Ce mardi 8 septembre, les agents de la fonction publique hospitalière (FPH) étaient appelés à se mobiliser partout en France, dans les hôpitaux, les EHPAD et les établissements médico-sociaux publics. Portée par une intersyndicale regroupant CGT, FO, CFDT Santé-Sociaux, SUD santé sociaux et UNSA Santé & Sociaux, cette journée d’action a pris la forme de rassemblements silencieux devant les établissements, avant une nouvelle échéance annoncée le 29 septembre pour l’ensemble des fonctions publiques.

Pas de banderoles bruyantes ni de cortèges tonitruants, mais le silence choisi comme mode d’expression. Dans plusieurs villes, des personnels hospitaliers se sont rassemblés devant leur établissement, en retrait de la grève classique, pour signifier leur exaspération face à ce qu’ils décrivent comme l’absence de réponse du gouvernement à leurs revendications.
Un été qui a fait déborder le vase
La mobilisation intervient après plusieurs mois de tensions accrues dans les services publics, marqués notamment par des épisodes de canicule exceptionnels qui ont mis à l’épreuve des établissements souvent mal équipés pour y faire face. Les organisations syndicales dénoncent des promesses matérielles non tenues, à l’image de la livraison de climatiseurs annoncée mais toujours attendue dans de nombreux services.
À cela s’ajoutent des difficultés plus structurelles : un manque chronique de personnel, avec notamment plus de 60 000 postes infirmiers vacants selon FO-SPS, et une dégradation continue des conditions d’exercice. Le syndicat CNI, qui a appelé ses adhérents à rejoindre les actions locales, estime que les hospitaliers ont accepté depuis des années des sacrifices répétés – restructurations, économies, réorganisations – sans que les contreparties promises pour reconstruire le système hospitalier ne se soient concrétisées.
Salaires, effectifs et protection sociale au cœur des revendications
Les revendications portées par l’intersyndicale s’articulent autour de trois axes principaux : une revalorisation salariale et une amélioration du pouvoir d’achat, la mise en place d’une protection sociale complémentaire digne de l’engagement des agents, et des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins du terrain.
Les syndicats reprochent au gouvernement son silence : ni le Premier ministre ni la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées n’auraient répondu aux courriers adressés par l’intersyndicale. Une conférence de presse commune, tenue la veille de la mobilisation, a permis aux organisations de détailler leurs motivations et d’annoncer la suite du mouvement.
Des actions locales, à géométrie variable
Sur le terrain, l’ampleur des actions a varié selon les établissements. Certaines organisations, comme la CFDT Santé-Sociaux, ont privilégié une présence symbolique devant les hôpitaux, quand d’autres ont déposé des préavis de grève plus larges. Des rassemblements ont notamment été signalés au centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud, à Gap, ainsi qu’à l’Hôpital Nord Franche-Comté, où le syndicat CNI a mobilisé localement.
Comme le veut la réglementation applicable aux établissements de santé, la continuité des soins a été maintenue partout, les directions d’établissement conservant la possibilité d’assigner certains agents indispensables au fonctionnement des services d’urgence.
Une séquence sociale qui se prolonge
Cette journée du 8 septembre marque une première étape avant un mouvement plus large : une nouvelle journée intersyndicale est d’ores et déjà programmée le 29 septembre, cette fois à l’échelle de l’ensemble des trois versants de la fonction publique. Le climat social de cette rentrée est par ailleurs marqué par d’autres mobilisations, notamment celle des sapeurs-pompiers professionnels, qui ont engagé le même jour un mouvement social devant s’étendre jusqu’au 20 octobre.
«Journée morte» à l’hôpital, grève des pompiers pour au moins six semaines… https://t.co/kR8ew1MI1m pic.twitter.com/d4HKmJ9IpY
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« Personnels épuisés », « hôpital saturé »… L’UNSA Santé tire la sonnette d’alarme sur la dégradation des conditions de travail et appelle à la mobilisation https://t.co/SyZqkyqnCP
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