Le nombre de radiations d’entreprises atteint des niveaux critiques en France avec plus de 112 000 entreprises radiées au quatrième trimestre 2025, soit une augmentation de 27,4% sur un an. Cette situation de défaillance massive concerne l’ensemble du territoire national, particulièrement le Grand Est et les Hauts-de-France, confirmant une crise économique généralisée.

L’ampleur inédite de la crise des défaillances d’entreprises
Entre le 1er octobre et le 31 décembre 2025, le tissu entrepreneurial français a enregistré un phénomène alarmant : 112 021 entreprises ont été radiées des registres du commerce. Cette donnée, révélée par Infogreffe, le portail officiel des tribunaux de commerce en France, témoigne d’une situation que les experts qualifient de « toujours très préoccupante » pour l’écosystème économique national.
La radiation représente l’étape ultime du processus de fermeture d’une entreprise. Elle intervient après l’épuisement de toutes les procédures de sauvegarde ou de redressement. Bien que cette catégorie statistique inclue également des microstructures et des sociétés civiles immobilières familiales, le volume global reste révélateur d’une contraction économique majeure.
Cette augmentation de 27,4% comparée au quatrième trimestre 2024 représente une accélération significative de la tendance négative observée depuis plusieurs trimestres. Elle reflète les difficultés cumulatives rencontrées par les entreprises françaises face aux incertitudes macroéconomiques, aux tensions de trésorerie et aux défis structurels du marché.
Disparités régionales : certaines zones en situation critique
Le Grand Est et les régions du nord-est particulièrement touchées
L’analyse territoriale des défaillances d’entreprises révèle une distribution inégale de la crise. Le Grand Est concentre la progression la plus spectaculaire avec une hausse de 79,1% des radiations sur un an. Cette région, historiquement marquée par son tissu industriel et manufacturier, subit particulièrement les contrecoups de la restructuration économique en cours.
La Normandie enregistre une augmentation de 65,9%, tandis que les Hauts-de-France affichent une progression de 63,6%. Le Centre-Val de Loire ne reste pas épargné avec une hausse de 59,6%. Ces régions du nord et du nord-est partagent des caractéristiques communes : une base économique fortement dépendante des secteurs traditionnels, une concentration de petites et moyennes entreprises vulnérables aux chocs économiques, et des difficultés d’adaptation à la transformation numérique.
L’Île-de-France confirme le caractère diffus du phénomène
Bien que moins affectée que le Grand Est, l’Île-de-France enregistre une augmentation significative de 39,7% des radiations d’entreprises. Cette région, qui concentre une part disproportionnée du tissu entrepreneurial national avec de nombreuses sièges sociaux, représente un baromètre crucial de la santé économique générale du pays. Son augmentation confirme que la crise ne se limite pas à quelques secteurs ou régions spécifiques, mais revêt un caractère largement diffus affectant l’ensemble de l’économie française.
Les procédures collectives en constante augmentation
Au-delà des radiations finales, les données sur les procédures collectives révèlent un pipeline inquiétant de défaillances en cours de traitement. Au quatrième trimestre 2025, 17 194 entreprises sont entrées en procédure collective, soit une augmentation modérée de 2,2% comparée à la même période de 2024.
Cette augmentation, bien que moins spectaculaire que celle des radiations, indique que les nouvelles défaillances continuent à alimenter le système judiciaire. Les redressements judiciaires poursuivent leur progression avec 4 802 ouvertures enregistrées au quatrième trimestre 2025, témoignant de la difficulté croissante des entreprises à naviguer les périodes de crise sans intervention judiciaire.
La liquidation judiciaire : procédure incontournable
La liquidation judiciaire demeure la procédure collective la plus fréquemment engagée, avec 11 984 ouvertures au dernier trimestre 2025. Bien que ce chiffre enregistre un léger recul de 4,6% sur un an, il ne doit pas masquer la réalité : la liquidation judiciaire reste le destin le plus courant des entreprises en difficulté. Cette procédure, qui aboutit invariablement à la cessation définitive de l’activité, illustre l’absence de solutions viables pour la majorité des cas.
Un déséquilibre croissant entre créations et radiations
Malgré une progression de 10% des créations d’entreprises par rapport à la même période de 2024, ce dynamisme entrepreneurial reste largement insuffisant pour compenser les destructions d’emplois et de valeur occasionnées par les radiations massives.
Ce déficit structurel illustre un phénomène économique préoccupant : les nouvelles créations, souvent portées par des entrepreneurs optimistes et disposant de capitaux limités, ne parviennent pas à compenser les pertes de tissu économique causées par la défaillance d’entreprises établies, employeuses et ancrées territorialement. Le solde net entre créations et radiations reste profondément négatif, signalant une contraction du nombre total d’entités économiques en activité.
Les facteurs structurels et conjoncturels de la crise
La crise des défaillances d’entreprises en France résulte d’une convergence de facteurs : une conjonction d’incertitudes politiques et économiques affectant les décisions d’investissement, une hausse des coûts de financement qui pénalise les petites structures, des tensions sur la trésorerie d’exploitation, et une transformation numérique inégalement maîtrisée selon les secteurs et les tailles d’entreprises.
Face à ces défis, certains patrons français misent sur l’international pour échapper aux incertitudes du marché domestique. Cette stratégie de diversification géographique reflète un manque de confiance envers les perspectives économiques à court et moyen terme sur le territoire national.
Tendances à surveiller et implications futures
Les données mensuelles de défaillances d’entreprises, suivi régulièrement par l’Insee depuis 2000, permettent d’observer les cycles économiques et les chocs systémiques. Le contexte actuel, avec des radiations dépassant les 112 000 par trimestre, représente l’un des plus élevés jamais enregistrés en France sur cette période.
Les implications de cette tendance s’étendent au-delà des simples statistiques : chaque radiation d’entreprise représente l’érosion du tissu économique local, la perte d’emplois, la réduction des bases fiscales des collectivités territoriales, et un coût social important en termes de chômage et de précarité. Les redressements judiciaires, bien que moins destructeurs que les liquidations, mobilisent des ressources judiciaires considérables et maintiennent une incertitude prolongée sur l’avenir des entreprises concernées.
Les données mensuelles futures de la Banque de France et de l’Insee demeurent essentielles pour évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en place.
Alerte : Le président du @medef @PatrickMartin_1 s’inquiète inquiété sur @franceinfo d’une forte hausse des défaillances d’entreprises en France. « On est sur une tendance annuelle de plus de 70 000 entreprises » ayant mis la clé sous la porte, a-t-il indiqué. « On bat des records…
— ECOMNEWS (@ecom_news) June 16, 2026
Record historique de défaillances d’entreprises au premier trimestre !!! https://t.co/eRtxl9MAZM
— Marie D (@Marimadma) June 16, 2026
Le cabinet Altarès a publié mardi 14 avril 1 étude qui dresse 1,constat sans précédent,près de 19 000 entreprises ont fait faillite au cours du 1er trimestre.
Sur 1 année glissante,le nombre total de défaillances atteint 71 100, soit une hausse de 6,4 %.
1 record historique! pic.twitter.com/qYas13A1u8
— 🇨🇵 Le chat (@lemistigrinoir) June 16, 2026