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Primaire socialiste : Glucksmann s’impose dès le premier tour

Raphaël Glucksmann est désigné candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle de 2027, sans avoir besoin d’un second tour. Un score écrasant, dans un scrutin perturbé par une cyberattaque.

Raphaël Glucksmann vainqueur de la primaire sociliste (capture post glucksmann)
Raphaël Glucksmann vainqueur de la primaire sociliste (capture post glucksmann)

L’eurodéputé de Place publique a remporté la primaire dès le premier tour avec 66,17% des voix, devant Olivier Faure (14,48 %), Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel (5,92%) et Jérôme Guedj (5,80 %). Il dépasse très largement le seuil de 50 % qui lui évitait un second tour, initialement prévu les 16 et 17 octobre.
Selon la commission d’organisation, 120 587 militants ont voté sur environ 140 000 inscrits. Le corps électoral reste modeste : la commission tablait avant le vote sur plus de 90 000 participants, très loin des 2,6 à 2,8 millions d’électeurs de la primaire de 2012 qui avait vu la victoire de François Hollande.

Un scrutin sous tension

Le vote s’est déroulé dans un climat tendu. Dès l’ouverture vendredi, la commission a dénoncé une cyberattaque par bots qui entravait le vote d’une partie des électeurs, sans interrompre le scrutin. Le PS, Place publique et la GRS, organisateurs de la primaire, ont saisi la justice.
Glucksmann arrivait en favori. Il avait obtenu les ralliements des chefs des parlementaires socialistes, Boris Vallaud à l’Assemblée et Patrick Kanner au Sénat, et quasiment triplé le nombre de militants dans son parti, selon le dernier décompte avant le vote. L’écologiste Yannick Jadot l’avait également rallié.

Deux lignes s’affrontent

La campagne a surtout opposé deux orientations. Glucksmann et Jérôme Guedj refusaient toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon, tandis qu’Olivier Faure et Ségolène Royal reprochaient au favori de vouloir se tourner vers le centre. Faure, patron du PS, a ainsi dénoncé une « option centriste », tandis qu’une partie de ses opposants voyait dans la victoire de Glucksmann un risque d’effacement du PS à la présidentielle. Ce clivage laisse augurer une réconciliation délicate au sein du parti.
Selon le dernier baromètre Ifop, réalisé fin septembre, Glucksmann recueillerait de 11 à 13 % au premier tour de la présidentielle s’il recevait l’investiture, contre 4 % pour Olivier Faure. Un score qui le place en tête de la gauche non mélenchoniste, mais loin de la qualification. Le premier tour est fixé au 18 avril 2027.

Raphaël Glucksmann, l’essayiste devenu chef de file

Âgé de 46 ans, Raphaël Glucksmann poursuit une ascension personnelle qui l’a installé comme figure centrale de la social-démocratie. Fils du philosophe André Glucksmann, il est d’abord essayiste et documentariste, engagé sur les dossiers géorgien et ukrainien, avant d’entrer en politique.
Il fonde Place publique en 2018 comme mouvement civique, puis s’allie au Parti socialiste pour les européennes de 2024. Cette liste récolte 13,83 % des voix, soit la deuxième place nationale, ce qui lui ouvre la voie d’une candidature présidentielle.
Son positionnement est pro-européen et réformiste, sans rupture avec l’économie de marché. Il propose notamment de baisser la CSG pour rapprocher le salaire brut du net. Il revendique la distance avec l’appareil politique, ce que ses détracteurs contestent : un élu de gauche rappelle qu’il compte déjà un mandat et demi au Parlement européen et le range parmi les politiques comme les autres.
Son défi sera d’élargir son audience au-delà d’une gauche urbaine, vers les classes populaires, les villes moyennes et les régions désindustrialisées.

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