’eau.
L’agriculture biologique mise en avant
Au-delà de leur opposition au texte, les organisateurs souhaitent défendre un autre modèle agricole. Ils mettent en avant l’agriculture biologique et paysanne comme une réponse aux enjeux de souveraineté alimentaire, de préservation de la biodiversité et d’adaptation au changement climatique.
Ils s’appuient sur plusieurs études scientifiques pour étayer leurs arguments. Selon l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB), les exploitations biologiques émettent moins de la moitié des gaz à effet de serre des systèmes conventionnels et accueillent en moyenne 23 % de biodiversité supplémentaire. Les organisateurs citent également l’étude BioNutriNet, qui associe une consommation régulière de produits biologiques à une diminution du risque de certains cancers.
Des demandes adressées aux pouvoirs publics
Le collectif appelle l’État à renforcer son soutien aux exploitations engagées dans des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Il demande notamment une meilleure reconnaissance de l’agriculture biologique dans les politiques de protection de la qualité de l’eau et une priorité accordée aux cultures vivrières, notamment au maraîchage, dans la gestion de la ressource en eau.
Pour les organisateurs, les exploitations engagées dans la transition écologique ne doivent pas être pénalisées par les choix retenus dans la future loi.
Un rassemblement ouvert au public
Les associations invitent les citoyens à venir échanger avec les représentants du collectif samedi 18 juillet, de 16 h à 18 h, place Stanislas à Nancy. Elles souhaitent présenter les arguments scientifiques qui, selon elles, démontrent les bénéfices de l’agriculture biologique et paysanne, tout en appelant les parlementaires à modifier le texte avant son adoption définitive.
Les organisations participantes : GAB 54, Bio en Grand Est, Confédération paysanne Grand Est, Confédération paysanne 54, Générations Futures 54, Les Maraîchers Lorrains, Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), ATTAC 54, Forum Bio des Vosges, AMI-Bio, Nature & Progrès, Nous voulons des coquelicots et La Manuf’ Houécourt.
Président de France Eau publique, l’élu doubien Christophe Lime alerte, en fustigeant une loi d’urgence agricole « dangereuse pour la gestion de l’eau ». https://t.co/2hRMVGYj6j
— L'Est Républicain (@lestrepublicain) July 13, 2026