Edition du vendredi 20 juillet 2018

Les stigmatisants !

L’ancien secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, s’étonne sur son blog que l’on reproche aux cheminots de bénéficier d’avantages salariaux. Mais sont-ils les seuls ?

Par Christian Eckert

Il est devenu de bon ton de dénoncer les avantages des salariés d’une entreprise et de réclamer la fin d’avantages sociaux obtenus tout au long de l’histoire ici et là.
Ainsi en est-il de la gratuité des cheminots pour circuler dans les trains de la SNCF.
Sans trop réfléchir, je me suis livré à quelques recherches sur des cas ressemblant, dans des entreprises plus ou moins publiques. Sous réserve de vérification, il me semble que :

-Lorsque la mine de ma commune était en activité, les mineurs de fer ne payaient pas l’eau potable de leur maison extraite de la mine pour qu’elle fonctionne. Ils étaient logés gratuitement.
-Les mineurs de charbon recevaient gratuitement de quoi se chauffer.
-Les agents de la RATP circulent gratuitement (leurs familles avec de fortes réductions) sur le réseau de transport francilien.
-Les salariés de Renault (et d’autres constructeurs) peuvent acheter (et revendre) des véhicules à des prix défiant toute concurrence.
-Les agents d’EDF et de GDF (y compris en retraite) bénéficient de prix de leurs consommations drastiquement réduits.
-A Air France, le personnel voyage (avec leurs familles) à des conditions tarifaires extrêmement préférentielles.
-Les artisans boulangers paient rarement le pain et les gâteaux que leurs commerces produisent.
-Les agriculteurs ne paient pas les œufs, la volaille, le bœuf, les légumes, produits par leur exploitation.
-C’est la sécurité sociale qui paie les cotisations retraite de bien des praticiens.
-Les journalistes bénéficient d’un statut fiscal particulier, et je pourrais ici citer bien d’autres professions.
-Carlos Ghosn et quelques cadres supérieurs, reçoivent des actions de leur société pour quelques dizaines de Millions d’Euros tous les ans.

Je m’arrête là, mais pourrais parler des comités d’entreprise, des tickets restaurant, des centres de vacances…
L’histoire économique, sociale, syndicale, a créé des situations diverses.
Les macroniens veulent tout niveler par le bas. Pourquoi pas par le haut ?

Lire Aussi