Les États-Unis et l’Iran livrent depuis une semaine une bataille aérienne intense au Moyen-Orient, avec pour la septième nuit consécutive des bombardements massifs et des ripostes iraniennes. Téhéran menace de basculer vers une « offensive totale ». Le détroit d’Ormuz est à nouveau bloqué. Le prix du carburant repart à la hausse à la pompe.

Sept nuits de bombardements intensifs
Le Moyen-Orient connaît une escalade militaire sans précédent avec une septième nuit consécutive de frappes aériennes entre les États-Unis et l’Iran. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir attaqué des cibles stratégiques en territoire iranien, y compris des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes. Cette campagne de bombardements représente une intensification majeure des tensions géopolitiques dans le Golfe Persique, un mois après la signature d’un protocole d’accord entre les deux puissances le 17 juin.
L’ampleur des opérations militaires s’étend sur plusieurs provinces iraniennes. La province d’Hormozgan, dans le sud du pays, a été particulièrement visée, avec au moins trois morts et huit blessés selon l’agence officielle Irna. Les frappes américaines ont également ciblé les villes d’Ahvaz et Bouchehr au sud-ouest, Bandar Abbas, l’île de Qeshm, Lar, Darab dans le sud, ainsi que Yazd au centre de l’Iran. Les bombardements ont détruit des infrastructures civiles essentielles, notamment deux ponts et un tunnel routiers dans la région côtière d’Hormozgan.
Les ripostes iraniennes dans la région du Golfe
En réaction aux bombardements américains, l’armée iranienne a déclenché une série de frappes contre des installations militaires dans plusieurs pays du Golfe. Selon la télévision d’État iranienne, les forces iraniennes ont visé le camp militaire d’Al-Adiri et la base d’Ali Al-Salem au Koweït, la base aérienne d‘Al-Azraq en Jordanie, et la base aérienne de Sheikh Isa à Bahreïn. Ces attaques représentent une réponse directe aux accusations iraniennes selon lesquelles l’armée américaine lance ses opérations depuis ces installations régionales.
Le Koweït a subi les dégâts les plus importants, avec plusieurs attaques contre ses infrastructures énergétiques critiques. La compagnie pétrolière nationale koweïtienne a rapporté des blessés et d’importants dégâts matériels suite aux attaques iraniennes répétées. Deux centrales électriques et de dessalement d’eau ont été endommagées, provoquant des incendies et la mise à l’arrêt de plusieurs unités de production. Les pompiers koweïtiens ont également enregistré plusieurs blessés en intervenant sur les sites touchés.
À Bahreïn, les défenses aériennes ont intercepté plusieurs attaques aériennes iraniennes samedi matin, avec le déclenchement des sirènes d’alerte à quatre reprises depuis l’aube. La Jordanie a de son côté annoncé que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté et abattu 10 missiles iraniens visant son territoire, sans faire de victimes ni causer de dégâts significatifs selon les autorités militaires.
Le détroit d’Ormuz verrouillé par les tensions
Le détroit d’Ormuz, passage maritime critique par lequel transitait un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures avant l’escalade, est à nouveau bloqué par les tensions régionales. Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir « stoppé » quatre navires qui tentaient de franchir sans autorisation le détroit. Cette action représente une stratégie iranienne visant à paralyser le commerce maritime régional en représailles aux bombardements américains.
Téhéran a également affirmé que deux pétroliers auraient explosé après avoir sauté sur des mines dans le sud du détroit d’Ormuz, une affirmation que le Commandement américain a catégoriquement démentie. Cette controverse souligne le conflit informatif parallèle à la bataille militaire, avec chaque camp proposant des versions divergentes des incidents maritimes.
Les Gardiens de la Révolution ont également menacé de maintenir les frappes « jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz », signalant que le blocage maritime pourrait perdurer aussi longtemps que les tensions persisteront. Cette paralysie du commerce maritime a des implications majeures pour l’économie mondiale, affectant les prix de l’énergie et le commerce international des hydrocarbures.
Les menaces iraniennes d’une offensive totale
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a proféré vendredi une menace majeure : Téhéran entrera dans « une phase d’offensive totale » si les bombardements américains se poursuivent au-delà de deux à trois jours. Cette avertissement représente une escalade rhétorique significative et signale que l’Iran pourrait amplifier considérablement ses opérations militaires au-delà de ses ripostes actuelles.
Cette menace d’offensive d’envergure intervient dans un contexte de destruction croissante et de mobilisation militaire régionale accélérée. L’Iran a également accusé les États-Unis de tromper ses services de renseignement et de poursuivre une agression délibérée contre son territoire souverain. Donald Trump, interrogé sur ces opérations, a affirmé : « On est en train de gagner gros en Iran et ce travail portera ses fruits très bientôt », suggérant une confiance des autorités américaines dans la poursuite de leur campagne militaire.
Les réactions internationales
La communauté internationale, notamment l’Organisation des Nations Unies, a exprimé sa préoccupation face à cette escalade sans précédent au Moyen-Orient. Le Qatar a condamné fermement les attaques iraniennes contre la région semi-autonome kurde d’Irak, où l’Iran a également mené des frappes faisant neuf morts parmi les forces kurdes selon les rapports.
Le président libanais s’est envolé pour Washington le 21 juillet pour rencontrer Donald Trump et discuter de la situation régionale, de la consolidation des cessez-le-feu au Liban et du retrait israélien des territoires libanais occupés. Ces négociations diplomatiques parallèles reflètent les efforts pour contenir l’escalade au-delà de l’axe États-Unis-Iran et éviter une régionalisation plus large du conflit.
Cette nouvelle phase du conflit américano-iranien redessine les équilibres de puissance dans le Golfe Persique et au-delà.