Edition du vendredi 22 juin 2018

De qui ce joli bestiaire?

Qu’ils soient domestiques ou qu’ils soient sauvages, les animaux font partie de la vie des hommes qui voient en eux des caractéristiques humaines, réelles ou supposées. On parle d’anthropomorphisme. Dans ses fables, Jean de La Fontaine utilise des animaux pour instruire les hommes. Un écrivain récemment décédé nous conte aussi une histoire d’animaux. Ou d’homme, on ne sait plus. 

Que vous soyez fier comme un coq

Fier comme un coq (commons-wikipedia)

Fier comme un coq (commons-wikipedia)

Fort comme un bœuf

Têtu comme un âne

Malin comme un singe

Ou simplement un chaud lapin

Vous êtes tous, un jour ou l’autre

Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche

Des yeux de biche (Pixabay)

Des yeux de biche (Pixabay)

Vous arrivez à votre premier rendez-vous

Fier comme un paon

Et frais comme un gardon

Et là … Pas un chat !

Vous faites le pied de grue

Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin

Il y a anguille sous roche

Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard

La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon

Vous l’a certifié

Une belle poule (mariefrance.fr)

Une belle poule (mariefrance.fr)

Cette poule a du chien

Une vraie panthère !

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour

Mais tout de même, elle vous traite comme un chien

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois

Quand finalement la fine mouche arrive

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard

Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard

Sauf que la fameuse souris

Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion

Est en fait aussi plate qu’une limande

Myope comme une taupe

Une crinière de lion (pixabay)

Une crinière de lion (pixabay)

Elle souffle comme un phoque

Et rit comme une baleine

Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat

Vous roulez des yeux de merlan frit

Vous êtes rouge comme une écrevisse

Mais vous restez muet comme une carpe

Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez

Mais vous sautez du coq à l’âne

Et finissez par noyer le poisson

Comme un poisson dans l'eau (pxhere)

Comme un poisson dans l’eau (pxhere)

Vous avez le cafard

L’envie vous prend de pleurer comme un veau

(ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon)

Vous finissez par prendre le taureau par les cornes

Et vous inventer une fièvre de cheval

Qui vous permet de filer comme un lièvre

C’est pas que vous êtes une poule mouillée

Vous ne voulez pas être le dindon de la farce

Vous avez beau être doux comme un agneau

Sous vos airs d’ours mal léché

Faut pas vous prendre pour un pigeon

Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie

Un loup dans la bergerie (pixabay.com)

Un loup dans la bergerie (pixabay.com)

Et puis, ç’aurait servi à quoi

De se regarder comme des chiens de faïence

Après tout, revenons à nos moutons

Vous avez maintenant une faim de loup

L’envie de dormir comme un loir

Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.
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Billet d’humour de Jean d’Ormesson. Bel hommage à la langue française

 

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